Assises maritimes de Tanger le Maroc vise le statut de nation maritime émergente
Assises maritimes de Tanger : le Maroc pose les bases d’une stratégie pour devenir puissance maritime régionale
21-22 mai 2026 à Tanger, les Assises maritimes recommandent la création d’un Conseil national supérieur de la mer, une flotte souveraine, un registre international et une Université maritime.
Les premières Assises maritimes nationales, tenues les 21 et 22 mai 2026 à Tanger, ont abouti à une série de recommandations visant à positionner le Maroc comme une puissance maritime émergente. Pilotés par le ministère du Transport et de la Logistique et rassemblant acteurs publics, privés et experts sectoriels, les travaux ont mis l’accent sur la gouvernance, la modernisation de la flotte, la logistique, la sécurité maritime, la formation et la durabilité environnementale.
Ouverture et objectifs des Assises
Les Assises ont été conçues comme un moment de convergence pour définir une vision nationale intégrée de la mer. Les participants ont exprimé la nécessité d’outils de gouvernance plus solides pour assurer la cohérence des politiques entre ministères et avec les opérateurs privés. L’objectif affiché : tirer parti des atouts géostratégiques et économiques des façades atlantique et méditerranéenne pour renforcer le rôle du Royaume dans les chaînes logistiques régionales.
Conseil national supérieur de la mer proposé
La recommandation centrale consiste à créer un Conseil national supérieur de la mer, instance de coordination interministérielle et de concertation incluant les parties prenantes publiques et privées. Ce conseil serait chargé de définir les grandes orientations stratégiques, d’arbitrer les priorités sectorielles et d’assurer la cohérence des politiques maritimes, littorales et portuaires au niveau national. Les intervenants ont insisté sur son rôle de garant d’une vision inclusive et durable pour les espaces maritimes.
Révision du cadre juridique et renforcement institutionnel
Un large consensus s’est dégagé pour réviser le Code du commerce maritime et harmoniser la réglementation nationale avec les standards internationaux. La Direction de la marine marchande doit bénéficier, selon les recommandations, d’un cadre institutionnel rénové et de moyens accrus afin d’exercer ses missions avec plus d’autonomie et d’efficacité. Ces réformes visent à clarifier les responsabilités, à faciliter l’investissement et à améliorer la sécurité et la conformité aux conventions internationales.
Stratégie pour une flotte nationale souveraine
Les Assises ont préconisé l’adoption d’une stratégie nationale pour développer une flotte compétitive sous contrôle d’entreprises de droit marocain. Le plan inclut la mise en place d’un dispositif de financement dédié au renouvellement et à la modernisation des navires, soutenu par un mécanisme public de garantie. La création d’un Registre international marocain figure parmi les priorités afin d’offrir un cadre attractif et compétitif aux armateurs, complété par un régime fiscal adapté, notamment une taxe au tonnage destinée à renforcer l’attractivité du pavillon marocain.
Modernisation logistique, industrie navale et décarbonation
Les participants ont insisté sur l’accélération de la digitalisation de l’écosystème maritime, via des plateformes numériques intégrées pour améliorer la compétitivité des ports, le suivi des cargaisons et l’optimisation des opérations logistiques. Le développement d’un écosystème national de construction et de réparation navale, initialement axé sur la maintenance et la conversion des navires, a été recommandé pour stimuler la chaîne de valeur industrielle locale. Sur le plan environnemental, une feuille de route nationale de décarbonation du transport maritime devra être élaborée, en cohérence avec les engagements internationaux du Royaume, et accompagnée du renforcement des capacités de surveillance maritime sur les façades atlantique et méditerranéenne par des moyens technologiques avancés.
Formation, recherche et capital humain
Les Assises ont mis un accent particulier sur la formation et la recherche maritime. Les participants ont proposé la création d’une Université maritime à Tanger et le repositionnement stratégique de l’Institut supérieur des études maritimes (ISEM) en tant que pôle national d’excellence. L’objectif est d’assurer un vivier de compétences qualifiées pour accompagner l’essor d’une flotte nationale et le développement des services maritimes, portuaires et logistiques. Les recommandations incluent également des partenariats publics-privés pour les programmes de formation et des initiatives de recherche appliquée adaptées aux besoins sectoriels.
Dans leur conclusion, les délégués ont souligné que le Maroc dispose aujourd’hui des ressources géographiques et institutionnelles pour se positionner comme un acteur maritime de référence à l’échelle régionale et continentale. La mise en œuvre des mesures proposées dépendra désormais de la coordination interinstitutionnelle, de l’allocation de ressources publiques et privées et d’un calendrier opérationnel clair pour transformer ces recommandations en actions concrètes.