Bank Al-Maghrib résultat net 2025 en baisse à 5,74 milliards de dirhams
Bank Al-Maghrib : bénéfice net 2025 à 5,74 MMDH, impacté par la baisse du résultat monétaire et une contribution sociale exceptionnelle
Bank Al-Maghrib affiche un bénéfice net 2025 de 5,74 MMDH, en recul par rapport à 6,46 MMDH l’année précédente, sous l’effet de la baisse du résultat lié à la conduite de la politique monétaire, de la hausse des charges d’exploitation et d’une charge non récurrente.
Bank Al-Maghrib a clôturé l’exercice 2025 avec un résultat net de 5,74 milliards de dirhams, soit une baisse importante par rapport aux 6,46 MMDH enregistrés en 2024. Ce recul tient principalement à trois facteurs : un moindre résultat de la conduite de la politique monétaire (-746,63 MDH), une augmentation des charges générales d’exploitation (+1 MMDH) et un repli du résultat non courant (-98,56 MDH). Ces éléments ont été partiellement compensés par la progression du résultat des opérations de gestion des réserves de change (+1,2 MMDH) et par l’augmentation des produits issus des autres opérations (+244,57 MDH).
Résultat net et données chiffrées 2025
Le résultat net de 5,74 MMDH reflète une dynamique contrastée au niveau des différents postes. Le recul de 0,72 MMDH par rapport à 2024 s’explique par la convergence d’effets négatifs sur le cœur d’activité et par des charges exceptionnelles. Les postes principaux montrent une redistribution des revenus : baisse des recettes liées à la politique monétaire et hausse des revenus financiers tirés des réserves de change.
Impact de la politique monétaire sur les recettes
Après trois années consécutives de hausses, le résultat des opérations de conduite de la politique monétaire a reculé, en grande partie lié aux réductions du taux directeur. La politique monétaire plus accommodante a réduit les marges et les revenus directement associés à la gestion monétaire, entraînant une baisse de 746,63 MDH sur cette rubrique. Ce mouvement illustre la sensibilité des résultats de la banque centrale aux décisions de taux d’intérêt.
Gestion des réserves de change et revenu obligataire
La gestion des réserves de change a contribué positivement pour +1,2 MMDH. Cette amélioration est tirée surtout par la progression du revenu net obligataire (+1,31 MMDH), liée à une meilleure performance du portefeuille d’investissement et aux plus-values nettes réalisées sur les titres de placement. En parallèle, les reprises de provisions sur ces titres ont diminué, tandis que les intérêts provenant des placements monétaires ont fléchi, sous l’effet de la baisse des taux de placement observée lors de l’assouplissement des politiques monétaires aux États-Unis et en zone euro.
Produits divers : commissions et ventes de documents sécurisés
Les autres opérations ont enregistré un gain de +244,57 MDH. Cette évolution provient principalement de la hausse des commissions sur les opérations de change, en particulier sur les Billets de Banque Étrangers (BBE), consécutive à des cessions plus importantes de la part des banques locales à la banque centrale. La rémunération des comptes clients s’est également améliorée. À l’inverse, les ventes de documents sécurisés ont diminué de 6 %, s’établissant à 363,83 MDH, contribuant ainsi à limiter la progression des produits annexes.
Charges d’exploitation et constitution d’une provision pour risques
Les charges générales d’exploitation ont augmenté d’environ 1 MMDH. Une part significative de cette hausse résulte de la constitution, au titre de l’exercice 2025, d’une provision pour risques financiers supérieure à 1 MMDH destinée à couvrir des pertes probables sur des portefeuilles marqués au marché (MTM) en cas de chocs de taux ou de marchés comparables à ceux de 2022-2023. À cela s’ajoute une hausse des dépenses de fonctionnement de 206,97 MDH, qui pèse sur la profitabilité opérationnelle.
Résultat non courant et contribution sociale exceptionnelle
Le résultat non récurrent a enregistré un repli net pour atteindre -545,41 MDH, impacté essentiellement par le paiement en 2025 d’une contribution sociale de solidarité sur les bénéfices d’un montant proche de 585,82 MDH. Cette charge exceptionnelle a aggravé la position non récurrente et limité la capacité de la banque à afficher un résultat net plus élevé malgré les gains sur la gestion des réserves.
La lecture des comptes 2025 met en évidence une transformation des sources de revenus et des risques assumés par la banque centrale. Si la gestion active des réserves de change a permis d’atténuer l’impact des moindres recettes monétaires, l’exercice montre également l’effet direct des décisions de politique monétaire et des charges exceptionnelles sur le résultat final. Les mesures de provisionnement adoptées indiquent un renforcement de la prudence face aux risques de marché, tandis que les variations des produits secondaires reflètent l’évolution des comportements des acteurs bancaires et des conditions de marché.