Ituri (RDC) : plus de 1 000 cas d’Ebola Bundibugyo, violences entravent la riposte
Plus de 1 000 cas d’Ebola en Ituri ; violences et déplacements fragilisent la riposte
RDC — Épidémie d’Ebola Bundibugyo en Ituri : 1 003 cas et 254 décès au 22 juin 2026. Violence, camps et traçage incomplet entravent la riposte sanitaire.
La République démocratique du Congo fait face à une flambée d’Ebola dans la province de l’Ituri qui a franchi la barre des 1 000 cas confirmés au 22 juin 2026. Depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai, les autorités sanitaires rapportent 1 003 infections, 254 décès, 100 guérisons et au moins 365 personnes hospitalisées ou isolées. La situation est aggravée par les violences armées et d’importants mouvements de population, qui compliquent l’accès aux communautés affectées et la mise en place des mesures de contrôle.
Plus de 1 000 cas confirmés en Ituri
Le nombre total de cas a atteint 1 003, chiffre inédit pour la première phase d’une épidémie en RDC ce mois-ci. Les autorités sanitaires indiquent que le bilan pourrait sous-estimer la réalité sur le terrain, de nombreux foyers restant difficiles d’accès. Parmi les personnes déclarées malades, 365 au minimum sont toujours prises en charge dans des structures de soins ou placées en isolement pour limiter la transmission.
Chiffres clés et calendrier de l’épidémie
L’épidémie a été identifiée officiellement le 15 mai 2026. En l’espace d’un peu plus d’un mois, le taux de mortalité déclaré atteint 254 décès. Cent patients ont quitté les centres de traitement après rétablissement. Les responsables de la santé avertissent que le pic de transmission n’est pas encore certain et que des cas continuent d’apparaître, rendant la dynamique de la maladie préoccupante pour les semaines à venir.
Caractéristiques de la souche Bundibugyo et limites thérapeutiques
La flambée est due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique approuvé. Cette absence d’outils thérapeutiques dédiés accroît la dépendance à des mesures classiques de contrôle : identification rapide des cas, isolement, surveillance et renforcement des soins de soutien. Les autorités sanitaires relèvent toutefois que le profil clinique et l’évolution des patients exigent une vigilance renforcée en raison de la virulence et des inconnues liées à cette souche.
Traçage des contacts insuffisant et incertitude sur l’origine
La recherche des contacts a couvert environ 55 % des personnes susceptibles d’avoir été exposées, laissant des lacunes importantes dans la détection et l’isolement des chaînes de transmission. « Si vous voulez contrôler une épidémie, en particulier une épidémie d’Ebola, vous devez connaître le cas index. Nous n’avons pas confiance dans le moment où cette épidémie a commencé », a déclaré le Dr Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, soulignant l’incertitude autour du démarrage réel de la contagion.
Violence armée et camps de déplacés aggravent les risques sanitaires
Les attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF), liées à l’EIIL, ont isolé des villages et forcé des milliers de personnes à fuir vers des camps surpeuplés. Le camp de Kigonze, près de Bunia, accueille plus de 20 000 déplacés ; les autorités locales ont recensé dix décès inexpliqués la semaine dernière et demandé une enquête urgente, même si aucun cas d’Ebola n’a encore été confirmé sur le site. Les conditions de vie étroites et l’accès limité à l’eau et aux services sanitaires font craindre une dissémination rapide si un foyer devait s’y déclarer.
Obstacles logistiques et besoins pour la réponse sanitaire
Outre le traçage incomplet, la riposte est freinée par l’insécurité qui limite les passages des équipes de santé, le manque d’équipement et la difficulté d’installer des centres de traitement dans des zones déstabilisées. Les intervenants sur le terrain doivent concilier mesures de santé publique, protection des civils et accès sécurisé aux populations déplacées. Le renforcement des capacités locales de surveillance, l’augmentation des équipes de terrain et des approvisionnements en matériel de protection restent des priorités identifiées par les responsables sanitaires.
Charite Banza, leader de la société civile en Ituri, a alerté sur la vulnérabilité des populations déplacées : « Si une maladie ou une épidémie devait se propager parmi les milliers de personnes vivant sur ce site, ce serait une véritable catastrophe, compte tenu de nos conditions de vie déjà très précaires. » Les autorités continuent d’appeler à la vigilance et à la coopération des communautés pour signaler les symptômes et faciliter le travail des équipes de santé.
La situation demeure évolutive et dépendra de la capacité à sécuriser l’accès aux zones touchées, à améliorer le traçage des contacts et à intensifier la surveillance dans les camps de déplacés. Des mesures ciblées et une mobilisation accrue des moyens sanitaires sont nécessaires pour limiter la propagation et protéger les populations les plus exposées.