Israël accélère l’annexion et la colonisation à Hébron, Gaza et Cisjordanie
Israël accélère la colonisation: modifications à la mosquée Ibrahimi, légalisation d’avant-postes et extensions du contrôle à Gaza
Mosquée Ibrahimi transformée à Hébron, avant-postes régularisés en Cisjordanie, avancées matérielles le long de la « ligne » à Gaza et bilan humain alarmant dans une nouvelle phase d’expansion.
Cette semaine a vu la mise en œuvre concrète d’un projet d’extension territoriale annoncé plus tôt : des travaux structurels ont débuté à la mosquée Ibrahimi à Hébron, des terres ont été reclassifiées près de Ramallah pour légaliser des implantations, et des avancées matérielles ont étendu le contrôle israélien à l’intérieur de la bande de Gaza. Ces développements s’accompagnent d’une intensification des opérations sur le terrain et d’indicateurs humanitaires en détérioration, tandis que des bilans de victimes recensent un nombre élevé d’enfants parmi les morts depuis octobre 2023.
Travaux à la mosquée Ibrahimi à Hébron
Des engins et des équipes ont été déployés à l’intérieur et autour de la mosquée Ibrahimi, où des poutres en acier ont été posées au-dessus de la cour ouverte, une modification présentée par la direction du lieu comme une altération majeure du caractère historique du site. Parallèlement, l’appel à la prière a été empêché d’être diffusé depuis la mosquée pendant plus d’une semaine, restreignant une pratique religieuse quotidienne et alimentant les tensions locales.
Légalisation d’avant-postes près de Ramallah
Au nord de Ramallah, près de Sinjil, une étendue de 465 dounams (0,465 km²) a été reclassifiée comme terres d’État, décision destinée à intégrer et légaliser rétroactivement un avant-poste devenu colonie officielle en 2023. Cette démarche consolide des infrastructures et des voies d’accès autour de la route 60, transformant un réseau d’avant-postes autrefois considéré comme illégal en un ensemble rattaché au bloc de colonies environnant.
Nouvelles routes, clôtures et avant-postes en Cisjordanie
Des colons ont creusé de nouvelles routes de contournement sur des terres privées, principalement autour de Kobar et Beitillu, et ont installé des clôtures pour saisir des parcelles en vue d’établir un nouvel avant-poste entre al-Mazraa ash-Sharqiya et Kafr Malek. Ces actions modifient la géographie locale et restreignent l’accès de communautés palestiniennes à leurs terres et ressources.
Avancées matérielles et prises de terrain à Gaza
Dans le nord de la bande de Gaza, des bases destinées à accueillir trois colonies ont été proclamées « finalisées » par les responsables de la planification des implantations, qui ont demandé l’approbation gouvernementale. Le long d’une ligne de démarcation matérialisée par des blocs de ciment, les forces ont poussé ces bornes plus à l’ouest, élargissant ainsi la zone sous contrôle. Des rapports font également état du largage d’engins incendiaires ayant provoqué l’incendie de tentes d’évacués, et d’une augmentation des zones classées comme « à accès restreint » à l’intérieur du territoire.
Bilan humain et accusations de ciblage des civils
Un rapport d’enquête international a établi que le nombre d’enfants palestiniens tués entre octobre 2023 et octobre 2025 atteignait plusieurs dizaines de milliers, représentant une part significative des victimes recensées au total. Sur des périodes plus récentes, des jeunes victimes ont encore été signalées : un adolescent de 15 ans tué lors d’un raid près de Ramallah, plusieurs enfants blessés ou tués dans la bande de Gaza par des éclats d’obus et des frappes, et des cas de civils tués dans des zones considérées comme sûres au moment des attaques. Ces éléments nourrissent des accusations de ciblage et de responsabilités qui sont contestées par les parties impliquées.
Violence des colons, réponses judiciaires et démolitions
Les violences infligées par des groupes de colons ont continué dans plusieurs communautés, avec des attaques répétées, des incendies criminels et des appropriations de points d’eau qui ont forcé l’évacuation de populations bédouines locales. Dans quelques cas, des mesures judiciaires ont été engagées : plusieurs colons ont été inculpés pour des incendies et des forces ont démoli des structures dans au moins un avant-poste. Ces actions ont provoqué des protestations de la part de dirigeants des implantations et n’ont pas pour autant interrompu la dynamique d’expansion.
Crise humanitaire et services essentiels menacés
Le fonctionnement des services médicaux et humanitaires est de plus en plus compromis. Environ la moitié des appareils de dialyse seraient hors service faute de pièces et de fournitures, et l’entrée de matériel médical essentiel reste limitée. Les opérations d’aide internationale font face à un financement partiel, et les restrictions d’accès compliquent la livraison de secours vitaux aux populations déplacées et aux malades.
Les développements observés cette semaine traduisent une combinaison de mesures matérielles sur le terrain, de décisions administratives et d’incidents violents qui renforcent l’emprise territoriale dans plusieurs zones contestées. Ces évolutions ont des répercussions immédiates sur l’accès aux soins, la sécurité des civils et la possibilité d’une désescalade durable, tandis que la situation humanitaire continue de se détériorer.