Famille du Dr Hassan Almukayed détenu sans inculpation à Gaza réclame sa libération
Gaza : le Dr Hassan Almukayed détenu depuis le 25 octobre 2024, sa famille survit sous une tente à al‑Mawasi
Dr Hassan Almukayed, chirurgien de Jabalia, est détenu depuis le 25 octobre 2024 sans inculpation. Sa femme et leurs trois enfants vivent maintenant à al‑Mawasi.
Le Dr Hassan Khalil Almukayed, chirurgien vasculaire né en 1972 dans le camp de Jabalia, est détenu par les autorités israéliennes depuis le 25 octobre 2024. Sa détention, sans inculpation formelle, dure depuis près de 21 mois au 15 juillet 2026, tandis que sa femme, Nadia, et leurs trois enfants tentent de reconstruire une vie précaire dans un camp de personnes déplacées à al‑Mawasi, près de Khan Younis. La disparition de Hassan intervient après l’assaut sur l’hôpital Kamal Adwan, où il travaillait et où la famille s’était retrouvée coincée lors des opérations militaires d’octobre 2024.
Arrestation et durée de la détention
Hassan Almukayed a été arrêté le 25 octobre 2024 au sein de l’hôpital Kamal Adwan alors que l’armée exigeait l’évacuation du secteur nord. D’abord placé à Sde Teiman pendant environ sept mois, il a été ensuite transféré en juin 2025 vers la prison dite de Ktziot, dans le Néguev, où sont regroupés plusieurs autres professionnels de santé palestiniens. Son frère Mahmoud, également détenu, a été libéré en octobre 2025 dans le cadre d’un échange de prisonniers, mais Hassan est demeuré sous garde. Les autorités maintiennent sa détention sur la base de dispositions permettant la rétention indéfinie de personnes qualifiées de combattants illégaux, sans procès public.
Conditions de détention et état de santé
Les proches et les avocats rapportent des conditions de détention difficiles et des restrictions de visite. Selon ces récits, les cellules de Sde Teiman étaient éclairées en permanence et le sommeil strictement encadré. Hassan, diabétique et hypertendu, aurait été privé périodiquement de ses médicaments et aurait souffert d’infections de peau non traitées. Sa famille indique qu’il a perdu un poids important depuis son arrestation. Les visites d’avocat ont été limitées : les conseils juridiques disent l’avoir rencontré rarement au cours des derniers mois, la dernière visite remontant à janvier avant une suspension des visites liée à des tensions régionales fin février.
Occupation de l’hôpital Kamal Adwan et évacuations forcées
Lorsque les forces militaires ont investi Kamal Adwan, les familles présentes ont été sommées de se diriger vers le sud à pied. Les équipes médicales ont été appelées à retourner à leurs postes selon les ordres donnés sur place; plusieurs médecins ont refusé d’abandonner des nouveau‑nés et des patients gravement blessés lors de l’évacuation. La prise de l’hôpital a entraîné l’arrestation de dizaines de membres du personnel soignant et la fermeture ou la dégradation des services, laissant le nord de Gaza avec des capacités médicales grandement réduites et poussant d’innombrables civils vers le sud.
Conséquences familiales et décès du père
La famille d’Hassan a payé un lourd tribut. Le père, Khalil Almukayed, s’était retrouvé lui aussi piégé à l’intérieur de l’hôpital et a été libéré après une brève détention, dans un état jugé très affaibli par ses proches. Quelques mois après sa libération, il est décédé, un événement dont Hassan n’aurait pas été informé par souci de protéger sa santé en détention. Nadia, contrainte de fuir avec leurs trois enfants — Muhammad, 13 ans, Malak, 11 ans, et Hala, 8 ans — survit en enseignant les mathématiques pour une agence humanitaire et en s’appuyant sur l’entraide familiale. La maison familiale à Jabalia a été réduite en ruines, et la vie quotidienne s’organise désormais dans une tente.
Parcours professionnel et réputation locale
Originaire de Jabalia, Hassan a étudié la médecine en Roumanie, exercé un temps en Suède, puis est revenu à Gaza en 2010 pour prendre soin de ses parents et établir une clinique au domicile familial. Il était connu dans son quartier comme « le médecin » : consultations gratuites, disponibilité nocturne et soins prodigués quel que soit le statut des patients. Après que sa voiture eut été détruite par des frappes, il continuait à se rendre à l’hôpital en utilisant une charrette tirée par un âne. Sa pratique et sa réputation auprès des habitants du camp ont renforcé l’angoisse de la communauté depuis son arrestation.
La détention prolongée des professionnels de santé a des répercussions concrètes sur l’accès aux soins dans la région. Les proches d’Hassan et les défenseurs des droits civiques dénoncent la privation de soins et les conditions de détention, tandis que la famille multiplie les démarches juridiques et les appels en faveur d’un retour à la liberté. Les enfants d’Hassan grandissent sans la présence quotidienne de leur père, et leur mère gère à la fois le traumatisme psychologique et la responsabilité matérielle d’un foyer fragmenté. Malgré l’incertitude, la famille continue d’espérer des développements favorables et de maintenir le contact avec Hassan par l’intermédiaire de ses représentants légaux lors des rares visites autorisées.