Affrontements à Kinshasa lors d’une manifestation contre un projet prolongeant le mandat de Tshisekedi
Kinshasa: heurts et gaz lacrymogènes lors d’une manifestation contre une réforme potentiellement ouvrant la voie à un troisième mandat
Kinshasa: manifestation du C64 dispersée le 12 juin 2026; heurts et blessés (dont Martin Fayulu) autour d’une réforme pouvant prolonger le mandat de Tshisekedi.
Le 12 juin 2026, une manifestation organisée devant l’Assemblée nationale à Kinshasa par la coalition d’opposition C64 a dégénéré en affrontements entre opposants et militants pro-gouvernementaux, poussant la police à disperser la foule au moyen de gaz lacrymogènes. Des heurts ont éclaté à proximité du Parlement, provoquant des blessés et une montée de la tension politique dans la capitale.
Affrontements devant le Parlement
La manifestation, destinée à protester contre un texte de loi en discussion à l’Assemblée, a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Des groupes rivaux se sont heurtés dans les rues entourant le complexe législatif, entraînant des échauffourées ponctuelles et l’intervention des forces de l’ordre. Les autorités ont utilisé des munitions lacrymogènes pour rétablir l’ordre, conduisant à des scènes de panique et à l’évacuation de certains manifestants.
Usage de gaz lacrymogènes
La dispersion par gaz lacrymogènes a été massive et ciblée sur les points de concentration des manifestants. Plusieurs personnes ont signalé des difficultés respiratoires et des irritations oculaires après l’emploi des gaz. Les forces de sécurité ont justifié leur réaction par la nécessité d’empêcher des affrontements plus violents, tandis que des témoins ont dénoncé un recours excessif à la force lors d’un rassemblement initialement pacifique.
Leaders de l’opposition blessés
Parmi les personnes touchées figurent des figures reconnues de l’opposition. Un leader de premier plan a été manifestement blessé au visage et a reçu des soins sur place par ses partisans. D’autres responsables de la coalition ont indiqué des blessures légères à modérées, ce qui alimente la colère du camp opposant et renforce la perception d’une répression ciblée contre les détracteurs du régime.
Projet de loi et possibilité d’un troisième mandat
La protestation visait essentiellement un projet de loi qui, selon ses détracteurs, pourrait permettre au président en exercice de rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats. Le texte en discussion prévoit la possibilité d’amender certaines dispositions en cas de ce que le projet qualifie de « dysfonctionnement majeur » des institutions, ce qui ouvrirait la voie à un référendum susceptible de modifier les règles en vigueur. Le président, âgé de 62 ans, a récemment déclaré qu’il accepterait de rester à la tête de l’État pour une durée supplémentaire « si le peuple le souhaite », alimentant les craintes d’une manœuvre visant à prolonger son mandat qui s’achève en 2028.
Crises concomitantes qui aggravent la tension
Ces événements interviennent dans un contexte national déjà fragilisé par plusieurs crises. Le pays fait face à une récente flambée épidémique ainsi qu’à une intensification du conflit armé dans l’est, impliquant notamment le groupe rebelle M23, accusé d’opérations transfrontalières. L’accumulation de défis sécuritaires et sanitaires augmente la sensibilité de l’opinion publique et rend plus explosive toute tentative perçue de modifier les règles du jeu politique.
Répercussions politiques et calendrier électoral
La contestation parlementaire et la radicalisation des opposants ont poussé des formations politiques auparavant divisées à se rassembler sous la bannière du C64. La coalition considère les changements proposés comme une menace sérieuse à la stabilité démocratique et appelle à une mobilisation durable. À l’approche de l’échéance présidentielle prévue en 2028, les tensions autour de la réforme constitutionnelle risquent d’orienter le débat public et d’influencer les équilibres politiques internes, tout en attirant l’attention des acteurs régionaux.
Les affrontements de Kinshasa soulignent l’impasse entre une partie de l’élite politique qui promeut une adaptation des règles constitutionnelles et des opposants qui dénoncent une dérive autoritaire. La situation reste volatile et susceptible d’évolutions rapides selon la conduite des parlementaires, des responsables de la sécurité et des leaders politiques dans les prochains jours.