Le modèle marocain de déradicalisation Moussalaha mis en lumière à Vienne
Le modèle marocain de déradicalisation présenté à Vienne lors d’une réunion conjointe avec l’ONUDC
À Vienne, le Maroc a exposé son modèle de déradicalisation centré sur prévention, réhabilitation et réinsertion lors d’une rencontre organisée avec l’ONUDC et la Mission permanente du Royaume
Le modèle marocain de déradicalisation a été au centre d’une réunion de haut niveau tenue jeudi à Vienne organisée par la Mission permanente du Maroc auprès des Nations Unies en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime ONUDC. Tenu en marge de la 35e session de la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale et placé sous le thème “Deux décennies de réconciliation, de réhabilitation et de prévention”, l’événement a permis de présenter une approche structurée autour de trois piliers interdépendants et d’insister sur son ambition politique et sociale. L’ambassadeur Azzeddine Farhane a rappelé que cette stratégie conduite sous l’impulsion du Roi Mohammed VI dépasse la seule lutte antiterroriste et se veut un investissement long terme associant sécurité et développement et préservant la dignité humaine.
Rencontre organisée à Vienne
La session a réuni des représentants diplomatiques et des acteurs des Nations Unies impliqués dans la prévention de la criminalité et la réintégration. La présentation officielle a mis en lumière la trajectoire de deux décennies d’action publique et les résultats des programmes menés au Maroc dans les prisons et dans les communautés. L’approche a été présentée comme intégrée et multisectorielle et destinée à informer les débats internationaux sur les politiques de prévention et de réintégration.
Trois piliers du dispositif
Les discussions ont insisté sur les trois axes fondateurs du modèle marocain prévention réhabilitation réinsertion. La prévention englobe des actions éducatives et communautaires visant à réduire les facteurs de vulnérabilité. La réhabilitation implique une prise en charge psychologique et religieuse adaptée aux individus concernés. La réinsertion vise à offrir des perspectives socio économiques durables par la formation l’emploi et l’accompagnement social. L’articulation de ces trois dimensions est présentée comme déterminante pour éviter la récidive et renforcer la cohésion sociale.
Le programme pénitentiaire Moussalaha détaillé
Le programme Moussalaha a été décrit point par point. Il combine un encadrement religieux normé un soutien psychologique individualisé et des mesures concrètes d’insertion socio économique une fois la personne sortie du milieu carcéral. L’approche religieuse est encadrée pour contrer les lectures extrémistes et proposer des repères théologiques modérés. Le volet psychologique couvre l’évaluation la prise en charge thérapeutique et le suivi à long terme. Le volet socio économique mobilise formations certifiantes dispositifs d’emploi et partenariats avec le secteur privé pour faciliter la réintégration effective dans la société.
Rôle de la Commanderie des Croyants et des institutions
L’intervention a rappelé le rôle central de la Commanderie des Croyants dans l’unification d’un référentiel religieux national et dans la prévention des dérives. Le cadre doctrinal repose sur la doctrine acharite le rite malékite et un soufisme sunnite de tradition jounaidienne jugé favorable à la modération et à l’ouverture. Des réformes institutionnelles majeures ont été citées comme l’Institut Mohammed VI de formation des imams et la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains structures conçues pour renforcer la formation religieuse et promouvoir un discours religieux cohérent et résilient face aux radicalismes.
Impacts et portée internationale
La présentation à Vienne a visé à partager les leçons tirées et à ouvrir la voie à des coopérations techniques et à l’échange de bonnes pratiques au niveau international. Les représentants ont souligné que le modèle peut inspirer des politiques publiques dans d’autres contextes tout en nécessitant des adaptations aux réalités locales. La coopération avec l’ONUDC signale la volonté d’inscrire ces expériences dans des cadres internationaux de prévention et de justice pénale en privilégiant des réponses intégrées plutôt que des approches uniquement sécuritaires.
Les intervenants ont insisté sur le caractère évolutif du dispositif et sur la nécessité d’un suivi évaluatif pour mesurer l’efficacité des actions sur le long terme. La présentation à la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale ajoute une visibilité institutionnelle au modèle et favorise les échanges techniques entre praticiens et décideurs. Les discussions ont mis en avant la complémentarité entre sécurité et développement et la priorité accordée à la dignité humaine dans les réponses apportées aux phénomènes de radicalisation.