Albanie enquête sur faux titres liés au projet balnéaire de Kushner et manifestations
Enquête en Albanie sur des titres fonciers falsifiés liés à une station soutenue par Jared Kushner
SPAK enquête en Albanie sur des titres fonciers falsifiés liés à une station soutenue par Jared Kushner, provoquant des manifestations massives et gel d’actifs.
Le 11 juillet 2026, la Structure spéciale contre la corruption et le crime organisé (SPAK) a ouvert une enquête sur des titres de propriété jugés falsifiés pour une portion du littoral protégé destinée à une station balnéaire soutenue par Jared Kushner. L’affaire ajoute une nouvelle dimension juridique à un projet qui alimente depuis des mois une contestation populaire et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.
Détail de l’enquête et pièces compilées
Les dossiers de la SPAK, rassemblant environ 200 pages, identifient un transfert de terrain réalisé en avril par un homme d’affaires basé à Miami, Artur Shehu, au bénéfice d’une entité nommée Albany Land Development, liée au projet. Les procureurs examinent la validité des titres de propriété et recherchent des éléments montrant que des documents auraient été falsifiés pour dissimuler l’origine des fonds ayant servi à l’acquisition.
Accusations de blanchiment et gel d’actifs
Les magistrats allèguent que des produits du trafic de stupéfiants auraient été redirigés vers l’achat de biens en Albanie et que des titres falsifiés ont servi à masquer ces flux. En lien avec l’enquête, près de 110 millions d’euros ont été gelés sur le compte d’un notaire. Des mandats d’arrêt distincts visant des personnes accusées de trafic de stupéfiants et de blanchiment ont été lancés le même jour, selon les documents judiciaires.
Défense de l’accusé et position de la famille
L’avocat d’Artur Shehu a rejeté fermement les accusations, affirmant que son client avait vendu des terres détenues par sa famille depuis l’époque ottomane et qu’il n’était ni trafiquant ni faussaire. L’avocat a également indiqué que Shehu avait obtenu l’asile aux États-Unis à la fin des années 1990 après des violences ciblées contre des membres de sa famille. Les avocats contestent la portée du mandat d’arrêt et évoquent des motifs politiques potentiels derrière l’action judiciaire.
Mobilisation populaire et symbolique des flamants roses
Le projet, qui concerne des zones humides abritant tortues marines et flamants roses, a déclenché un mouvement de protestation nocturne qui a débuté en mai et s’est rapidement transformé en un soulèvement aux revendications élargies. Les manifestants ont adopté le flamant rose comme symbole et réclament, au-delà de l’arrêt du projet, la démission du gouvernement, accusé de connivence avec des intérêts privés. Les rassemblements ont été marqués par des affrontements ponctuels : la police a employé gaz lacrymogènes et canons à eau, entraînant des blessés et des arrestations.
Voies judiciaires parallèles et oppositions locales
Des habitants riverains ont mené séparément, pendant une décennie, une procédure judiciaire contestant la prétendue propriété du terrain par Shehu, présentant titres et documents fiscaux qu’ils estiment prouver leur prédominance. Des propriétaires fonciers locaux assurent avoir prévenu que la cession des terres serait contestée et ont exprimé leur détermination à défendre leur droit au bénéfice des collectivités. Ces contentieux civils s’ajoutent à l’enquête pénale, compliquant la trajectoire administrative du projet.
Le gouvernement en place rejette les accusations de clientsélisme et présente le dossier comme conforme aux lois nationales et aux normes européennes. De leur côté, les promoteurs ont déjà publié des rendus montrant hôtels, villas et marinas, mais le calendrier des travaux reste incertain à la lumière des investigations et des mobilisations. La persistance des contestations et les procédures judiciaires ouvertes rendent improbable une accélération du projet à court terme.