Enquête L’Economiste-Sunergia : coût de la vie au Maroc élevé malgré inflexion de l’inflation
Coût de la vie au Maroc : sondage juin 2026 révèle inquiétude persistante malgré une légère détente de l’inflation
Sondage juin 2026, malgré une légère détente de l’inflation, les ménages marocains continuent de dénoncer la cherté de la vie et la baisse du pouvoir d’achat.
Depuis plusieurs mois, l’inflation montre des signes d’apaisement mais cela n’a pas suffi à rassurer la population marocaine. Un sondage réalisé en juin 2026 auprès d’un échantillon national met en évidence une perception largement partagée : le coût de la vie demeure la principale préoccupation des ménages. Les réponses recueillies soulignent une réalité quotidienne faite de dépenses contraintes, de choix budgétaires difficiles et d’attentes fortes vis-à-vis des décisions publiques et des acteurs économiques.
Inflation légère mais ressentie différemment par les ménages
Même si les indices économiques affichent une décélération de la hausse des prix sur les derniers mois, cette amélioration n’est pas ressentie de manière uniforme. De nombreux répondants indiquent que certains postes de dépense continuent d’augmenter plus vite que le revenu disponible. Les variations saisonnières et les hausses ponctuelles sur certains produits alimentaires et services expliquent en partie ce décalage entre indicateurs macroéconomiques et perception individuelle.
Pouvoir d’achat sous pression constante
La faible progression des salaires réels reste au cœur des inquiétudes. Les ménages signalent une érosion du pouvoir d’achat qui pèse sur la capacité à couvrir les dépenses courantes et à épargner. Plusieurs foyers déclarent devoir repenser leur budget mensuel, prioriser l’alimentation et l’énergie, et réduire les dépenses non essentielles. Les ménages à revenus modestes et moyens apparaissent particulièrement vulnérables face à ces tensions.
Alimentation et énergie en tête des hausses perçues
Parmi les postes de dépense les plus fréquemment cités comme ayant augmenté récemment figurent les denrées alimentaires, les combustibles et l’électricité. Ces éléments constituent des charges fixes pour la majorité des ménages et expliquent en grande partie la sensation d’une vie plus chère. Les hausses de prix ponctuelles sur certains produits de base pèsent davantage sur les budgets serrés et amplifient la perception d’un coût de la vie globalement élevé.
Attentes vis‑à‑vis des pouvoirs publics et du secteur privé
Les personnes interrogées expriment des attentes claires : elles souhaitent des mesures ciblées pour protéger le pouvoir d’achat, stabiliser les prix des produits essentiels et accompagner les ménages les plus fragiles. Parmi les pistes fréquemment évoquées figurent des dispositifs d’aide sociale mieux ciblés, des mécanismes de régulation des prix sur certains marchés et des politiques favorisant la hausse des revenus. Le rôle des entreprises est également mentionné, notamment la nécessité d’une offre plus compétitive et d’une transparence accrue sur les prix.
Conséquences sociales et comportements d’achat
La persistance de la cherté de la vie a des effets observables sur les comportements. Réduction des dépenses non essentielles, report d’achats importants, recours accru aux promotions et aux circuits de distribution alternatifs figurent parmi les adaptations signalées. Ces changements impactent aussi la demande intérieure et peuvent peser à moyen terme sur l’activité économique si la consommation des ménages se contracte durablement.
Les résultats du sondage soulignent un point central : la limite entre une amélioration technique de l’inflation et un ressenti populaire favorable n’est pas franchie. Pour transformer la légère détente des prix en une amélioration tangible des conditions de vie, des actions coordonnées sont nécessaires. Elles doivent combiner des mesures de court terme visant à atténuer les effets des hausses sur les ménages vulnérables et des réformes structurelles pour soutenir les revenus et la compétitivité à plus long terme. La perception d’une vie chère reste un indicateur politique et social important ; y répondre influencera la confiance des ménages et les trajectoires de consommation dans les prochains mois.