OMM : 86% de chances d’une année record de chaleur, la canicule frappe l’Europe
L’OMM prédit une forte probabilité qu’une des cinq prochaines années batte le record de 2024
L’OMM annonce 86 % de chances qu’une des cinq prochaines années soit plus chaude que 2024; risques accrus de dépassement du seuil 1,5 °C et vagues de chaleur.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) alerte qu’il est très probable qu’une année record de chaleur surpasse 2024 au cours des cinq prochaines années, et que la moyenne quinquennale 2026‑2030 a de fortes chances de dépasser le seuil de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Le rapport signale en outre un réchauffement particulièrement marqué en Arctique et des changements régionaux importants des précipitations, tandis que l’ouest de l’Europe subit déjà une vague de chaleur précoce et des records de température.
OMM : probabilité élevée d’une année la plus chaude
L’OMM évalue à 86 % la probabilité qu’au moins une des cinq années à venir dépasse 2024, l’année la plus chaude enregistrée à ce jour. Cette projection repose sur les tendances observées des concentrations de gaz à effet de serre, les signaux climatiques en cours et les modèles déterministes et probabilistes du système climatique. L’agence souligne que des années exceptionnellement chaudes peuvent se produire en raison de la combinaison de la tendance anthropique au réchauffement et de fluctuations naturelles du climat.
Projection d’un dépassement possible du seuil de 1,5 °C sur cinq ans
Le rapport indique qu’il y a environ 75 % de chances que la moyenne des températures sur la période 2026–2030 excède 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Le seuil de 1,5 °C, fixé par l’Accord de Paris entré en vigueur en novembre 2016, est calculé sur des périodes longues (typiquement 20 ans), ce qui signifie que des dépassements temporaires à court terme ne déterminent pas à eux seuls l’atteinte ou l’échec de l’objectif à long terme, mais ils augmentent la probabilité d’impacts climatiques sévères et plus fréquents.
Réchauffement accéléré et conséquences en Arctique
L’OMM prévoit que l’Arctique pourrait voir ses températures hivernales moyennes supérieures d’environ 2,8 °C (par rapport à la moyenne 1991–2020) durant les cinq prochains hivers. Une telle hausse indiquerait un réchauffement régional plusieurs fois supérieur à la moyenne mondiale et renforcerait les processus de rétroaction climatique — fonte de la glace, perte d’albédo et modification des circulations atmosphériques — avec des répercussions à l’échelle planétaire.
Modifications attendues des régimes de précipitations
Selon le rapport, certaines régions devraient connaître une augmentation des précipitations — notamment le Sahel, l’Europe du Nord, l’Alaska et la Sibérie — tandis que l’Amazonie est projetée plus sèche. Ces changements régionaux portent des implications directes pour l’agriculture, la sécurité alimentaire, la disponibilité de l’eau et les risques d’inondation ou de sécheresse, et peuvent aggraver les catastrophes naturelles déjà reliées au changement climatique.
Canicule en Europe : records et impacts immédiats
L’alerte intervient alors que l’Europe occidentale enregistre une vague de chaleur précoce, avec des pointes supérieures à 35 °C dans certaines zones du Royaume‑Uni et des records mensuels battus pour le mois de mai. Les épisodes extrêmes de chaleur exposent les populations à des risques sanitaires, augmentent la demande énergétique et peuvent perturber transports et activités économiques. Les autorités sanitaires et locales sont invitées à renforcer les mesures de protection des personnes vulnérables et la préparation des infrastructures.
Appel à accélérer la transition énergétique et les politiques climatiques
Des spécialistes en économie politique et responsables climatiques insistent sur la nécessité d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables et l’électrification pour réduire rapidement les émissions de combustibles fossiles. Le rapport rappelle aussi la vulnérabilité des marchés des combustibles face aux crises géopolitiques, ce qui renforce l’argument d’une sortie plus rapide des énergies fossiles afin de limiter l’ampleur et la vitesse du réchauffement.
L’alerte de l’OMM souligne que la fenêtre d’action pour limiter les pires effets du changement climatique demeure ouverte mais étroite : des politiques ambitieuses de réduction des émissions, une adaptation renforcée et des investissements dans la résilience sont nécessaires pour limiter les dommages à court et long terme.