Gaza à 1 000 jours de guerre, plus de 90 % détruite et 73 098 tués
Mille jours de conflit : Gaza en grande partie détruite, nouvelles tensions et déplacements en Cisjordanie
Au 1 000e jour du conflit, Gaza largement détruite et lourd bilan. En Cisjordanie, colonisation, démolitions et checkpoints aggravent les déplacements des civils.
Le conflit a franchi, cette semaine, le seuil symbolique des 1 000 jours, marqué par un bilan humain élevé et des destructions massives dans la bande de Gaza, tandis que la Cisjordanie connaît une intensification des implantations, des démolitions et des restrictions de circulation. Les rapports et évaluations publiés au cours des derniers jours indiquent une situation humanitaire aiguë, une crise des soins médicaux et des déplacements de population en hausse.
Bilan humain et destructions à Gaza
Le bilan cumulative du conflit continue de s’alourdir : depuis le cessez-le-feu d’octobre, plus d’un millier de personnes ont été recensées parmi les victimes, et le total des morts depuis octobre 2023 atteint des dizaines de milliers. Parallèlement, une part très importante de l’infrastructure civile de la bande de Gaza est désormais réduite en ruines, avec des quartiers entiers détruits et des services essentiels gravement perturbés.
Frappes récentes et victimes civiles
Les opérations militaires et les frappes aériennes se sont poursuivies pendant la période anniversaire. Le 1er juillet, une frappe de drone a entraîné la mort d’au moins trois personnes près d’une station locale, et plusieurs autres frappes dans les jours suivants ont fait de nouvelles victimes, dont des enfants. Des bombardements ont atteint des zones où étaient installées des tentes abritant des personnes déplacées, aggravant encore la précarité des populations vulnérables et augmentant le nombre de blessés nécessitant des soins urgents.
Crise des soins de santé et détention de personnels médicaux
Les hôpitaux de l’enclave, déjà privés de nombreux équipements et fournitures, sont devenus des lieux de mobilisation pour des patients et des familles demandant la levée des restrictions sur les évacuations médicales. Plusieurs dizaines de milliers de personnes attendraient encore des autorisations de sortie via le point de passage de Rafah pour accéder à des soins non disponibles localement. Par ailleurs, l’état de santé de certains cadres médicaux détenus depuis plusieurs mois se serait fortement détérioré après de longues périodes d’incarcération, ce qui suscite des inquiétudes supplémentaires pour l’accès aux soins et la protection du personnel médical.
Transfert d’autorité et projet de reconstruction
Sur le plan politique et administratif, des discussions internationales ont abordé des plans de « reconstruction temporaire » pour des zones de Gaza considérées comme libérées du contrôle armé. Un gouvernement local a annoncé sa démission et l’intention de transférer l’autorité à un comité technocratique chargé d’assurer l’administration provisoire, sous réserve de garanties et de capacités opérationnelles. Les responsables de ce comité ont insisté sur la nécessité d’une autorité gouvernementale unifiée et d’une force unique pour garantir la sécurité et la mise en œuvre des travaux, conditionnant ainsi toute remise en place effective des responsabilités.
Expansion des implantations et mesures administratives en Cisjordanie
Les dernières décisions administratives dans les territoires occupés ont inclus l’approbation de nouveaux projets de construction et l’établissement de colonies supplémentaires dans des zones stratégiques du centre de la Cisjordanie. Des travaux symboliques ont été lancés sur des sites qui étaient auparavant d’usage civil, et des plans ont été présentés pour légaliser ou étendre des avant-postes pastoraux. Les tendances récentes montrent une augmentation notable du rythme d’implantation au cours des dernières années, notamment une montée significative du nombre d’avant-postes créés entre 2023 et 2025.
Checkpoints, violences et déplacements en Cisjordanie
Sur le terrain, le renforcement du système de portes et de points de contrôle se traduit par des entraves aux déplacements et, selon plusieurs bilans, par des conséquences humanitaires directes. Des blocages de routes et des fermetures de villes ont été rapportés, tandis que des incidents impliquant des colons et des forces de sécurité ont provoqué des expulsions, des agressions et des dégâts matériels. Des démolitions de structures publiques et privées ont également eu lieu au cours de la semaine, contribuant à augmenter le nombre de personnes déplacées en Cisjordanie. Pour l’année en cours, les mouvements de population forcée se comptent par milliers, dont un pourcentage élevé d’enfants, et de nombreuses communautés ont subi des déplacements totaux ou partiels depuis 2023.
La conjonction des destructions à Gaza, des restrictions d’accès aux soins, des détentions prolongées, de l’intensification des implantations en Cisjordanie et de la multiplication des points de contrôle crée un environnement de crise humanitaire et politique. Les perspectives immédiates restent liées à l’évolution des conditions sécuritaires sur le terrain, à la capacité des acteurs concernés à garantir l’accès humanitaire et à la définition d’un cadre administratif qui permettrait de relancer des opérations de reconstruction tout en protégeant les populations civiles.