Parlement sud-africain lance une enquête de destitution contre Cyril Ramaphosa après Farmgate
Parlement sud-africain relance une procédure de destitution contre Cyril Ramaphosa après le scandale “Farmgate”
Le Parlement sud‑africain ouvre une enquête de destitution contre Cyril Ramaphosa le 28 mai 2026, relancée par une décision de la Cour constitutionnelle.
Le Parlement sud‑africain a relancé, le 28 mai 2026, la procédure visant à enquêter sur une possible destitution du président Cyril Ramaphosa dans le cadre du scandale dit « Farmgate ». La commission de mise en accusation, constituée de 31 membres, doit tenir sa première réunion la semaine prochaine pour élire son président et lancer l’examen des allégations liées au vol d’importantes sommes d’argent découvertes dans des meubles de la ferme privée du président en 2020. La décision de la Cour constitutionnelle a rouvert le dossier et provoqué une intensification des débats politiques autour de l’avenir de la présidence.
Parlement fixe la première réunion du comité
La commission chargée d’examiner les allégations tiendra sa première séance lundi, selon l’annonce faite par l’Alliance démocratique (DA). Cette première réunion aura pour ordre du jour principal l’élection d’un président de comité et la mise au point du calendrier et de la méthodologie d’enquête. Les responsables parlementaires ont indiqué que la relance du processus faisait suite à un arrêt judiciaire qui a invalidé ou modifié des décisions antérieures, obligeant la Chambre à reprendre formellement les procédures prévues par la constitution.
Composition du comité et enjeux de présidence
Le comité est composé de 31 membres issus des différents partis représentés à l’Assemblée nationale. L’Alliance démocratique a déclaré qu’elle souhaitait qu’un élu extérieur au Congrès national africain (ANC) préside le comité, afin de limiter l’influence du parti majoritaire dans la conduite de l’enquête. À ce stade, l’ANC ne détient que neuf des 31 sièges au sein de la commission, ce qui donne à l’opposition la possibilité de déterminer l’orientation des travaux lors des premières étapes. L’élection du président du comité sera donc un moment clé pour la suite de la procédure.
Accusations dans l’affaire Farmgate et réponse du président
L’affaire « Farmgate » porte sur la découverte, en 2020, de sommes significatives d’argent dissimulées dans des meubles à la ferme privée de Cyril Ramaphosa. Les questions centrales portent sur l’origine des fonds, les raisons de leur dissimulation et l’implication éventuelle du président. Ramaphosa a nié avoir commis des actes répréhensibles et a contesté les conclusions d’un comité indépendant qui avait trouvé des éléments préliminaires d’inconduite. Le DA et d’autres partis d’opposition continuent cependant d’exiger des éclaircissements complets et une enquête parlementaire approfondie.
Recours judiciaire de Ramaphosa et risques de suspension de la procédure
Le président a engagé des actions en justice contre le rapport du comité indépendant et a laissé entendre qu’il demanderait une ordonnance urgente pour faire suspendre la procédure parlementaire tant que sa contestation judiciaire serait en cours. Ce recours pourrait retarder significativement le calendrier d’enquête et compliquer la capacité du Parlement à avancer selon le calendrier initial. Les juristes et observateurs politiques s’attendent à ce que les tribunaux jouent un rôle déterminant dans la durée et la portée des investigations parlementaires.
Rapports de force au Parlement et probabilité d’un vote de destitution
L’ANC, qui détient environ 40 % des sièges à l’Assemblée nationale, a publiquement défendu Ramaphosa et conserve la capacité de bloquer un vote de destitution, lequel nécessite une majorité des deux tiers. En pratique, l’issue d’un éventuel vote dépendrait d’alliances partielles entre l’opposition et des députés dissidents ou de petits partis. Le DA, principal moteur de la procédure, a déclaré qu’il tiendrait le président pour responsable si des inconduites étaient confirmées, mais la route jusqu’à un vote formel de destitution reste longue et politiquement incertaine.
Calendrier prévisible et premières étapes attendues
Après l’élection du président du comité, la commission devrait établir un plan d’auditions, de collecte de preuves et de consultations juridiques. Les débats publics pourraient s’ouvrir dans les semaines suivantes, sauf si la contestation judiciaire de Ramaphosa entraîne une suspension effective des travaux. Le rythme de l’enquête dépendra aussi de la coopération des témoins et de l’accès aux documents pertinents. Les partis d’opposition ont déjà annoncé leur intention de pousser pour des auditions publiques afin d’assurer transparence et responsabilité.
La relance de la procédure de mise en accusation marque une phase importante dans la crise politique entourant la présidence sud‑africaine et soulève des questions sur la gouvernance, la transparence et l’indépendance des institutions. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la commission parviendra à rassembler des preuves suffisantes pour recommander des mesures et si les recours judiciaires modifieront le déroulement de l’enquête.