Le Maroc signe un MoU Tracfin‑ANRF à la conférence No Money for Terror
Le Maroc signe un mémorandum d’entente ANRF–Tracfin lors de la 5e conférence «No Money for Terror» à Paris
À Paris, le Maroc, représenté par Nadia Fettah, signe un MoU entre l’ANRF et Tracfin lors de la 5e conférence No Money for Terror pour renforcer la lutte.
Le Maroc a participé mardi à Paris à la cinquième édition de la conférence ministérielle «No Money for Terror», organisée dans le cadre de la présidence française du G7. La délégation marocaine, conduite par la ministre de l’Économie et des Finances Nadia Fettah, a pris part aux travaux consacrés à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et a officialisé un nouvel accord de coopération entre les autorités financières marocaines et françaises.
Détails de la participation marocaine
La délégation marocaine, dirigée par Nadia Fettah, a assisté aux sessions ministérielles et aux rencontres bilatérales programmées à Bercy. L’événement, placé au cœur des priorités de la filière Finances de la présidence française du G7, a rassemblé plus de 80 délégations internationales engagées dans la lutte contre le financement du terrorisme. Le Maroc y a réaffirmé son engagement à renforcer ses dispositifs nationaux et à intensifier la coopération internationale dans ce domaine.
Signature du mémorandum entre l’ANRF et Tracfin
En marge de la conférence, un mémorandum d’entente (MoU) a été signé entre Antoine Magnant, directeur général de Tracfin, et Jawhar Nfissi, président de l’Autorité nationale du Renseignement financier (ANRF) du Maroc. La cérémonie s’est déroulée en présence de la ministre Nadia Fettah et du ministre français Roland Lescure. Le texte vise à formaliser l’échange d’informations, la coordination opérationnelle et le renforcement des capacités entre les deux organismes de renseignement financier.
Objectifs et portée du nouvel accord
Le MoU s’inscrit dans la stratégie marocaine de mise en conformité avec les standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Il prévoit des mécanismes de coopération renforcée, notamment le partage d’analyses financières, l’appui technique et la facilitation d’enquêtes transnationales. L’accord doit permettre d’accélérer la détection de circuits financiers illicites et d’améliorer la réactivité face aux menaces émergentes.
Messages et mises en garde prononcés lors de la clôture
La conférence a été clôturée par le président français Emmanuel Macron, qui a souligné la nécessité d’une mobilisation continue et d’une coopération soutenue pour contrer les organisations terroristes structurées et financées à l’échelle internationale. Il a salué la signature du MoU entre Tracfin et l’ANRF comme une preuve tangible du travail en cours. Le président a également attiré l’attention sur les risques liés aux innovations financières, en particulier les crypto-actifs, ainsi que sur les liens entre criminalité organisée et financement du terrorisme, et sur l’importance de mesures de stabilisation et de réinclusion économique dans les territoires affectés.
Contexte international et continuité de l’initiative
L’initiative «No Money for Terror» a été lancée à Paris en 2018 et poursuivie lors de rencontres internationales à Melbourne en 2019, New Delhi en 2022 et Munich en 2025. La cinquième édition s’inscrit donc dans une continuité d’efforts multilatéraux visant à améliorer la traçabilité des flux financiers illicites et à renforcer les cadres juridiques et opérationnels des pays participants. La présence de plus de 80 délégations à Bercy témoigne d’un intérêt durable et d’une volonté collective d’échanger bonnes pratiques et outils opérationnels.
Le mémorandum signé entre l’ANRF et Tracfin marque une étape concrète pour le Maroc dans le renforcement de ses partenariats internationaux en matière de renseignement financier. En formalisant la coopération avec son homologue français, le Royaume accroît ses capacités d’analyse et d’intervention face aux schémas de financement illicite et terroriste. Cette avancée illustre aussi l’orientation continue des autorités marocaines vers l’alignement sur les normes internationales et la multiplication des partenariats bilatéraux et multilatéraux pour mieux protéger l’intégrité du système financier et prévenir l’exploitation des innovations technologiques à des fins criminelles.