IPC au Maroc : baisse de 0,9% en mai 2026, inflation sous‑jacente ralentie
Inflation au Maroc : l’IPC recule de 0,9% en mai 2026, signe d’un apaisement des pressions
L’IPC recule de 0,9% en mai 2026 au Maroc. Baisse des prix alimentaires et du carburant; inflation annuelle à +1,2%. Conséquences pour la Banque Al-Maghrib.
Les derniers chiffres du Haut‑Commissariat au Plan montrent un recul mensuel de l’indice des prix à la consommation (IPC) de 0,9% en mai 2026, signalant une détente généralisée des pressions inflationnistes au moment où la Banque Al‑Maghrib se réunit pour son conseil trimestriel. Cette évolution résulte principalement de la baisse des prix alimentaires et d’un recul des carburants, mais l’inflation annuelle reste positive à +1,2%, indiquant que le coût de la vie demeure supérieur à celui de mai 2025.
Baisse mensuelle de 0,9% confirmée en mai 2026
Le recul de 0,9% de l’IPC en mai traduit une dynamique mensuelle nette de désinflation. Ce mouvement intervient après les projections publiées par la banque centrale en mars, qui anticipaient une inflation moyenne limitée à 0,8% sur l’ensemble de l’année 2026. La lecture des données renforce l’hypothèse d’un apaisement progressif des prix, tout en laissant subsister des incertitudes, notamment liées à l’évolution des cours de l’énergie sur les marchés internationaux.
Les prix alimentaires en tête du ralentissement
La détente est en grande partie imputable à la chute des prix alimentaires, qui ont diminué de 2,1% mois sur mois. Les légumes ont connu la baisse la plus marquée (-8,6%), suivis des produits de la mer (-3,7%), de la viande (-1,9%) et des produits laitiers (-1,7%). Ce renversement contraste avec les épisodes récents de fortes tensions sur les denrées alimentaires et contribue significativement à l’allégement de la pression sur les dépenses des ménages.
Recul des carburants mais risques énergétiques persistants
Les prix des carburants ont chuté de 3,6% en mai, participant au repli de l’IPC. Toutefois, les autorités et les acteurs économiques restent prudents : la trajectoire future des prix de l’énergie reste sujette à des facteurs externes volatils, comme les prix internationaux du pétrole et les décisions de politique énergétique. Ces incertitudes pourraient remettre partiellement en cause la tendance à la baisse si les cours se redressent.
Transports et autres secteurs maintiennent des pressions
Sur un an, l’inflation reste alimentée par certains postes non alimentaires. Les prix des transports affichent une hausse notable de 8,1% en glissement annuel, faisant de ce secteur le principal vecteur de pressions. D’autres dépenses ont également progressé : restaurants et hôtels (+2,2%), éducation (+2,1%) et biens et services divers (+3,5%). Ces hausses sectorielles expliquent pourquoi, malgré le recul mensuel, l’IPC annuel demeure positif.
Inflation sous‑jacente montre un apaisement plus large
L’indicateur d’inflation sous‑jacente, qui exclut les produits à prix volatils et les prix administrés, a augmenté de 0,3% sur un mois mais recule de 0,1% sur un an. Cette observation indique que le ralentissement des pressions dépasse les seules variations des produits alimentaires et énergétiques : la dynamique sous‑jacente de l’inflation semble se stabiliser, ce qui pourrait conforter la banque centrale dans ses décisions de politique monétaire.
Conséquences pour la Banque Al‑Maghrib et perspectives
Les données publiées à la veille du conseil de la Banque Al‑Maghrib le 23 juin 2026 arrivent au cœur des arbitrages monétaires. L’apaisement des prix et la modération de l’inflation sous‑jacente offrent une marge de manœuvre pour des politiques moins restrictives, mais la banque centrale devra rester vigilante face aux chocs extérieurs, notamment sur l’énergie, et à la persistance des hausses dans certains services domestiques. Les perspectives pour le reste de 2026 dépendront de l’évolution combinée des prix internationaux, des récoltes agricoles et de la demande intérieure.
La baisse mensuelle de l’IPC en mai 2026 constitue un signal encourageant pour la stabilisation des prix au Maroc, mais la lecture des données annuelles et sectorielles rappelle que l’inflation n’est pas encore uniformément résorbée. Les décideurs économiques surveilleront de près les prochains mois pour confirmer que la tendance se poursuit avant d’ajuster durablement les orientations de politique monétaire.