BCIJ démantèle cellule liée à Daech et intercepte projet d’attentat au Maroc
BCIJ et DGST démantèlent une cellule liée à Daech : dix interpellations et lourdes saisies
BCIJ et DGST démantèlent une cellule liée à Daech : 10 interpellations, saisies d’armes, véhicule 4×4 destiné à un attentat; enquête et expertises en cours.
Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), appuyé par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a procédé lundi matin à une vaste opération contre une cellule terroriste en phase avancée de préparation, stoppant des projets visant l’ordre public et la sécurité des personnes. L’intervention, menée simultanément dans plusieurs villes du Royaume, a permis l’arrestation de dix suspects et la saisie d’un important ensemble d’éléments matériels susceptibles d’être utilisés dans des attaques.
Interventions simultanées dans sept villes
Des équipes de la DGST ont conduit, en coordination avec le BCIJ, des actions d’interpellation et des perquisitions dans les villes d’Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fquih Ben Salah et Safi. Ces opérations ont suivi des filatures et des investigations de terrain, destinées à confirmer la nature et l’ampleur des menaces. Les interventions ont été planifiées pour neutraliser rapidement la cellule et limiter les risques d’action violente sur le territoire national.
Dix interpellations, dont un mineur et un ancien détenu
Au total, dix personnes ont été interpellées, parmi lesquelles figure un ancien détenu condamné en vertu de la législation antiterroriste et un mineur placé sous surveillance pour les besoins de l’enquête. Les principaux suspects ont été placés en garde à vue pendant que les investigations se poursuivent sous la supervision du parquet chargé des affaires de terrorisme, afin d’approfondir les éléments recueillis et d’identifier d’éventuelles ramifications nationales et internationales.
Saisies d’armes, tenues et supports numériques
Les perquisitions domiciliaires, menées dans le strict respect des formalités légales, ont permis la saisie d’armes blanches, de tenues d’inspiration militaire ainsi que de supports numériques contenant des contenus à caractère extrémiste. Parmi ces éléments figurent des enregistrements comportant des textes d’allégeance à l’organisation dite «Daech» et des menaces explicites visant la commission d’actes subversifs à l’intérieur du Royaume. Des manuscrits décrivant des modes de fabrication d’engins explosifs ont également été découverts.
Découverte d’un 4×4 transformé et matériels susceptibles d’être explosifs
Une perquisition dans un entrepôt à Inezgane a mis au jour un véhicule 4×4 dont le réservoir avait été modifié pour fonctionner au gaz butane, destiné apparemment à être utilisé dans un attentat suicide ou une attaque à la voiture bélier. Les recherches ont également conduit à la saisie de bonbonnes de gaz, d’autocuiseurs — certains remplis de clous et raccordés à des circuits électriques — ainsi que d’un poste à souder, d’interrupteurs, de petites ampoules et d’un ensemble de substances chimiques solides et liquides. Ces éléments feront l’objet d’expertises techniques et scientifiques pour déterminer leur composition et leur usage prévu.
Procédures de sécurité et intervention des démineurs
Un protocole de sécurité a été activé immédiatement après la découverte du véhicule et des matériaux dangereux : évacuation des riverains, mise en place d’un périmètre de sécurité et interventions spécialisées. Une équipe de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) chargée du déminage a examiné le véhicule à l’aide de robots téléguidés et de capteurs de haute précision afin d’évaluer le risque et d’autoriser les constatations techniques ultérieures sur la scène. Ces mesures ont permis de sécuriser la zone avant la poursuite des investigations judiciaires.
Liens opérationnels avec la branche sahélo‑saharienne de Daech
Les éléments d’enquête indiquent que la cellule avait prêté allégeance à la direction de l’organisation «Daech» et entretenu des contacts directs avec des responsables de sa branche dans la région sahélo‑saharienne. Des directives auraient été reçues pour maintenir les suspects au Maroc afin d’y exécuter des actions terroristes et subversives, avec un projet initial de déplacement ensuite vers des zones tenues par l’organisation. La répartition des rôles au sein du groupe — sélection des cibles, repérage, acquisition de matériaux — reflète une organisation planifiée et adaptée aux instructions reçues.
Les autorités judiciaires et les unités spécialisées poursuivent les investigations pour éclaircir l’ensemble des ramifications, procéder aux expertises scientifiques et identifier d’éventuels complices ou facilitateurs. Les mesures prises ont permis d’empêcher des attaques imminentes et de neutraliser une menace coordonnée sur le territoire national.