Épidémie d’Ebola en RDC accélère selon l’OMS et l’Ouganda libère son dernier patient
Ebola en RDC progresse plus vite que jamais; l’Ouganda libère son dernier patient et lance le compte à rebours
Ebola en RDC dépasse 2 000 cas confirmés en deux mois; l’Ouganda annonce la sortie du dernier patient et entame une période de 42 jours pour déclarer la fin de l’épidémie.
L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) a atteint un nouveau palier alarmant, avec plus de 2 000 cas confirmés en seulement deux mois et près de 800 décès recensés. Tandis que la propagation s’accélère dans plusieurs provinces, les autorités sanitaires régionales signalent des failles dans la détection des chaînes de transmission. À l’inverse, l’Ouganda voisin a annoncé la sortie de son dernier patient, déclenchant un délai de 42 jours à l’issue duquel le pays pourra être déclaré exempt d’Ebola s’il ne signale aucun nouveau cas.
Propagation plus rapide que lors de précédentes épidémies
L’actuelle flambée a dépassé la barre des 2 000 cas confirmés en un temps record, bien plus rapidement que lors de l’épidémie de 2018-2020 qui avait mis plus de dix mois pour atteindre le même seuil. Ce rythme d’accroissement place la crise actuelle parmi les plus importantes jamais observées dans la région, et les responsables internationaux mettent en garde contre une propagation encore plus rapide si les chaînes de transmission ne sont pas rompues.
Bilan chiffré et incertitudes sur le total réel
Le bilan officiel enregistré rapporte 2 073 infections confirmées et environ 796 décès. Les autorités sanitaires estiment toutefois que le nombre réel de personnes infectées pourrait être au moins le double, en raison de cas non détectés ou non signalés. Parallèlement, 377 personnes ont été déclarées guéries après prise en charge, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic précoce et d’un accès aux soins pour améliorer les chances de survie.
Zones affectées et origine déclarée de l’épidémie
La 17e épidémie d’Ebola en RDC a été déclarée le 15 mai dans la province d’Ituri, une région du nord-est riche en ressources minières et marquée par la présence de groupes armés. Des cas ont depuis été identifiés dans au moins cinq provinces différentes, mais la majorité des infections demeure concentrée en Ituri, où les contraintes sécuritaires et logistiques compliquent les opérations de santé publique.
Chaînes de transmission manquées et défis de traçage
Plus de 80 % des nouveaux cas détectés récemment ne figuraient pas dans les listes de contacts connues, indiquant que des chaînes de transmission échappent encore aux dispositifs de surveillance. Cette situation complique le ciblage des vaccinations et des interventions rapides, et accroît le risque de foyers secondaires difficiles à maîtriser. Les autorités insistent sur la nécessité d’intensifier le traçage, la surveillance communautaire et la sensibilisation pour repérer et isoler les cas plus tôt.
Tensions à Bunia et impact sur les services de santé
Les efforts de contrôle sont en outre perturbés par des tensions locales : à Bunia, l’entrée de l’hôpital général a été bloquée par une grève du personnel soignant. Le personnel affirme ne pas avoir reçu de rémunération depuis le début de l’épidémie, soulignant des conditions de travail extrêmement difficiles et un fort épuisement. Ces mouvements sociaux dans les établissements de santé risquent d’affaiblir encore la capacité locale à répondre à la crise et à assurer des soins de qualité aux patients atteints d’Ebola et à d’autres malades.
Situation en Ouganda et compte à rebours de 42 jours
Contrairement à la RDC, la situation en Ouganda montre des signes d’amélioration. Le dernier patient atteint d’Ebola, un ressortissant congolais, a été libéré et renvoyé auprès de sa famille, déclenchant le délai de 42 jours prévu par les protocoles sanitaires. L’Ouganda a enregistré au total 20 cas de la souche Bundibugyo depuis la mi-mai, dont quinze importés depuis la RDC, et n’a rapporté aucun nouveau cas depuis le 22 juin. Si aucune nouvelle infection n’est détectée d’ici la fin du délai, le pays pourra être déclaré exempt d’épidémie.
Les autorités sanitaires et les partenaires opérationnels insistent sur la double nécessité d’intensifier la réponse en RDC — via le renforcement du traçage, des vaccinations ciblées et le soutien aux hôpitaux — tout en maintenant la vigilance aux frontières et les mesures de surveillance dans les pays voisins pour prévenir de nouvelles importations. La situation reste évolutive et dépendra en grande partie de la capacité à détecter rapidement les cas, à protéger les équipes de santé et à rétablir des services hospitaliers stables dans les zones les plus touchées.