Hamid Bouchikhi propose une taxe pour les bateaux entre Espagne et Maroc
Hamid Bouchikhi propose une taxe pour les bateaux entre l’Espagne et le Maroc
L’idée d’une taxation sur les navires circulant entre les côtes espagnoles et marocaines, formulée par Hamid Bouchikhi, membre du Conseil supérieur de l’éducation, suscite des débats sur la durabilité environnementale et la navigation maritime.
Un précédent juridique inspirant
Hamid Bouchikhi, tirant parti de sa connaissance acquise au sein de la Commission sur le modèle de développement, évoque le cas du détroit d’Ormuz pour plaider en faveur de sa suggestion. Dans sa déclaration, il souligne que la communauté internationale a permis à l’Iran de percevoir des droits de passage. Ce phénomène pourrait établir un précédent juridique applicable au détroit de Gibraltar, qui connaît un trafic maritime trois fois supérieur à celui d’Ormuz, avec environ 100 000 transits annuels.
Un marché de la pollution maritime
Malgré les lois maritimes internationales interdisant l’entrave à la navigation, la proposition de Bouchikhi repose sur la mise en œuvre du principe du « pollueur-payeur ». Les deux pays côtiers subissent actuellement une pollution massive, notamment due à des émissions de dioxyde de carbone et de particules fines provenant des navires. Ce mécanisme de taxation viserait à compenser cette pollution, en exigeant le paiement de droits d’entrée calculés sur la base des émissions réelles de chaque bateau.
Des coûts basés sur les émissions réelles
Selon les détails fournis, un pétrolier utilisant du fioul lourd serait assujetti à une redevance bien plus élevée qu’un navire fonctionnant au gaz propre. Ce modèle encouragerait les armateurs à adopter des pratiques plus durables et à réduire leur empreinte carbone.
Un levier pour la politique environnementale
En plus d’être une simple taxe, cette initiative se présente comme un outil potentiel au service de la politique environnementale, s’inspirant de la tarification du carbone récemment adoptée par l’Organisation maritime internationale. La vision de Bouchikhi consiste à utiliser les fonds récoltés par cette taxation pour financer la construction d’un tunnel sous-marin, reliant l’Espagne et le Maroc.
Vers une connexion durable et économique
L’objectif ultime de cette proposition ambitionne de créer une alternative de transport durable entre les deux continents. En réduisant les coûts de traversée, ce tunnel sous-marin pourrait transformer les échanges commerce et mobilité entre l’Europe et l’Afrique. En lien avec l’organisation de la Coupe du monde 2030, ce projet a le potentiel d’accélérer le développement infrastructurel de la région.
Des enjeux à débattre
Cette idée, bien qu’innovante, suscite des interrogations quant à sa mise en œuvre. La faisabilité juridique et économique d’une telle taxation devra être examinée de manière approfondie. Les discussions autour de la proposition de Bouchikhi témoigneront non seulement des enjeux environnementaux, mais également des défis politiques à surmonter pour construire un dialogue constructif entre les deux nations.
La proposition pourrait redéfinir la manière dont les pays côtiers gèrent la pollution maritime et financer des infrastructures cruciales tout en préservant la mer Méditerranée.