Ousmane Sonko élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal après son limogeage
Le Parlement sénégalais élit Ousmane Sonko président de l’Assemblée après son limogeage
Le Parlement sénégalais a élu Ousmane Sonko président de l’Assemblée le 26 mai 2026 après son limogeage; tensions politiques et crise de la dette imminente.
Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal le 26 mai 2026, trois jours après avoir été limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye. La séance parlementaire, organisée mardi 26 mai 2026, a abouti à une victoire nette pour Sonko, qui a obtenu 132 voix sur 165, sans vote contre et une seule abstention. Ce retournement institutionnel intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la gestion de la dette publique et de profondes divergences au sommet de l’État.
Le Parlement élit Sonko président
Le vote de mardi 26 mai 2026 a confirmé la position dominante du parti Pastef au sein de l’hémicycle. Pastef détient 130 des 165 sièges, mais la majorité en faveur de Sonko a dépassé ce seul appareil partisan, signe d’un soutien élargi ou d’alliances ponctuelles. Ismaël Diallo, président de séance, a indiqué qu’aucun député n’avait voté contre Sonko et qu’une seule voix s’était abstenue. L’élection place Sonko à la tête de l’institution législative et lui offre une tribune formelle pour contester les décisions exécutives.
Limogeage et dissolution du gouvernement
Le limogeage d’Ousmane Sonko a été ordonné par le président Bassirou Diomaye Faye le vendredi 23 mai 2026, accompagné de la dissolution du cabinet. Cette décision a mis fin à plusieurs mois de spéculations sur un conflit croissant entre le chef de l’État et son ancien mentor politique. Le départ précipité du Premier ministre a été suivi, le dimanche 24 mai 2026, par la démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée, ouvrant la voie à la candidature et à l’élection de Sonko.
Vote et chiffres au sein de l’hémicycle
Le résultat de 132 voix pour souligne la capacité de Pastef à mobiliser ses troupes et à s’assurer des voix supplémentaires. L’Assemblée nationale compte 165 députés au total; la majorité absolue est donc largement dépassée. Sonko, seul candidat déclaré au poste, a reçu une ovation à son entrée en fonction. Le contexte parlementaire reste tendu: les oppositions contestent la procédure ayant permis le retour de Sonko au Parlement et sa candidature à la présidence de l’Assemblée.
Opposition et accusations de “coup d’État institutionnel”
Aïssata Tall Sall, figure de l’opposition, a qualifié l’opération de “coup d’État institutionnel”, affirmant que la manœuvre avait été préparée sous pression par la majorité. Elle a soutenu que, pour redevenir député, Sonko aurait dû démissionner officiellement de son poste de Premier ministre et réintégrer l’hémicycle avant de briguer la présidence de l’Assemblée, même temporairement. Ces accusations alimentent un climat de polarisation politique et augurent de batailles juridiques et constitutionnelles à venir.
Nomination d’un nouvel exécutif face à la crise de la dette
Face à l’aggravation des difficultés économiques, le président Faye a nommé l’économiste en chef Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo au poste de Premier ministre le lundi 25 mai 2026. Le président a présenté ce choix comme motivé par la nécessité d’un profil technique capable de piloter une stratégie de redressement face à une dette jugée “écrasante”. Ce calendrier — limogeage le 23 mai, démission d’El Malick Ndiaye le 24, nomination d’Ahmadou Lo le 25, et élection de Sonko le 26 — traduit l’accélération des décisions politiques ces derniers jours.
La trajectoire politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko remonte à 2024: Faye avait nommé Sonko Premier ministre en avril 2024, après sa victoire à l’élection présidentielle de mars 2024. Leur alliance initiale s’est progressivement effilochée sur fond de désaccords sur la gestion économique et la stratégie gouvernementale. La recomposition rapide des postes exécutifs et parlementaires transforme désormais les rapports de force et pose la question de la stabilité des institutions dans les semaines à venir.
Le résultat parlementaire confère à Sonko une visibilité nationale accrue et un rôle central dans le contrôle de l’action gouvernementale. Pour le président Faye, la cohabitation entre un exécutif renouvelé et une Assemblée dirigée par un opposant puissant complique la conduite de réformes urgentes nécessaires pour stabiliser la situation financière. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si un compromis politique peut émerger ou si l’affrontement institutionnel s’intensifiera, avec des conséquences directes sur les négociations avec les créanciers et sur la confiance des acteurs économiques.