Rabat accueille le 11e Symposium fiscal africain sur la réforme fiscale au Maroc
Rabat accueille le 11e Symposium fiscal africain, la fiscalité présentée comme pacte de confiance et levier de souveraineté
À Rabat, Younes Idrissi Kaitouni a ouvert le 11e Symposium fiscal africain en appelant à une fiscalité souveraine, numérique et adaptée aux enjeux de l’Afrique. (159 caractères)
Le directeur général des Impôts, Younes Idrissi Kaitouni, a prononcé mercredi à Rabat un discours d’ouverture du 11e Symposium fiscal africain organisé par le Centre d’études sur la fiscalité africaine (CSAT) de l’IBFD en partenariat avec la Direction générale des impôts (DGI). Il a insisté sur la double nature de la fiscalité : instrument de souveraineté et pacte de confiance entre l’État et le citoyen, au-delà de sa seule fonction de collecte budgétaire.
Ouverture à Rabat par la direction générale des Impôts
Lors de la séance inaugurale, M. Idrissi Kaitouni a présenté la posture du Maroc face aux défis fiscaux contemporains. Il a rappelé que la réforme du système fiscal marocain ne se limite pas à l’accroissement des recettes, mais vise à promouvoir l’équité, la compétitivité et la confiance. Son intervention a souligné la volonté des autorités de placer le contribuable au centre des préoccupations tout en renforçant la légitimité et la capacité de l’État.
La réforme fiscale marocaine depuis les Assises de 2019
Le discours a réaffirmé que les Assises nationales sur la fiscalité de 2019 ont posé les jalons d’une refonte en profondeur. La loi‑cadre 69‑19 a été citée comme l’outil législatif ayant ouvert la voie à une réforme structurée et consolidée. Les actions menées se traduisent, selon la DGI, par des résultats tangibles visant à adapter le système aux transformations économiques et sociales du pays.
Digitalisation et amélioration du service au contribuable
Parmi les avancées mises en avant figurent la digitalisation des procédures, l’amélioration du service au contribuable et la sécurisation juridique. Le directeur général a détaillé l’importance des outils numériques pour simplifier les démarches, accroître la transparence et faciliter la conformité volontaire. Ces efforts visent aussi à réduire les coûts administratifs et à rendre l’administration fiscale plus réactive et accessible.
Priorité au règlement des différends fiscaux
La résolution des contentieux fiscaux a été identifiée comme une priorité. Selon la DGI, renforcer les mécanismes de règlement des différends contribue à restaurer la confiance et à encourager la mise en conformité. Mettre en place des procédures claires et prévisibles est présenté comme un levier essentiel pour améliorer les relations entre l’administration et les contribuables, et pour sécuriser juridiquement les investissements.
Enjeux mondiaux : numérique et impôt minimum
Le symposium a été l’occasion d’évoquer les mutations de la fiscalité mondiale, notamment la taxation de l’économie numérique et l’instauration d’un impôt minimum mondial. M. Idrissi Kaitouni a estimé que l’Afrique doit affirmer une présence renforcée dans ces débats internationaux afin de défendre ses intérêts et d’adapter les règles globales aux réalités locales. Il a plaidé pour une approche qui concilie standards internationaux et spécificités économiques du continent.
Coopération africaine et renforcement des compétences
Le directeur général a appelé à une coopération accrue entre administrations fiscales africaines et à un effort soutenu de formation et de montée en compétences des experts du continent. L’émergence d’une pensée fiscale africaine, capable d’articuler normes internationales et contraintes locales, est présentée comme déterminante pour permettre aux pays africains de financer durablement leurs infrastructures et services publics.
Programme et thématiques du symposium
Organisé pour la première fois dans un pays d’Afrique du Nord, l’événement réunit pendant trois jours des spécialistes autour de thèmes clés : fiscalité des services transfrontaliers, prix de transfert, conventions fiscales, et administration fiscale à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. Les sessions prévoient des échanges techniques visant à partager bonnes pratiques et solutions adaptées aux contextes nationaux.
La tenue du 11e Symposium à Rabat marque une étape dans le renforcement du dialogue fiscal continental. En mettant l’accent sur la souveraineté, la numérisation, la résolution des différends et la coopération, les autorités marocaines et les intervenants espèrent consolider des cadres fiscaux plus justes et plus efficaces, capables de soutenir la mobilisation des ressources indispensables au développement.