La BAD prévoit une croissance de 4,2 % pour l’économie marocaine en 2026
La BAD prévoit 4,2 % de croissance pour le Maroc en 2026
La BAD anticipe 4,2 % de croissance pour le Maroc en 2026, inflation maîtrisée; le rapport signale déficits extérieurs et risques géopolitiques à surveiller.
La Banque africaine de développement (BAD) anticipe une accélération de la croissance économique marocaine à 4,2 % en 2026, selon le rapport annuel présenté à l’occasion des Assemblées annuelles de l’institution qui se tiennent à Brazzaville jusqu’au 29 mai. Cette projection repose principalement sur une reprise soutenue de la consommation des ménages et sur des investissements publics et privés accrus dans les infrastructures. L’étude identifie l’agriculture, l’industrie manufacturière, la construction et le tourisme comme les secteurs qui devraient porter l’essentiel de cette dynamique.
Prévision de croissance à 4,2 % en 2026
La BAD chiffre la croissance à 4,2 % pour 2026, une performance qui placerait le Maroc parmi les économies africaines à la trajectoire favorable. Le chiffre traduit la combinaison d’une demande intérieure vigoureuse et d’un agenda d’investissement axé sur les infrastructures. Le rapport précise que cette projection tient compte des tendances observées sur le marché intérieur et des efforts de diversification sectorielle menés par les autorités marocaines.
Consommation et investissements moteurs de la reprise
La consommation des ménages est identifiée comme le premier moteur de la croissance attendue, soutenue par une amélioration progressive du pouvoir d’achat et par la création d’emplois dans les secteurs en expansion. Les investissements, notamment dans les infrastructures de transport, d’énergie et d’eau, sont également cités comme un facteur clé. Le rapport souligne que les projets d’infrastructure stimulent la demande de matériaux et de services, ce qui profite à l’industrie manufacturière et au secteur de la construction.
Inflation attendue inférieure à 2,5 %
Sur le plan des prix, la BAD prévoit une inflation maîtrisée, à 2,4 % en 2026 puis à 2,3 % en 2027. Ces niveaux sont présentés comme compatibles avec la stabilité macroéconomique et la politique monétaire actuelle. Le maintien d’une inflation modérée devrait favoriser un environnement propice aux investissements et à la consommation, tout en offrant une marge de manœuvre aux autorités monétaires pour répondre à des chocs éventuels.
Situation des comptes courants et budgétaires
Le rapport dresse un tableau plus nuancé pour les équilibres externes et budgétaires. Le déficit du compte courant devrait se creuser à 3,5 % du PIB en 2026, avant de se réduire légèrement à 3,4 % en 2027, ce qui appelle à une vigilance sur la compétitivité des exportations et la diversification des marchés. Parallèlement, le déficit budgétaire est attendu en contraction, passant de 3,7 % du PIB en 2026 à 3,2 % en 2027, reflétant des efforts de consolidation budgétaire. La BAD met en lumière l’importance d’un pilotage prudent des finances publiques pour soutenir la soutenabilité de la dette tout en préservant l’investissement public productif.
Risques géopolitiques et recommandations de la BAD
La BAD attire l’attention sur plusieurs risques susceptibles d’affecter les perspectives. Parmi eux figurent des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, susceptibles d’alourdir la facture énergétique et d’augmenter le coût des intrants agricoles importés. L’institution recommande une gestion proactive des risques climatiques, la diversification des partenaires commerciaux et des sources d’approvisionnement énergétiques, ainsi que le renforcement des chaînes de valeur régionales pour atténuer l’exposition aux chocs externes.
Les responsables de la BAD insistent également sur l’importance des politiques structurelles visant à améliorer la productivité, à renforcer l’intégration régionale et à soutenir les PME, lesquelles jouent un rôle crucial dans la création d’emplois et la résilience économique.
La projection de la BAD place le Maroc dans une trajectoire positive pour 2026, mais elle s’accompagne d’appels à la vigilance sur les déséquilibres extérieurs et les risques externes. La mise en œuvre des recommandations du rapport — consolidation budgétaire ciblée, diversification commerciale, gestion des risques climatiques et poursuite des investissements structurants — sera déterminante pour traduire ces prévisions en croissance inclusive et soutenable.