Exportations +8,7% mais importations +12,7% creusent le déficit commercial à fin avril 2026
Les exportations augmentent mais ne compensent pas une envolée des importations à fin avril 2026
Exportations à 168,9 Md DH (+8,7%) à fin avril 2026; importations proches de 296 Md (+12,7%) — déficit commercial de 127,1 Md DH et enjeux pour la compétitivité.
La progression des ventes à l’étranger n’a pas suffi à enrayer la hausse des achats extérieurs : à fin avril 2026, les exportations marocaines s’établissent à 168,9 milliards de dirhams, soit une hausse de 8,7 % en glissement annuel, tandis que les importations frôlent 296 milliards, en augmentation de 12,7 %. Le déséquilibre se traduit par un solde commercial négatif d’environ 127,1 milliards de dirhams sur la période, positionnant la question du financement des échanges extérieurs au cœur des priorités économiques.
Situation des échanges à fin avril 2026
Les chiffres publiés à fin avril 2026 montrent une dynamique contrastée : une croissance notable des exportations, mais une augmentation beaucoup plus forte des importations. La hausse des ventes à l’étranger reflète un redémarrage partiel de la demande extérieure pour certains segments industriels et agroalimentaires. En parallèle, la montée des importations crée une pression sur le solde commercial qui se creuse sensiblement sur un an.
Facteurs derrière la hausse des importations
Plusieurs facteurs expliquent l’accélération des importations. La demande intérieure en équipements et biens d’investissement reste soutenue, alimentant les achats de biens manufacturés et de biens d’équipement. Les importations d’énergie et de matières premières, sensibles aux variations des prix internationaux, pèsent également. Enfin, des besoins accrus en intrants pour l’industrie et l’agriculture contribuent à gonfler la facture extérieure, tandis que la recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales peut avoir augmenté certains flux d’achats à l’étranger.
Performances des exportations et limites observées
Les exportations affichent un gain de 8,7 % mais restent insuffisantes pour réduire le déficit. Les secteurs traditionnellement exportateurs — industrie automobile, textile et cuir, agroalimentaire, phosphates et dérivés — continuent d’assurer la majorité des ventes à l’étranger. Toutefois, la montée en volume ne se traduit pas toujours par une hausse proportionnelle de la valeur ajoutée exportée : la compétitivité-prix, la montée en gamme des produits et la dépendance à certains marchés expliquent en partie les limites de la performance exportatrice.
Impact sur le solde commercial et risques macroéconomiques
Le creusement du déficit commercial à environ 127,1 milliards de dirhams expose l’économie à plusieurs risques. À court terme, le besoin de financement extérieur s’accroît, ce qui peut mettre sous tension la balance des paiements et les réserves internationales. À moyen terme, une déficience persistante pourrait peser sur la stabilité de la monnaie et alimenter des pressions inflationnistes via la hausse des prix des importations. Les autorités et les acteurs privés doivent surveiller la trajectoire des flux pour éviter que le déficit ne fragilise la reprise économique.
Mesures possibles pour améliorer l’équilibre commercial
Pour rééquilibrer la balance commerciale, plusieurs leviers peuvent être mobilisés. Sur le court terme, la maîtrise des importations non essentielles et l’optimisation des chaînes d’approvisionnement peuvent réduire les sorties de devises. À moyen et long terme, l’accélération de la montée en gamme des produits exportés, le soutien à l’innovation et à la transformation locale des matières premières, ainsi que des incitations ciblées pour attirer les investissements étrangers dans des filières à forte valeur ajoutée sont des pistes prioritaires. Par ailleurs, des politiques visant à améliorer l’efficacité énergétique et la substitution d’importations stratégiques peuvent diminuer la vulnérabilité aux chocs extérieurs.
La conjonction entre une progression modérée des exportations et une envolée des importations à fin avril 2026 met en évidence des défis structurels de compétitivité et de dépendance aux approvisionnements extérieurs. Le creusement du déficit commercial impose une réponse coordonnée entre pouvoirs publics et entreprises : renforcer la valeur ajoutée des exportations, optimiser les dépenses d’importation et améliorer la résilience des filières seront essentiels pour stabiliser les comptes extérieurs et soutenir la croissance durable.