Gasoil et essence +1,8% en 2025, CA T4 en recul, quatre nouveaux opérateurs
Ventes de carburants au Maroc en 2025 : volumes en hausse mais le T4 montre un repli du chiffre d’affaires
En 2025, neuf distributeurs ont vendu 7,45 milliards de litres de gasoil et d’essence au Maroc (+1,8%) ; au T4 le chiffre d’affaires recule de 3,7% à 17,7 MMDH.
Bilan annuel des ventes 2025
Les neuf sociétés concernées par les accords transactionnels avec le Conseil de la concurrence ont totalisé environ 7,45 milliards de litres de ventes de gasoil et d’essence à fin 2025, contre 7,32 milliards en 2024, soit une progression annuelle de 1,8%. Ce volume consolidé illustre une stabilité relative du marché national des carburants malgré un contexte macroéconomique et énergétique évolutif. La légère hausse des volumes traduit une demande qui reste soutenue mais dont la croissance demeure modérée.
Répartition par type de carburant
Le gasoil continue de dominer le mix des ventes : il a représenté 85 % du volume total vendu en 2025 et 83 % de la valeur des ventes. Cette prépondérance du gasoil souligne la structure de la demande nationale, centrée sur le transport routier de marchandises et le parc automobile diesel. L’essence, bien que présente, constitue une part minoritaire du volume et de la valeur, ce qui influe sur les stratégies commerciales et logistiques des distributeurs.
Performance au quatrième trimestre 2025
Sur le seul quatrième trimestre, les volumes cumulés se sont établis à environ 1,91 milliard de litres, en légère hausse de 0,5 % par rapport aux 1,90 milliard de litres enregistrés au T4 2024. Cette progression marginale indique une stabilisation des ventes en fin d’année. En revanche, en valeur, le chiffre d’affaires généré par ces ventes s’est réduit, passant de 18,4 milliards de dirhams au T4 2024 à près de 17,7 milliards de dirhams au T4 2025, soit une baisse de 3,7 %. Le contraste entre volumes en hausse et chiffre d’affaires en baisse suggère des pressions sur les prix ou des changements dans la composition des ventes (pondération plus forte en gasoil, variations de marge, effets de prix internationaux).
Impact sur le chiffre d’affaires et les marges
La diminution du chiffre d’affaires au quatrième trimestre, malgré des volumes stables, peut résulter d’une combinaison de facteurs : variations des cours internationaux des produits pétroliers, ajustements tarifaires en amont, ou politiques commerciales adoptées par les distributeurs. Une part importante de la valeur étant portée par le gasoil (83 %), toute fluctuation de son prix ou de sa marge impacte fortement le chiffre d’affaires global. Les données 2025 indiquent que les distributeurs ont vendu davantage de litres mais pour une valeur cumulée inférieure sur le T4, une situation qui invite à observer l’évolution des prix et des marges sur les trimestres suivants.
Nouveaux opérateurs et évolution de l’offre
Le nombre d’opérateurs disposant d’un agrément provisoire de reprise en raffinerie pour la distribution de produits pétroliers liquides est passé de 35 à fin 2024 à 39 à fin 2025, marquant l’entrée de quatre nouveaux acteurs sur le marché national. Cette augmentation du nombre d’opérateurs peut renforcer la concurrence sur les réseaux de distribution, affecter les parts de marché des acteurs établis et contribuer à des politiques tarifaires plus agressives. L’arrivée de nouveaux concurrents intervient dans un contexte où les accords transactionnels avec le Conseil de la concurrence encadrent certaines pratiques du secteur.
La montée en nombre des opérateurs pose des questions sur la capacité d’accueil du marché et sur la nécessité d’ajustements réglementaires ou d’investissements en infrastructures logistiques. Elle peut également favoriser une concurrence par les prix, susceptible d’expliquer en partie la baisse du chiffre d’affaires observée au T4 malgré des volumes en hausse.
Les données 2025 fournissent un panorama contrasté : une légère croissance annuelle des volumes, une domination forte du gasoil et un reflux du chiffre d’affaires au dernier trimestre. Le marché de la distribution de carburants au Maroc apparaît donc stable en termes de consommation mais soumis à des pressions sur les prix et à une dynamique concurrentielle renouvelée par l’arrivée de nouveaux opérateurs. Une surveillance continue des évolutions tarifaires, des marges et des flux d’importation sera nécessaire pour comprendre l’impact à moyen terme sur la rentabilité des distributeurs et sur l’offre destinée aux consommateurs.