Douane : 23,5 MMDH et drones, IA, big data pour combattre la sous-facturation
Mohamed Ezzahaoui nommé à la Douane, redressements de 23,5 MMDH en 2025, stratégie africaine de cybersécurité et débat constitutionnel autour du Conseil
Nouvelle direction à la Douane, 23,5 MMDH de redressements en 2025, stratégie africaine de cybersécurité depuis Rabat et avis du Conseil de la concurrence soulèvent débat.
L’État procède à des ajustements majeurs dans plusieurs secteurs administratifs clés : une nouvelle direction générale à la Douane, l’annonce de redressements pour 2025, le lancement d’une stratégie régionale de cybersécurité depuis Rabat et l’intervention du Conseil de la concurrence sur un texte législatif relatif aux avocats. Ces mouvements traduisent à la fois une volonté de renforcement des contrôles économiques et fiscaux et une montée en puissance des enjeux de souveraineté numérique et juridique, avec des tensions institutionnelles qui s’installent dans le débat public.
Nomination de Mohamed Ezzahaoui à la tête de la Douane
Mohamed Ezzahaoui prend la direction générale des Douanes à un moment jugé stratégique par les autorités. Sa nomination intervient alors que l’administration douanière affiche un résultat de redressements annoncé à hauteur de 23,5 milliards de dirhams pour l’année 2025. La prise de fonction du nouveau directeur général est présentée par l’exécutif comme une réponse organisée aux fraudes à l’importation et à la sous-facturation, et s’inscrit dans une trajectoire de renforcement des moyens et des procédures de contrôle.
Bilan 2025 : 23,5 MMDH de redressements et priorité à la sous-facturation
Les redressements de 23,5 MMDH constituent l’axe central des annonces récentes. Les autorités mettent en avant l’importance de lutter contre la sous-facturation, pratique qui fausse la concurrence et réduit les recettes publiques. Le montant communiqué pour 2025 traduit une intensification des opérations de contrôle et des vérifications fiscales, et le gouvernement souhaite que ces résultats servent d’effet dissuasif. Les entreprises et opérateurs économiques concernés sont invités à se conformer strictement aux règles de facturation et de déclaration en douane.
Technologies et moyens : drones, IA et big data déployés
La stratégie de lutte contre la fraude douanière s’accompagne d’un renforcement technique notable. Les autorités prévoient le recours à des drones pour la surveillance logistique, à des outils d’intelligence artificielle pour le dépistage des anomalies et à des traitements massifs de données (big data) pour croiser les déclarations et les flux commerciaux. Ce dispositif technologique vise à améliorer la détection des pratiques illicites et à accélérer les procédures de contrôle, tout en réduisant la part d’arbitraire dans les interventions, selon les responsables.
Rabat coordonne la riposte africaine aux cybermenaces depuis la DGSSI
Parallèlement, la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI), depuis Rabat, a posé les jalons d’une stratégie de coopération régionale en cybersécurité. L’initiative met l’accent sur la formation des acteurs, le partage de bonnes pratiques et la coordination opérationnelle entre États africains. L’objectif déclaré est de renforcer la résilience des infrastructures critiques et d’harmoniser les réponses face aux cyberattaques, en particulier celles ciblant les administrations et les secteurs stratégiques.
Avis du Conseil de la concurrence et débat constitutionnel autour du projet de loi
L’intervention du Conseil de la concurrence dans le processus législatif — alors que le projet de loi relatif aux avocats est en discussion — a ravivé un débat constitutionnel. La publication d’un avis consultatif par l’autorité de concurrence, perçue par certains comme prématurée ou intrusive, suscite des interrogations sur la séparation des compétences entre organes indépendants et le Parlement. Les critiques pointent un possible chevauchement des prérogatives et appellent à clarifier les procédures de consultation et le rôle consultatif des autorités administratives dans le travail législatif.
Les développements récents montrent un Etat mobilisé sur plusieurs fronts : contrôle économique renforcé, montée en puissance des technologies de surveillance, coordination régionale sur la cybersécurité et questions constitutionnelles liées aux avis d’autorités indépendantes. Ces dossiers devraient occuper le débat public et parlementaire dans les semaines à venir, alors que les acteurs concernés — administrations, professionnels du droit, entreprises et partenaires étrangers — cherchent à anticiper les impacts pratiques des nouvelles orientations.
Les prochains jours seront décisifs pour la mise en œuvre des annonces : précisions réglementaires attendues sur les modalités d’emploi des technologies à la Douane, calendrier des actions de formation et de coopération pour la DGSSI, et réactions politiques au sujet de l’avis du Conseil de la concurrence. Les décisions opérationnelles et les arbitrages institutionnels qui suivront détermineront l’ampleur effective de ces réformes et leur acceptation par les différents secteurs concernés.