Le projet Boudour Wa Joussour intègre arts et culture au préscolaire à Casablanca
Boudour Wa Joussour : à Casablanca, un programme artistique pour renforcer le préscolaire dans les quartiers défavorisés
Le projet « Boudour Wa Joussour », porté par l’association Oum El Ghait, intègre arts et neurosciences dans l’éducation préscolaire à Sidi Moumen et Sidi Bernoussi; spectacles du 20 mai au 15 juin 2026.
Un projet renouvelé dans les quartiers de Casablanca
Pour la deuxième année consécutive, l’association Oum El Ghait déploie « Boudour Wa Joussour » dans les quartiers de Sidi Moumen et Sidi Bernoussi. L’initiative vise à faire des arts et de la culture des composantes pédagogiques centrales du préscolaire, et non des activités périphériques. Le programme se déroule tout au long de l’année scolaire et cible les enfants d’âge préscolaire, en mettant l’accent sur l’éveil, l’expression et l’acquisition de compétences sociales et langagières.
Approche pédagogique fondée sur les neurosciences
Les ateliers proposés s’inspirent des recherches en neurosciences et sont conçus pour stimuler le développement cognitif, moteur et affectif des enfants. Les activités mêlent musique, conte, théâtre et arts plastiques afin de favoriser l’imaginaire et la communication. Le dispositif inclut un accompagnement de proximité aux éducatrices pour renforcer leurs pratiques et intégrer des gestes pédagogiques adaptés aux besoins des tout-petits.
Un conte comme fil conducteur
Le projet s’articule autour du conte « La Huppe et les Douze Oiseaux », librement inspiré de Farid ud-Din Attar et adapté par des spécialistes de l’éducation et des arts. Ce récit poétique sert de trame pour travailler les émotions, développer le langage et transmettre des valeurs de citoyenneté et de vivre-ensemble. Les activités autour du conte permettent aux enfants d’explorer différents modes d’expression et de construire une culture commune au sein de leurs groupes.
Évaluation et ajustement des pratiques
Un dispositif d’évaluation rigoureux a été mis en place pour mesurer l’impact du programme sur le développement global des enfants. Les équipes observent les dimensions cognitive, langagière, esthétique-créative, motrice et sociale à travers des grilles d’analyse, le suivi des interactions de groupe et l’étude des productions artistiques. Ces outils servent à valoriser les progrès et à ajuster en continu les interventions pédagogiques, en tenant compte des observations de terrain.
Partenariats institutionnels et soutien local
Le projet bénéficie d’un cadre partenarial important. Il est déployé dans le cadre d’une convention avec la Fondation Mohammed VI pour la Promotion des Œuvres Sociales de l’Éducation-Formation, avec l’appui de la Fondation Marocaine pour le Préscolaire, et en collaboration avec plusieurs acteurs associatifs et institutionnels locaux. Ces partenariats assurent un appui logistique et technique, ainsi qu’une visibilité utile pour envisager une pérennisation du modèle.
Restitutions publiques et implication des familles
Point d’orgue de la saison, quatre spectacles de restitution, entièrement portés par les enfants, seront présentés entre le 20 mai et le 15 juin au Complexe Culturel El Ghali et au théâtre de l’école primaire Ibnou Hicham à Casablanca. La comédienne Amal Ayouch, marraine de l’association, soutient l’initiative; lors de la première édition elle avait interprété le rôle de la Huppe dans la comédie musicale du projet. La programmation inclut également des temps de coéducation destinés aux familles afin de renforcer les liens entre l’école, la maison et la communauté.
L’association présente « Boudour Wa Joussour » comme un modèle reproductible, conçu pour être étendu à l’échelle nationale. Outre les spectacles et les outils d’évaluation, l’accent est mis sur la formation continue des éducatrices et sur des pratiques de coéducation avec les parents. Les responsables du projet estiment que les arts constituent un levier d’inclusion et d’égalité des chances, en particulier dans des contextes urbains défavorisés.
Prendre soin de l’enfance dès le plus jeune âge est présenté comme une politique éducative qui prépare à une citoyenneté ouverte et créative. « Prendre soin de l’enfance dès le plus jeune âge, c’est participer à lui construire un avenir libre », déclare Amal El Kadiri Berrada, présidente fondatrice de l’association. Les résultats des évaluations et le succès des restitutions publiques détermineront les prochaines étapes du projet, dont l’objectif affiché reste la diffusion d’un modèle pédagogique intégrant durablement arts et culture au cœur du préscolaire.