Philip Morris organise Technovation Smoke‑Free à Rabat et promeut les produits sans fumée
Technovation Smoke‑Free à Rabat : plus de 100 décideurs débattent des alternatives sans combustion et de la réglementation
Plus de 100 décideurs, professionnels de santé et experts se sont réunis à Rabat pour discuter des produits sans combustion, de la réglementation et de la souveraineté des politiques de santé.
Plus d’une centaine de responsables publics, professionnels de santé, experts et journalistes venus d’Afrique et du Maghreb se sont retrouvés à Rabat pour Technovation Smoke‑Free, un événement organisé par Philip Morris International (PMI). La réunion, présentée par l’organisateur comme un forum d’échanges, a porté sur la promotion des alternatives sans combustion au tabac, les données scientifiques avancées par l’industrie, et les conditions réglementaires nécessaires pour leur mise à disposition des fumeurs adultes.
Rabat accueille Technovation Smoke‑Free
L’événement, tenu dans la capitale marocaine, a réuni des délégations de plusieurs pays africains et maghrébins. Les organisateurs ont indiqué que l’objectif était d’échanger sur l’innovation technologique, les stratégies de réduction du risque tabagique et les cadres réglementaires. Les interventions ont croisé points de vue d’acteurs industriels, de spécialistes en addictologie et de représentants d’associations de consommateurs.
PMI défend la transition vers les produits sans combustion
Lors de l’ouverture, Tommaso Di Giovanni, vice‑président Communications et Affaires publiques de PMI, a présenté la stratégie du groupe axée sur une transition vers des produits sans fumée. Il a insisté sur l’importance d’adapter l’offre aux spécificités locales et aux attentes des consommateurs adultes, en défendant l’idée d’un portefeuille de produits « fondé sur la science » permettant aux fumeurs d’avoir des alternatives au tabac combustible. Di Giovanni a aussi cité des exemples internationaux, affirmant que certains pays ayant adopté des politiques favorables ont constaté une baisse significative de la consommation de cigarettes traditionnelles.
Arguments scientifiques avancés par l’industrie
PMI a mis en avant des résultats d’études cliniques internes et externes concernant des produits comme IQOS, affirmant que l’exposition à certaines substances toxiques est réduite de 90 à 95 % par rapport à la cigarette combustible. Les intervenants ont rappelé des travaux antérieurs sur la cigarette électronique menant à des conclusions de moindre nocivité relative, et ont souligné que certains produits de nicotine sans vapeur délivrent essentiellement arômes et nicotine. Ces points ont été présentés comme des éléments favorisant le recours à des alternatives pour les fumeurs adultes. Les participants de l’événement ont cependant souligné la nécessité d’évaluations indépendantes et d’une communication claire pour éviter toute confusion dans l’opinion publique.
Réglementation et accès des consommateurs
Taylan Süer, directeur général Maghreb de PMI, a identifié la réglementation comme un levier central pour l’accès des fumeurs adultes aux alternatives sans combustion. Il a salué le Maroc comme un pays avancé selon la perspective de l’entreprise, et a appelé à l’élaboration de cadres réglementaires permettant la disponibilité et la transparence des produits. Les débats ont insisté sur la double exigence de garantir la protection des non‑fumeurs et des jeunes tout en offrant des options aux fumeurs adultes, un équilibre que plusieurs intervenants estiment devoir être défini par les autorités nationales.
Panel sur la souveraineté des politiques de santé
Une session du forum a été consacrée à la souveraineté africaine en matière de santé publique, avec la participation d’experts marocains, tunisiens, libyens et sénégalais. La psychiatre et addictologue Pr Imane Kendili a appelé à des approches adaptées aux réalités locales et aux profils des populations concernées, mettant en garde contre des solutions importées sans adaptation. Ouadi Madih, président de la Fédération nationale des associations de consommateurs, a demandé que les fumeurs adultes disposent d’une information complète et scientifiquement documentée sur les alternatives disponibles, insistant sur le droit à une information transparente.
Les discussions ont mis en lumière des lignes de fracture : d’un côté, des acteurs industriels et certains responsables favorables à un encadrement réglementaire facilitant l’accès aux produits sans combustion; de l’autre, des voix appelant à prudence, validations indépendantes et politiques publiques centrées sur la prévention et la protection des populations vulnérables.
L’événement Technovation Smoke‑Free à Rabat illustre la montée en visibilité du débat sur les alternatives au tabac en Afrique et au Maghreb. Si les organisateurs estiment que le dialogue entre parties prenantes peut favoriser des décisions mieux informées, la question de l’indépendance des évaluations scientifiques, de la protection des non‑fumeurs et de la formulation de cadres réglementaires reste au cœur des tensions. Les autorités nationales sont appelées à trancher souverainement, en s’appuyant sur des avis scientifiques et des politiques publiques qui prennent en compte les contextes sociaux et culturels locaux.