Partenariat Maroc‑France modèle pour l’Afrique après 15 milliards d’échanges en 2025
Paris : le partenariat économique France–Maroc présenté comme un modèle pour l’Afrique
À Paris, la Journée économique France–Maroc met en lumière des échanges record, des investissements croisés et des priorités communes autour de l’industrie, de l’énergie verte et de la formation.
La Journée économique France–Maroc, organisée à Paris par la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Île-de-France et l’Ambassade du Royaume du Maroc, a réuni près de 300 chefs d’entreprise, investisseurs et responsables publics pour dresser le bilan et définir les priorités d’un partenariat jugé « exceptionnel » par Nicolas Forissier, ministre chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité. Face à un auditoire nombreux, le ministre a souligné que la relation bilatérale constitue un modèle pour l’Afrique, fondée sur une vision partagée du commerce et sur une logique « gagnant‑gagnant ». Selon les éléments présentés lors de la session, les échanges commerciaux entre la France et le Maroc ont dépassé les 15 milliards d’euros en 2025, un niveau inédit et le double de ce qu’ils étaient il y a moins d’une décennie.
Un discours axé sur la convergence de valeurs
Nicolas Forissier a centré son intervention sur la convergence des valeurs et des objectifs économiques entre les deux pays. Il a rappelé que l’organisation équitable des échanges crée des opportunités mutuelles, en particulier pour les jeunes générations. Cette approche normative sert, selon lui, de référence pour d’autres partenariats sur le continent africain. Le ministre a insisté sur la complémentarité des économies : le Maroc poursuit une industrialisation et une diversification soutenues, tandis que la France ouvre davantage son marché aux produits « Made in Morocco ».
Chiffres commerciaux et trajectoire de croissance
Les chiffres mis en avant lors de la Journée économique confirment une dynamique soutenue. Les échanges franco‑marocains ont atteint le seuil des 15 milliards d’euros en 2025, résultat d’une croissance continue sur dix ans. Ce chiffre traduit une intensification des flux commerciaux et une densification des chaînes d’approvisionnement entre les deux rives. Pour les autorités françaises, cette progression légitime l’ambition de développer des coopérations plus qualitatives, passant par des co‑investissements et des projets conjoints.
Investissements récents et grands projets industriels
L’événement a également mis l’accent sur les investissements directs français au Maroc, avec des exemples concrets. L’équipementier aéronautique Safran a été cité comme un investissement majeur, avec une enveloppe de 600 millions d’euros dédiée à une nouvelle usine à Casablanca. La France reste le premier investisseur étranger au Maroc, tandis que le Maroc s’affirme comme le premier investisseur africain en France. Cette réciprocité incite les deux pays à encourager davantage d’investissements croisés pour renforcer la profondeur et la résilience du partenariat.
Formation, mobilité et capital humain au cœur du partenariat
Au‑delà des flux commerciaux et financiers, Nicolas Forissier a rappelé que l’élément humain demeure central. Formation, transfert de compétences, mobilité professionnelle et opportunités pour la jeunesse figurent parmi les priorités. Les entreprises sont invitées à investir non seulement dans les infrastructures et la production, mais aussi dans les compétences qui porteront le partenariat demain. La journée a mis en lumière des initiatives visant à développer des cursus professionnels conjoints et des programmes d’échanges pour techniciens et managers.
Nouvelles priorités : énergie renouvelable et hydrogène vert
Parmi les pistes de coopération à développer, le ministre a cité les énergies renouvelables et l’hydrogène vert. Ces secteurs apparaissent comme des opportunités stratégiques pour consolider les chaînes d’approvisionnement et favoriser des projets industriels décarbonés. L’agenda économique ambitieux présenté s’appuie sur les engagements pris dans le cadre du partenariat renforcé scellé en octobre 2024, lors de la visite d’État du Président Emmanuel Macron au Maroc, et comporte des objectifs concrets de diversification énergétique et de co‑développement technologique.
La Journée économique France–Maroc a été organisée en partenariat avec des organismes institutionnels et économiques de premier plan, dont l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE), la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) et Business France, soulignant l’engagement structurel des deux côtés pour faire de cette plateforme un vecteur de projets d’affaires concrets.
Dans un contexte international marqué par des incertitudes, les intervenants ont insisté sur la nécessité de consolider des pôles de stabilité commerciale qui sécurisent les débouchés et les approvisionnements. L’accent mis sur les co‑investissements, la formation et les technologies propres traduit la volonté de transformer les échanges en partenariats durables à valeur ajoutée pour les économies et les sociétés des deux pays.