Le Maroc défend le zellige face à l’appropriation culturelle algérienne à l’UNESCO
Le Maroc défend le zellige face à l’Algérie : un enjeu patrimonial majeur
Alors que les tensions entre le Maroc et l’Algérie s’intensifient, le royaume chérifien s’engage dans une lutte pour préserver la propriété culturelle du zellige. Cette mosaïque marocaine, emblématique de l’artisanat et du patrimoine du pays, est mise en lumière dans un contexte de rivalité patrimoniale.
Contexte de la rivalité culturelle
Le conflit autour du zellige a été exacerbé par la récente candidature de l’Algérie à l’UNESCO pour faire reconnaître “l’art de l’ornementation architecturale en zellidje” comme patrimoine immatériel de l’humanité. Pour le Maroc, cette démarche est perçue comme une appropriation d’un art profondément ancré dans son histoire et sa culture.
Réactions marocaines
Dans un reportage de Le Figaro, le Maroc a réagi vigoureusement à cette initiative algérienne, provoquant un électrochoc dans les cercles gouvernementaux. Face à cette provocation, les autorités marocaines s’efforcent de rassembler des éléments pour constituer un dossier solide en vue d’une candidature propre à l’UNESCO d’ici 2027. Cet acte engagé vise à faire reconnaître le zellige comme un patrimoine vivant, vital pour l’identité culturelle marocaine.
Importance économique du zellige
Le zellige ne se limite pas à une simple décoration ; il incarne l’esthétique et l’économie du Maroc. Plusieurs milliers d’artisans, principalement basés à Fès, Tétouan et Marrakech, perpétuent les techniques ancestrales de fabrication. La ville de Fès à elle seule génère des exportations dans ce secteur s’élevant à environ 256 millions de dirhams. De plus, les artisans marocains travaillent pour des mosquées dans le Golfe et des boutiques de luxe en Europe, prouvant ainsi la portée globale de cet art.
Organisations et protections en cours
En réponse à la candidature algérienne, le gouvernement marocain intensifie ses efforts pour catégoriser et protéger ce savoir-faire unique. Les ministères de la Culture et de l’Artisanat mettent en place des labels, des inventaires régionaux et des formations pour verrouiller juridiquement ce patrimoine. Ces initiatives visent à assurer que le zellige reste incontestablement lié au Maroc.
Histoire et héritage du zellige
Le zellige est le fruit d’un savoir-faire ancestral que les artisans, appelés maalems, continuent de transmettre de génération en génération. À Fès, par exemple, des maîtres artisans dessinent, découpent et assemblent les tuiles à la main, conservant ainsi la richesse des méthodes traditionnelles. Ce patrimoine artisanal est essentiel non seulement pour la préservation des techniques, mais aussi pour maintenir un lien profond avec l’identité marocaine.
À l’intersection de la culture et de l’identité
Cette lutte pour la reconnaissance du zellige est bien plus qu’une simple querelle esthétique ; elle touche aux questions d’identité et de patrimoine culturel. Rabat prévoit de mettre en avant la singularité de son zellige, qui dépasse le simple ornement. En s’armant d’archives, d’experts et d’un secteur organisé, le Maroc prépare une réaction musclée à cette lutte.
Une bataille culturelle en cours
La polémique autour du zellige s’inscrit dans une série de conflits culturels entre le Maroc et l’Algérie. La récente bataille sur le caftan et les disputes sur les designs de vêtements témoignent de l’importance de la culture dans ces relations bilatérales. Le Maroc, fort de son histoire et de son riche héritage, semble déterminé à ne pas laisser ses symboles patrimoniaux se perdre dans les méandres de l’appropriation culturelle.
En fin de compte, la défense du zellige est essentielle pour préserver une partie intégrante de l’identité marocaine et pour assurer que cet art unique et vivant continue à être reconnu comme faisant partie du patrimoine marocain.