Recettes voyages 44,39 MMDH et excédent 34,55 MMDH portés par les transferts MRE
Le tourisme propulse les recettes en devises : 44,39 MMDH à fin avril 2026 et excédent en forte hausse
Le Maroc a enregistré 44,39 milliards de dirhams de recettes voyages à fin avril 2026 (+21,2% sur un an), tandis que les transferts des résidents à l’étranger progressent et que les mouvements d’investissement évoluent de manière contrastée.
Le début de l’année 2026 marque une accélération notable des entrées de devises liées au tourisme, avec des recettes voyages qui s’établissent à 44,39 MMDH, soit une hausse de 21,2% par rapport à la même période de 2025. Cette progression coexiste avec une hausse modérée des dépenses des résidents à l’étranger, évaluées à 9,84 MMDH (+5,4%), ce qui laisse dégager un solde de la balance voyages excédentaire de 34,55 MMDH, en hausse de 26,7% sur un an. Parallèlement, les transferts des Marocains résidant à l’étranger atteignent 39,98 MMDH (+9,8%), confirmant leur rôle central dans l’apport de devises. Les flux d’investissements présentent une dynamique contrastée : les investissements directs étrangers reculent légèrement à 11,65 MMDH (-10,1%), tandis que les investissements directs marocains à l’étranger gagnent du terrain, à 3,46 MMDH (+41,9%).
Recettes voyages et dynamique touristique
Les recettes voyages de 44,39 MMDH traduisent une reprise soutenue de la fréquentation touristique et une augmentation des dépenses par visiteur. Plusieurs facteurs contribuent à cette dynamique : redéploiement des liaisons aériennes, diversification de l’offre hôtelière, intensification des campagnes de promotion et retour progressif des marchés lointains. La hausse de 21,2% en glissement annuel indique non seulement une augmentation du nombre d’arrivées mais aussi une meilleure valorisation économique du séjour touristique. Cette tendance soutient directement les recettes en devises et améliore la résilience du secteur face aux fluctuations internationales.
Solde voyages et circulation des résidents
La progression des dépenses des résidents marocains à l’étranger (+5,4% à 9,84 MMDH) reste modérée comparée à l’explosion des recettes. Le résultat net est un excédent de la balance voyages de 34,55 MMDH, en hausse de 26,7%. Cet excédent amplifie l’effet positif du tourisme sur la balance des paiements et donne une marge de manœuvre supplémentaire pour absorber d’éventuels chocs externes. La dispersion géographique des dépenses et la saisonnalité demeurent toutefois des éléments à surveiller pour maintenir cet équilibre sur le reste de l’année.
Rôle des transferts des Marocains résidant à l’étranger
Les transferts des Marocains résidant à l’étranger, qui atteignent 39,98 MMDH (+9,8%), constituent une autre source majeure de devises. Leur augmentation soutenue contribue à financer les importations, à stabiliser le compte courant et à renforcer la liquidité en devises. Ce flux est d’autant plus stratégique qu’il tend à être moins volatile que certains autres postes externes. La progression observée au premier quadrimestre signale une confiance continue de la diaspora envers l’économie nationale et un flux de ressources essentiel pour les ménages et les investissements locaux.
Évolution des investissements directs étrangers et sortants
Les investissements directs étrangers affichent un léger repli, avec des flux nets à 11,65 MMDH (-10,1%). Ce recul interroge sur la cadence des projets étrangers et sur les secteurs concernés. À l’inverse, les investissements directs marocains à l’étranger progressent fortement (+41,9% à 3,46 MMDH), témoignant d’une stratégie d’expansion internationale des entreprises nationales. Ce double mouvement reflète une recomposition des flux d’investissement : attraction internationale ralentie, tandis que les opérateurs locaux cherchent des relais de croissance à l’étranger. L’impact sur l’emploi, la formation technologique et le transfert de compétences dépendra de la qualité et de la durabilité de ces projets sortants.
Conséquences macroéconomiques et perspectives pour 2026
La conjonction d’un excédent voyages élargi et de transferts MRE en hausse améliore la position extérieure et allège la pression sur les réserves. Toutefois, la baisse des investissements directs étrangers et la persistante dépendance aux recettes touristiques soulignent la nécessité d’un approfondissement de la diversification économique. Les autorités et les acteurs privés devront poursuivre les efforts pour améliorer l’attractivité des investissements, soutenir la montée en gamme du tourisme et renforcer la transformation industrielle exportatrice. La saison estivale 2026 sera un test clé pour confirmer la pérennité de la trajectoire positive observée à fin avril.
Les chiffres du premier quadrimestre 2026 montrent une économie tirée par le tourisme et la diaspora, avec des indicateurs d’investissement en recomposition ; la consolidation de ces tendances dépendra des mesures publiques et de la réponse du secteur privé durant les prochains mois.