La BAD engage un record de près de 1,3 milliard d’euros pour le Maroc
BAD : près de 1,3 milliard d’euros engagés au Maroc en 2025 pour infrastructures, emplois et transition verte
Près de 1,3 Md€ engagés par la BAD au Maroc en 2025 pour infrastructures, TPME, agriculture, emploi et transition verte, annoncés aux Assemblées 29 mai 2026.
Les engagements de la Banque africaine de développement (BAD) au Maroc ont atteint près de 1,3 milliard d’euros pour l’exercice 2025, une mobilisation jugée inédite qui vise à accompagner la transformation structurelle de l’économie nationale. Ces annonces ont été rendues publiques lors des Assemblées annuelles de la BAD, tenues à Brazzaville jusqu’au 29 mai 2026, où les discussions ont porté sur le financement du développement dans un contexte mondial fragmenté. Les crédits et garanties couvrent des secteurs prioritaires : infrastructures, gouvernance, petites entreprises, agriculture, formation et transition bas carbone.
Un record d’engagements pour 2025
Le montant total des engagements pour 2025 frôle 1,3 milliard d’euros, montant réparti entre prêts directs, garanties et financements sectoriels. Les responsables soulignent que ce niveau reflète à la fois la profondeur du partenariat avec le Royaume et la volonté de soutenir des projets structurants susceptibles de générer croissance et emplois. Ces ressources sont destinées à répondre à des besoins immédiats d’infrastructure tout en soutenant des réformes et des programmes d’investissement à moyen terme.
Investissements massifs dans les infrastructures et la connectivité
La plus grande part des moyens — 420 millions d’euros — est consacrée aux infrastructures et à la connectivité. Un volet de 270 millions d’euros est dédié à la modernisation des aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès : extension des terminaux, construction d’une nouvelle tour de contrôle à Marrakech, amélioration des voies de circulation et déploiement de systèmes de sûreté et de traitement des bagages. Parallèlement, 150 millions d’euros sont alloués au renforcement des capacités d’investissement des collectivités via le Fonds d’équipement communal, ciblant l’eau potable, l’assainissement, les infrastructures éducatives, la mobilité urbaine et les équipements publics.
Renforcement de la gouvernance, appui aux TPME et résilience
Un montant de 182 millions d’euros soutient des initiatives de gouvernance économique et des secteurs stratégiques tels que l’eau et l’énergie, ainsi que des mesures de résilience face aux chocs externes. Le secteur privé local, et en particulier les très petites et moyennes entreprises (TPME), bénéficie d’un financement de 119 millions d’euros destiné à stimuler la création d’emplois et à renforcer la compétitivité. Ces ressources comprennent des instruments de financement adaptés, des lignes de crédit et des programmes d’accompagnement pour améliorer l’accès au marché et la capacité d’investissement des petites entreprises.
Appui ciblé à l’agriculture inclusive et à l’entrepreneuriat rural
Pour l’agriculture, une enveloppe de 100 millions d’euros vise une approche solidaire et inclusive. Les interventions portent sur la modernisation des infrastructures agricoles, l’amélioration de l’accès au financement pour les producteurs, et le soutien à l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes en milieu rural. L’objectif affiché est d’accroître la productivité, de favoriser des chaînes de valeur plus résilientes et d’améliorer les revenus ruraux par la consolidation des filières et l’accès aux marchés.
Cap Compétences 2030 : formation et insertion professionnelle
Le Conseil d’administration a validé une opération de 200 millions d’euros en faveur du programme « Cap Compétences 2030 », destiné à renforcer l’employabilité des jeunes et des femmes. Le programme combine le développement des compétences, l’insertion professionnelle et la transformation numérique du secteur de la formation. Il prévoit des actions de formation technique et professionnelle, des partenariats public-privé pour l’alternance et des dispositifs visant à sécuriser la transition vers des emplois qualifiés, notamment dans les secteurs technologiques et verts.
Garantie pour la transition bas carbone au profit du Groupe OCP
La BAD a mis en place une garantie partielle de crédit de 450 millions d’euros en faveur du Groupe OCP, un mécanisme conçu pour mobiliser jusqu’à 530 millions d’euros de financements verts auprès de partenaires internationaux. Cette opération soutiendra le déploiement d’un modèle industriel bas carbone reposant sur les énergies renouvelables, la gestion durable de l’eau et des pratiques agricoles résilientes. Le montage vise à réduire l’empreinte carbone des activités industrielles tout en facilitant l’accès à des financements concessionnels ou semi-concessionnels pour des investissements verts.
Les annonces s’inscrivent dans le cadre thématique des Assemblées annuelles 2026 — « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté » — et ont été faites devant une audience internationale réunissant chefs d’État, ministres, gouverneurs de banques centrales, acteurs privés et représentants de la société civile. Le plan d’actions dévoilé marque une étape significative dans le partenariat entre la BAD et le Maroc, en mettant l’accent sur des projets à fort effet d’entraînement économique et social.