Incendies visant Starmer : deux condamnés à Londres, un rapport allègue implication russe
Deux hommes condamnés au Royaume‑Uni pour incendies visant des biens liés à Keir Starmer
Deux hommes reconnus coupables au Royaume‑Uni pour incendies ciblant des biens liés à Keir Starmer; des rapports non vérifiés évoquent une possible campagne d’ingérence étrangère.
Un tribunal londonien a déclaré lundi deux hommes coupables d’un complot visant à commettre des incendies criminels contre des propriétés et un véhicule liés au Premier ministre britannique Keir Starmer. Le verdict intervient après plusieurs mois de procédure et concerne des attaques menées sur une période de cinq jours l’an dernier, visant une maison que Starmer avait quittée en devenant Premier ministre en 2024, une autre résidence dont il était co‑propriétaire et une voiture personnelle. Les prévenus, Roman Lavrynovych, 22 ans, ressortissant ukrainien, et Stanislav Carpiuc, 27 ans, de nationalité roumaine, ont été reconnus coupables de complot en vue de commettre un incendie criminel. Un troisième homme a été acquitté des principaux chefs d’accusation.
Détails du verdict et des chefs d’accusation
Le jury a retenu contre Lavrynovych et Carpiuc les accusations de complot en vue de commettre un incendie criminel. Lavrynovych a en outre été reconnu coupable de deux chefs additionnels : dommages matériels par incendie et inconduite mettant la vie d’autrui en danger. Les jurés ont rendu leur décision après l’examen d’éléments présentés durant le procès. Un troisième accusé, âgé de 35 ans, a été acquitté du chef de complot visant à endommager des biens par le feu. Les deux condamnés attendent désormais leur sentence, fixée par la cour pour la fin de la semaine.
Circonstances des attaques et ciblage
Les incendies ont été orchestrés sur cinq jours au mois de mai de l’année précédente et ont visé des biens explicitement liés au Premier ministre. Les procureurs ont décrit un passage à l’acte visant des résidences et un véhicule, avec des dommages matériels constatés et un risque réel pour les habitants et les passants. Les autorités judiciaires ont souligné que, d’après les preuves présentées au procès, il n’existait pas d’éléments prouvant que les auteurs savaient, au moment des faits, que la personne visée était le Premier ministre. Les actions ont néanmoins suscité une forte réaction policière en raison de leur nature et de la visibilité des cibles.
Rôle présumé du pseudonyme « El Money » et preuves numériques
Les procureurs ont expliqué que l’exécution des attaques avait été commandée par un opérateur en ligne utilisant le pseudonyme « El Money ». Selon l’accusation, ce gestionnaire anonyme aurait promis un paiement d’environ 4 000 dollars en cryptomonnaie et aurait contacté l’un des prévenus via l’application de messagerie Telegram. Au cours du procès, il a été précisé qu’aucune personne identifiée sous ce pseudonyme n’avait été arrêtée ni inculpée à ce jour. Les autorités ont aussi indiqué que l’initiateur avait demandé en retour une vidéo des attaques, vraisemblablement destinée à être diffusée en ligne pour accroître leur impact.
Allégations d’une campagne d’ingérence et réponses officielles
Parallèlement aux procédures pénales, des allégations non vérifiées circulant le même jour ont relié ces attaques à une campagne plus large de sabotage et de désinformation attribuée aux services de renseignement d’un État étranger. Ces affirmations n’ont pas été étayées par des preuves publiques présentées durant le procès. Les responsables impliqués dans l’enquête ont maintenu qu’ils n’avaient trouvé aucune preuve d’un parrainage étatique avéré à ce stade. De leur côté, les autorités russes ont nié toute implication et rejeté les tentatives d’associer le pays à des activités illégales, selon des communiqués réduits, tout en appelant au calme.
Mesures policières et enjeux sécuritaires
Les services antiterroristes londoniens ont fait état d’une volonté de l’organisateur en ligne de provoquer des troubles et de semer la peur au sein de la population. Les responsables ont expliqué que l’objectif apparent du gestionnaire était de générer de l’agitation et de l’incertitude au Royaume‑Uni, à la fois par l’action directe et par la diffusion en ligne. Les autorités judiciaires et policières ont souligné l’importance des enquêtes numériques et transfrontalières dans ce type d’affaires, ainsi que la nécessité de coopérations internationales pour identifier les auteurs et les commanditaires présumés circulant via des plateformes chiffrées.
La perspective d’une peine ferme lors de l’audience de condamnation prévue vendredi souligne la sévérité avec laquelle la justice britannique traite des attaques visant des biens associés à des responsables publics. Le dossier met en lumière la convergence entre criminalité physique et exploitation des outils numériques pour organiser, financer et médiatiser des actes violents, et pose des questions sur la prévention et la réponse des autorités face à des campagnes de déstabilisation potentielles.