Douanes 2025 : 23,5 milliards MAD de redressements contre la sous‑facturation
Douane 2025 : 23,5 Mds MAD réévalués pour sous‑facturation, recettes en hausse
Douanes : réévaluations record liées à la sous‑facturation (23,5 Mds MAD) en 2025, BADR et contrôles statistiques renforcés améliorent la détection et font progresser les recettes.
La Direction des Douanes et Impôts Indirects a clos 2025 avec des réévaluations fiscales record liées à la sous‑facturation, estimées à 23,5 milliards de dirhams, soit une progression de 33 % par rapport à l’année précédente. Ces réévaluations ont généré environ 6,97 milliards de dirhams de recettes supplémentaires pour l’État. Les autorités mettent en avant une modernisation des outils de contrôle et l’usage massif des données comme principaux leviers de cette performance, tout en reconnaissant que la hausse des détections ne signifie pas nécessairement une baisse de la fraude.
Montant record des réévaluations
Le montant global des réévaluations pour sous‑facturation atteint un niveau inédit en 2025. La sous‑facturation, qui consiste à déclarer à l’importation des valeurs inférieures à la réalité commerciale afin de réduire droits et taxes, reste particulièrement difficile à saisir matériellement : elle se loge dans les écarts entre prix déclarés et références de marché. Les chiffres publiés montrent que les résultats des contrôles ont permis de mettre au jour une part importante de ces pratiques et d’en récupérer une fraction significative en recettes.
Renforcement de la plateforme BADR
La plateforme de dédouanement électronique, BADR, a été enrichie en 2025 de 269 nouveaux mécanismes de ciblage comprenant règles d’indexation, annotations analytiques et suivi sectoriel. Ces améliorations ont doublé le nombre d’alertes traitées par le système, qui est passé de 1 540 à 3 076 dossiers signalés en un an. L’automatisation des croisements de données et l’intégration de bases de références internationales permettent désormais d’identifier des opérateurs à risque avant même l’arrivée physique des marchandises au guichet douanier.
Contrôles après dédouanement et récupérations budgétaires
Les contrôles post‑dédouanement, fondés sur la vérification des transactions via les pièces comptables après passage en douane, ont révélé 489 millions de dirhams de droits éludés en 2025, dont 326 millions ont été effectivement recouvrés. Parallèlement, l’Unité nationale de ciblage a identifié 97 millions de dirhams de droits compromis et en a recouvré 44 millions. Ces opérations postérieures au dédouanement confirment que la traçabilité documentaire reste un outil essentiel pour reconstituer la réalité transactionnelle et reprendre des montants non acquittés.
Centralisation des flux et renforcement des ressources humaines
La création et la mise en service du Centre national de supervision et de contrôle, opérationnel en 2025, a permis de centraliser en temps réel les flux issus de douze sites stratégiques — ports, passages frontaliers et zones industrielles. L’administration a renforcé ses effectifs avec le recrutement d’environ 1 200 agents et la restructuration complète des brigades opérationnelles. Cette montée en puissance logistique et humaine soutient l’exploitation des algorithmes de ciblage et l’analyse des grands volumes de données.
Résultats budgétaires et évolution du commerce extérieur
Au plan macroéconomique, la douane a enregistré des recettes record de 161 milliards de dirhams, en hausse de 11 % sur l’année. Les importations ont progressé de 8 %, soit un rythme largement supérieur à celui des exportations, et le déficit commercial s’est élevé à 353 milliards de dirhams, en hausse de 16 %. Ces chiffres montrent que la performance douanière s’inscrit dans un contexte d’intensification des flux commerciaux, ce qui à la fois accroît le potentiel de recettes et la nécessité de contrôles plus fins.
L’évolution des méthodes de contrôle illustre le passage d’une approche essentiellement physique à une stratégie axée sur les données : ciblage prédictif, croisements automatiques avec des bases externes et surveillance en temps réel. Si les gains en matière de détection et de recouvrement sont tangibles, les autorités reconnaissent que la sous‑facturation reste partiellement invisible et que l’effort doit se poursuivre pour réduire l’évasion fiscale à la source.
La modernisation des outils, l’augmentation des capacités humaines et l’exploitation des données forment le socle des nouvelles pratiques douanières; elles visent à concilier facilitation du commerce et protection des recettes publiques tout en adaptant le contrôle à des schémas de fraude toujours plus sophistiqués.