Rapport ONU présidé par Muralidhar: 20 179 enfants palestiniens tués à Gaza
Le juge Srinivasan Muralidhar préside l’enquête de l’ONU après le rapport sur la mort de 20 179 enfants à Gaza
Srinivasan Muralidhar dirige l’enquête de l’ONU publiée le 23 juin 2026 : le rapport de 94 pages accuse la mort de 20 179 enfants à Gaza et recommande l’arrêt des transferts d’armes.
Le juge à la retraite Srinivasan Muralidhar, 64 ans, préside la commission d’enquête indépendante de l’ONU qui, dans un rapport publié le 23 juin 2026, conclut que la guerre à Gaza depuis octobre 2023 a entraîné la mort d’au moins 20 179 enfants palestiniens. Le document de 94 pages recense également plus de 44 000 enfants blessés et environ 58 000 enfants devenus orphelins, et décrit des frappes ciblées, un blocus de l’aide humanitaire et des attaques contre des infrastructures de santé maternelle et néonatale. La commission demande notamment aux États de suspendre les transferts d’armes vers les forces impliquées et d’engager des poursuites contre responsables présumés.
Publication du rapport et chiffres clés
Le rapport publié le 23 juin 2026 couvre la période d’octobre 2023 à octobre 2025 et présente des constats chiffrés qui marquent l’ampleur de la crise humanitaire : 20 179 enfants tués, plus de 44 000 blessés et près de 58 000 orphelins. Les enquêteurs documentent des frappes de tireurs d’élite et de drones, un accès humanitaire gravement restreint ayant favorisé la famine et la maladie, ainsi que des attaques mettant en danger les nouveau-nés et les maternités.
Accusations formelles et recommandations de la commission
La commission a formulé des recommandations robustes : arrêt immédiat des transferts d’armes vers les entités impliquées dans des violations susceptibles de constituer des crimes graves, et arrestation des personnes faisant l’objet de mandats internationaux, y compris des responsables visés par la Cour pénale internationale. Le rapport note qu’il existe des motifs raisonnables pour conclure à l’existence d’actes pouvant relever du droit pénal international et appelle la communauté internationale à engager des mesures de responsabilisation.
Réactions officielles et discours politiques
Le gouvernement israélien a rejeté l’ensemble des conclusions, qualifiant le rapport d’imposture et accusant la commission d’ignorer les victimes israéliennes et la pratique, attribuée au Hamas, d’utiliser des civils comme boucliers. Parallèlement, des déclarations publiques de responsables politiques israéliens depuis octobre 2023 ont alimenté la controverse et les tensions. La commission a, de son côté, réfuté l’idée que la majorité des enfants tués étaient engagés dans des hostilités, soulignant que beaucoup ont péri dans des activités civiles quotidiennes.
Liens commerciaux entre l’Inde et Israël mis en perspective
Le rapport et la présidence de Muralidhar prennent place dans un contexte de relations économiques croissantes entre l’Inde et Israël. Depuis 2014, l’Inde est devenue l’un des principaux acheteurs d’armement israélien, avec des entreprises indiennes associées à la production de drones et d’autres technologies militaires. Des coentreprises et des acquisitions impliquant des groupes indiens ont alimenté les débats sur la responsabilité des États et des entreprises exportatrices d’armement lorsque leurs produits sont employés dans des conflits.
Parcours judiciaire de Muralidhar et transfert controversé
Ancien juge de la Haute Cour de Delhi et ancien juge en chef de la Haute Cour d’Orissa, Muralidhar est connu pour sa défense des droits civils et pour plusieurs jugements marquants, notamment dans des affaires de violences intercommunautaires et de droits des victimes d’accidents industriels. En février 2020, il a ordonné des mesures d’urgence pendant des émeutes à New Delhi et, quelques jours plus tard, le gouvernement a émis un ordre de transfert nocturne qui l’a envoyé à une autre juridiction — décision perçue par certains observateurs comme une sanction pour son indépendance. Sa carrière montre une trajectoire de militantisme judiciaire et de décisions qui ont parfois suscité des réactions politiques.
Enjeux internationaux et perspectives de responsabilité
Le rapport amplifie la pression sur les États tiers, les institutions judiciaires internationales et les entreprises liées au matériel militaire. La commission souligne que la responsabilité ne se limite pas aux frontières d’un État : tout pays ou entreprise dont les actions ou exports alimentent un conflit peut être concerné. Les appels à des enquêtes nationales, à des sanctions ciblées et à des interdictions d’exportation d’armes figurent parmi les mesures préconisées pour prévenir de nouvelles violations et assurer des poursuites effectives.
Après une carrière de près de quarante ans dans le droit, Muralidhar a exprimé que l’enquête représentait une occasion de mettre en lumière les failles des mécanismes juridiques internationaux et de rechercher des voies de responsabilité. Le rapport, ses recommandations et les réactions politiques qu’il suscite vont probablement intensifier les débats internationaux sur la protection des civils en temps de guerre et sur les obligations des États et des entreprises face aux droits fondamentaux des enfants.