Rabat devient pôle de la cybersécurité africaine avec l’ANCA-CERT et un centre régional
Rabat accueille le Programme Exécutif de Leadership en Cybersécurité de l’ANCA-CERT
Du 1er au 5 juin 2026, Rabat accueille le programme exécutif ANCA-CERT en cybersécurité, avec décideurs et experts réunis pour renforcer la résilience africaine.
Depuis le 1er juin 2026, Rabat se place au cœur des initiatives africaines en matière de cybersécurité en accueillant le Programme Exécutif de Leadership en Cybersécurité organisé par l’ANCA-CERT, la structure opérationnelle du Réseau Africain des Autorités chargées de la Cybersécurité. L’événement, soutenu par la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI), réunit responsables gouvernementaux, dirigeants d’entreprise, experts techniques et représentants d’organisations régionales et internationales pour définir une feuille de route commune face aux menaces croissantes du cyberespace sur le continent.
Rabat accueille le Programme Exécutif de l’ANCA-CERT (1–5 juin 2026)
La rencontre, qui se déroule du 1er au 5 juin, concentre des sessions plénières, ateliers pratiques et échanges stratégiques destinés aux décideurs et aux cadres supérieurs. L’objectif annoncé est d’harmoniser les approches nationales et régionales pour améliorer la gouvernance, renforcer la résilience et coordonner la réponse aux incidents cybernétiques. La présence de délégations de plusieurs États africains témoigne d’un intérêt croissant pour une action collective.
Cinq axes thématiques alignés sur le Global Cybersecurity Index
Le programme couvre cinq axes principaux : gouvernance de la cybersécurité, résilience numérique, gestion des crises cyber, développement des compétences et coopération régionale et internationale. Ces axes sont explicitement alignés sur les cinq piliers du Global Cybersecurity Index de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Des partenaires institutionnels tels que l’UIT, le CREST et le FIRST participent à l’initiative, apportant expertise technique et cadres méthodologiques reconnus internationalement.
Intervention du Général Abdellah Boutrig et orientations nationales
Lors de l’ouverture, le Général Abdellah Boutrig, Vice-Président de l’ANCA et Directeur Général de la DGSSI, a posé la cybersécurité comme un pilier de la souveraineté numérique et du développement économique. Il a insisté sur l’impossibilité pour un seul pays de faire face isolément aux défis cyber et a appelé au partage d’informations, à l’échange d’expériences et à la construction de capacités communes. Le discours a souligné la nécessité d’une vision africaine concertée fondée sur la confiance et la solidarité.
Accords gouvernementaux pour un centre régional ANCA-CERT au Maroc
Concrétisant cet engagement, le gouvernement marocain a approuvé, lors d’un Conseil des ministres présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, deux accords stratégiques. Le premier porte sur l’établissement au Maroc d’un Centre régional d’appui et de coordination pour la réponse aux incidents cybernétiques de l’ANCA-CERT. Le second acte formalise la présence institutionnelle de l’ANCA-CERT dans le Royaume. Ces décisions traduisent une volonté d’ancrer au Maroc une capacité régionale permanente de coordination et d’assistance technique en matière de réponse aux incidents.
Conséquences pour la coopération régionale et le renforcement des capacités
L’accueil de ce programme et l’installation annoncée du centre régional renforcent le positionnement du Maroc comme plateforme régionale de cybersécurité. À court terme, les retombées attendues incluent une meilleure coordination opérationnelle lors d’incidents transfrontaliers, des programmes de formation renforcés pour les responsables nationaux et une accélération du partage d’informations techniques. À moyen terme, la présence d’un centre régional peut favoriser la mutualisation d’outils, le développement de standards communs et la montée en compétence d’équipes nationales moins dotées.
Au-delà des aspects techniques, l’événement met l’accent sur la dimension politique et diplomatique de la cybersécurité : la confiance entre États, la gouvernance partagée et la coopération avec des partenaires internationaux figurent au premier plan des discussions. Les contributions des institutions partenaires doivent permettre d’ancrer des pratiques reconnues et de faciliter l’intégration des politiques nationales avec les référentiels internationaux.
L’initiative reflète une prise de conscience accrue en Afrique de la nécessité d’articuler sécurité numérique et développement économique. En positionnant Rabat comme hôte et en approuvant des accords institutionnels, les autorités marocaines entendent favoriser la création d’un écosystème africain de cybersécurité mieux coordonné, capable de prévenir, détecter et répondre efficacement aux incidents tout en développant les compétences locales. Le programme qui se déroule cette semaine servira d’évaluation pratique des premières étapes de cette coopération et d’impulsion pour les actions à venir.