Rabat : territorialisation de la SNIA met en avant 50 000 migrants régularisés
Séminaire national à Rabat : bilan et perspectives de la territorialisation de la SNIA
Une étude nationale présentée à Rabat examine réalisations, bonnes pratiques et défis pour territorialiser la Stratégie nationale d’immigration et d’asile et renforcer l’inclusion des migrants.
Un séminaire national tenu à Rabat a réuni responsables publics, représentants territoriaux et partenaires internationaux pour présenter les résultats d’une étude comparative sur la territorialisation de la Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA). L’étude, menée dans les régions de l’Oriental, de Souss-Massa, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et de Béni Mellal-Khénifra, met en lumière des avancées en matière d’accès aux services, d’inclusion socioéconomique et de mobilisation locale, tout en identifiant des défis opérationnels et institutionnels à traiter pour consolider une gouvernance migratoire cohérente et inclusive.
Constats généraux de l’étude
L’analyse souligne un renforcement du rôle des collectivités territoriales et des acteurs locaux dans la mise en œuvre des politiques migratoires. Plusieurs régions ont adapté leurs démarches pour faciliter l’accès des migrants aux services de base et aux dispositifs de protection sociale. Le rapport identifie néanmoins des écarts entre territoires en termes de capacités institutionnelles, de coordination intersectorielle et de ressources consacrées aux politiques d’accueil et d’inclusion.
Bonnes pratiques régionales observées
La région de l’Oriental ressort pour son amélioration de l’accès aux services de base, notamment dans les domaines de santé et d’état civil. Tanger-Tétouan-Al Hoceima se distingue par des initiatives de dialogue interculturel et des programmes favorisant l’accès à la formation professionnelle. Souss-Massa se caractérise par une forte mobilisation des acteurs territoriaux — autorités locales, associations et secteur privé — autour des enjeux migratoires. Ces exemples sont présentés comme des modèles à diffuser et à adapter selon les spécificités locales.
Régularisations et formation professionnelle
Le bilan chiffré présenté au séminaire met en avant la régularisation de 50 000 migrants au cours des dernières années, conforme aux orientations établies en matière de politique migratoire. Près de 5 000 personnes migrantes ont été inscrites dans des centres de formation professionnelle via des procédures assouplies, facilitant leur insertion sur le marché du travail. Ces chiffres traduisent une évolution du pays d’un statut principalement de pays de transit vers une réalité d’accueil plus affirmée.
Approche fondée sur les droits et inclusion sociale
Les interventions au séminaire ont insisté sur l’importance d’une approche fondée sur les droits de l’Homme pour traiter migrants et réfugiés comme des acteurs et partenaires du développement. L’intégration dans les programmes sociaux, l’accès aux services publics et la reconnaissance des droits économiques et sociaux sont présentés comme des priorités pour assurer une inclusion durable et réduire les vulnérabilités liées à la mobilité.
Coopération et appui international
L’événement a été organisé avec le soutien de partenaires internationaux et a rassemblé ministres, diplomates et représentants des régions concernées. L’accompagnement technique et financier extérieur a contribué à l’élaboration de dispositifs locaux et au partage d’expériences, tout en soulignant la nécessité d’un alignement entre les actions nationales et territoriales. Le séminaire a également servi de plateforme pour renforcer la coordination entre acteurs publics, société civile et partenaires internationaux en vue d’harmoniser les pratiques et d’optimiser l’usage des ressources disponibles.
Défis à adresser et recommandations opérationnelles
Malgré les progrès, l’étude relève plusieurs défis : renforcement des capacités des collectivités, pérennisation des financements locaux, amélioration des mécanismes de coordination interinstitutionnelle, et accès uniforme aux services sur l’ensemble du territoire. Les recommandations formulées visent à formaliser des plans régionaux d’action, à diffuser les bonnes pratiques identifiées, à développer la formation des personnels locaux et à consolider les mécanismes de suivi et d’évaluation pour mesurer l’impact des politiques de territorialisation.
Le séminaire a mis en avant l’importance d’un engagement continu des autorités centrales et locales, ainsi que d’un partenariat élargi avec les acteurs économiques et la société civile, pour traduire les objectifs de la SNIA en résultats concrets sur le terrain. Les conclusions appellent à poursuivre les efforts de coordination et d’investissement pour faire de la territorialisation un levier d’intégration effective des migrants et d’un développement local inclusif.