Premier forum à Rabat pour la décarbonation de l’industrie agroalimentaire marocaine
Rabat accueille le premier Forum marocain sur la décarbonation de l’industrie agroalimentaire
Le 30 juin à Rabat, Fenagri a réuni acteurs publics et privés au forum Maroc Food Industry Decarbonation pour définir voies de décarbonation du secteur.
Un forum inaugural à Rabat
La Fédération nationale de l’industrie agroalimentaire (Fenagri) a organisé le 30 juin à Rabat le premier Forum Maroc Food Industry Decarbonation, une rencontre dédiée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agroalimentaire. L’événement a rassemblé responsables d’entreprises, représentants institutionnels, experts techniques et acteurs de la finance afin d’examiner les priorités, les technologies disponibles et les mécanismes de soutien nécessaires pour accélérer la transition bas-carbone.
Thèmes centraux abordés lors des sessions
Les discussions ont porté sur la mesure des émissions, l’efficacité énergétique des sites de production, le recours aux énergies renouvelables, l’optimisation des procédés industriels et la gestion des déchets organiques. Les intervenants ont insisté sur l’importance d’un inventaire carbone fiable au niveau des entreprises comme préalable à toute stratégie de réduction, ainsi que sur la nécessité d’intégrer la décarbonation dans les plans d’investissement et les stratégies d’achat.
Axes techniques et innovations en débat
Le forum a mis en lumière plusieurs leviers techniques : amélioration des rendements énergétiques, modernisation des lignes de production, électrification des procédés lorsqu’elle est pertinente, valorisation énergétique des coproduits, et recours à des énergies renouvelables sur site ou via des contrats d’achat d’électricité verte. L’innovation dans la chaîne du froid, l’emballage et la logistique durable a également été présentée comme un vecteur majeur de réduction des émissions indirectes.
Solutions de financement et instruments économiques
La question du financement a occupé une place centrale. Les participants ont exploré les instruments publics et privés susceptibles d’accompagner les investissements : subventions ciblées, prêts verts, garanties publiques, contrats de performance énergétique et partenariats public-privé. Les intervenants ont souligné la nécessité d’un cadre financier clair et accessible pour les PME agroalimentaires, souvent limitées par des capacités d’investissement réduites et par des coûts initiaux élevés des technologies bas-carbone.
Cadre réglementaire et rôle des pouvoirs publics
Les débats ont insisté sur le rôle des autorités pour créer des signaux réglementaires et fiscaux favorables à la transition. Parmi les pistes évoquées figurent des incitations fiscales pour l’adoption d’équipements efficients, des normes de performance énergétique adaptées au secteur, ainsi que des dispositifs d’accompagnement technique et de formation. La coordination entre ministères, agences de l’énergie et organisations sectorielles a été présentée comme essentielle pour assurer une mise en œuvre cohérente et progressive.
Impacts sur les chaînes d’approvisionnement et la compétitivité
La décarbonation du secteur agroalimentaire a été analysée sous l’angle de la compétitivité : réduire l’empreinte carbone peut devenir un avantage commercial sur les marchés export et auprès des consommateurs sensibles aux enjeux climatiques. Toutefois, les entreprises doivent gérer le risque de hausse des coûts unitaires à court terme et intégrer des stratégies de différenciation, de valorisation des produits durables et d’efficacité logistique pour préserver leur marge.
Les conclusions du forum ont appelé à des actions concertées et à un calendrier opérationnel comprenant des diagnostics sectoriels, des programmes pilotes et des outils de financement adaptés, avec un suivi des résultats et des indicateurs de performance carbone. Les participants ont convenu de poursuivre le dialogue entre acteurs publics et privés afin d’élaborer des feuilles de route sectorielles et des dispositifs d’appui technique.
Ce forum inaugural marque une étape dans la prise de conscience collective et la structuration d’une feuille de route pour la décarbonation de l’industrie agroalimentaire au Maroc, posant les bases d’actions concrètes à court et moyen terme pour aligner la filière sur des objectifs de durabilité et de compétitivité.