Quatre militants de Palestine Action condamnés pour terrorisme après raid contre Elbit à Bristol
Quatre militants de Palestine Action condamnés au Royaume‑Uni après un raid contre Elbit Systems, juge qualifie l’action d’« acte terroriste »
Quatre militants de Palestine Action condamnés au Royaume‑Uni pour un raid contre Elbit Systems; le tribunal a qualifié l’action d’« acte terroriste ».
Un tribunal britannique a rendu, le 12 juin 2026, des peines de prison contre quatre militants affiliés au groupe Palestine Action après leur participation à un raid visant l’usine d’Elbit Systems à Bristol en août 2024. La Woolwich Crown Court, présidée par le juge Jeremy Johnson, a qualifié cet incident d’« acte terroriste » et a infligé des peines allant d’environ quatre ans et huit mois à sept ans et huit mois, en se fondant sur l’ampleur des dégâts matériels et l’intention d’influencer ou d’intimider.
Détails des condamnations et des chefs d’accusation
Le 12 juin 2026, Samuel Corner, 23 ans, a été condamné à sept ans et huit mois de prison après avoir été reconnu coupable d’avoir frappé une policière, Kate Evans, à deux reprises dans le dos avec une masse de sept livres, entraînant une fracture de la colonne vertébrale. Charlotte Head, 30 ans, et Leona Kamio, 30 ans, ont chacune reçu une peine de cinq ans pour leur rôle lors de l’entrée sur le site. Fatema Rajwani a écopé d’une peine de quatre ans et huit mois. Lors du procès, quatre des six personnes jugées ont été reconnues coupables de dommages criminels; l’une des condamnations supplémentaires portait sur une infraction de blessures graves avec intention (GBH).
Motifs invoqués par les militants et description du raid
Les militants ont déclaré pendant et après l’action qu’ils cherchaient à « démanteler des drones et des armes » qu’ils estimaient destinés à être utilisés dans la bande de Gaza. L’opération sur le site d’Elbit Systems à Bristol, réalisée en août 2024, a causé des dommages matériels importants selon le jugement; le tribunal a retenu que ces actes visaient non seulement la destruction d’équipements mais aussi l’influence du gouvernement et l’intimidation du fabricant d’armement israélien.
Argumentation du tribunal et qualification de terrorisme
Le juge Jeremy Johnson a expliqué que la qualification d’« acte terroriste » reposait sur le « lien avec le terrorisme » identifié par la nature des cibles et l’ampleur des dégâts matériels. La cour a estimé que les auteurs avaient commis des actes destinés à influencer la politique et à intimider, critères qui, selon le tribunal, s’inscrivent dans la définition retenue par la loi antiterroriste. La décision intervient dans le contexte de l’interdiction formelle de Palestine Action en tant qu’organisation « terroriste », entrée en vigueur le 5 juillet 2025.
Réactions publiques et manifestations devant la cour
Environ 500 personnes se sont rassemblées devant la Woolwich Crown Court le jour de l’audience pour soutenir les militants. Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de 72 manifestants pour affichage et soutien à Palestine Action. Des groupes de soutien, dont le Filton 25 Defence Committee, ont critiqué la décision et annoncé leur intention d’interjeter appel, affirmant que les militants avaient cherché à empêcher des « massacres » et à sauver des vies en détruisant des matériels qu’ils jugeaient dangereux.
Conséquences judiciaires et voies de recours
La décision de la cour pénale coïncide avec une procédure en cours devant la Haute Cour du Royaume‑Uni, où le gouvernement fait appel contre une mesure de levée de l’interdiction imposée par le ministère de l’Intérieur à l’encontre de Palestine Action. L’interdiction fondée sur la loi antiterroriste de 2000, appliquée à partir du 5 juillet 2025, rend désormais illégal l’appartenance ou tout soutien à ce groupe et expose les personnes reconnues coupables à des peines pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison. Depuis l’entrée en vigueur de la mesure, les autorités ont indiqué que quelque 3 000 personnes ont été arrêtées lors de rassemblements et manifestations liés à ce dossier.
La condamnation prononcée le 12 juin 2026 et la qualification d’« acte terroriste » marquent une étape importante dans le traitement judiciaire des actions directes menées contre le secteur de l’armement au Royaume‑Uni; les appels annoncés et la procédure en cours devant la Haute Cour pourraient toutefois modifier la portée juridique et politique de cette affaire dans les mois à venir.