Réintroduction historique du cerf de Barbarie au Parc naturel de Béni Snassen
L’ANEF réintroduit le cerf de Barbarie au Parc naturel de Béni Snassen et signe six conventions pour l’écotourisme
L’ANEF relance la biodiversité au Parc de Béni Snassen: réintroduction du cerf de Barbarie, six conventions pour l’aménagement et l’écotourisme local.
Le Parc naturel de Béni Snassen, dans la province de Berkane, a été au centre d’une journée de communication organisée par l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF). La rencontre, tenue lundi et rassemblant élus locaux, représentants des administrations territoriales, acteurs socio-économiques et associations, a été marquée par la signature de plusieurs accords et par une opération de réintroduction d’une espèce disparue de la région depuis plus d’un siècle.
Réintroduction historique du cerf de Barbarie
La cérémonie a inclus la remise en liberté du cerf de Barbarie au sein du parc, un événement présenté comme une première pour la région après une absence de plus d’un siècle. Cette opération s’inscrit dans la continuité des actions de restauration des populations fauniques menées par l’ANEF depuis 2020, qui ont déjà permis le retour du mouflon à manchettes et de la gazelle de Cuvier dans certaines zones protégées.
Conventions signées et soutien aux associations
Six conventions de partenariat ont été signées lors de la journée. Elles portent sur l’aménagement, la gestion et la valorisation écotouristique du réseau des aires protégées de la province, incluant le Parc naturel de Béni Snassen, le site de l’embouchure de la Moulouya ainsi que quatre forêts urbaines et périurbaines. Des chèques ont été remis aux associations de mise en défens Essalam, Zaara, Ouled Boukhriss et Nahda pour appuyer les actions locales de protection et de gestion durable.
Extension et mise à jour du réseau national d’aires protégées
Le Directeur général de l’ANEF, Abderrahim Houmy, a annoncé que le réseau national des aires protégées avait été actualisé en 2025 pour comptabiliser 197 sites d’intérêt biologique et écologique. Ce réseau comprend désormais 10 parcs nationaux, 8 aires officiellement classées et 38 sites Ramsar, représentant près de 7,6 millions d’hectares. Dans la région de l’Oriental, le maillage protégé s’étend sur 25 aires couvrant environ 735 000 hectares, après la création de trois parcs naturels — Béni Snassen, Chekhar et Jbel Grouz — dans le cadre de la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 ».
Caractéristiques écologiques du parc
Le Parc naturel de Béni Snassen s’étend sur 16 474 hectares et abrite des formations forestières dominées par le thuya et le chêne vert, une flore diversifiée et des cavités souterraines présentant un intérêt écologique, scientifique et culturel. Ces milieux fournissent des habitats pour plusieurs espèces et constituent un patrimoine naturel susceptible d’attirer des chercheurs ainsi que des visiteurs intéressés par la nature et les pratiques de conservation.
Potentiel pour le développement local et l’écotourisme
Les autorités locales ont insisté sur le rôle stratégique du parc pour le développement économique et social de la province. L’écotourisme, la valorisation des produits du terroir et la création d’activités durables figurent parmi les leviers identifiés pour générer des revenus locaux tout en préservant les ressources naturelles. Les représentants ont appelé à une coopération renforcée entre acteurs publics, privés et associatifs pour structurer des offres touristiques respectueuses de l’environnement.
Actions de sensibilisation et infrastructures d’accueil
Pour améliorer l’accueil des visiteurs et la sensibilisation des scolaires, un programme d’aménagement de l’infokiosque de Tafoughalt a été lancé. L’initiative vise à renforcer l’information environnementale sur place, à développer des outils éducatifs et à faciliter l’organisation de visites guidées et d’activités pédagogiques destinées aux établissements scolaires et aux groupes locaux.
La journée organisée à Berkane illustre une approche intégrée mêlant conservation de la biodiversité et développement territorial. La réintroduction du cerf de Barbarie et la série de conventions signées matérialisent des engagements concrets pour la gestion des espaces protégés et la promotion d’un écotourisme durable. Le succès de ces mesures dépendra désormais de la mise en œuvre opérationnelle des accords, du suivi scientifique des populations réintroduites et de la mobilisation continue des partenaires locaux pour garantir la préservation à long terme des milieux naturels.