HCP prévoit croissance de 4,8% en 2026 portée par le rebond agricole
Le HCP maintient sa prévision de croissance à 4,8% en 2026, portée par un fort rebond agricole
Le HCP prévoit une croissance de 4,8% en 2026, portée par un rebond agricole (+19,1% de VA) et une production céréalière estimée à près de 90 millions de quintaux.
Le Haut-Commissariat au Plan présente, dans son budget économique exploratoire, une projection confirmant une croissance économique de 4,8% pour 2026, quasiment au même niveau qu’en 2025. Ce maintien de la trajectoire de croissance est principalement attribué au redressement marqué du secteur agricole après une campagne 2025-2026 caractérisée par des précipitations abondantes et bien réparties. La valeur ajoutée agricole afficherait ainsi une hausse estimée à 19,1%, portée notamment par une récolte céréalière proche de 90 millions de quintaux, un volume susceptible d’avoir des répercussions significatives sur la balance commerciale, les stocks nationaux et les prix à la consommation.
Croissance attendue et contribution sectorielle
La prévision de 4,8% repose sur un effet de rattrapage agricole combiné à une stabilité relative des autres secteurs. Le rebond de l’agriculture agit comme moteur direct de la croissance du produit intérieur brut en augmentant la valeur ajoutée du secteur primaire. Les activités liées à la transformation agroalimentaire, au transport et au commerce devraient bénéficier d’un effet d’entraînement. En revanche, l’ampleur de la reprise dans l’industrie non agricole et les services déterminera la durabilité de ce taux global. Sans dynamique compensatoire claire dans ces secteurs, la croissance pourrait rester concentrée autour du cycle agricole au lieu de s’élargir à une reprise plus équilibrée.
Rebond agricole et chiffres clés de la campagne 2025-2026
La campagne agricole 2025-2026 est décrite comme particulièrement favorable : pluies abondantes, répartition pluviométrique homogène et conditions de culture propices. Ces éléments expliquent la projection d’une hausse de 19,1% de la valeur ajoutée agricole et une production céréalière estimée à près de 90 millions de quintaux. Une récolte de cette ampleur pourrait améliorer significativement l’autonomie alimentaire, réduire les pressions sur les importations de céréales et stabiliser les approvisionnements sur les marchés intérieurs. L’effet positif sur les revenus agricoles, en particulier pour les exploitations céréalières, est une autre retombée attendue.
Impacts sur le commerce extérieur et les prix alimentaires
Une récolte céréalière volumineuse tend à réduire les besoins d’importation et à améliorer le solde commercial agricole. À court terme, cela peut alléger les pressions sur la balance des paiements et offrir une marge de manœuvre aux autorités pour gérer les réserves de change. Sur le plan intérieur, une offre céréalière abondante limite les risques d’envolée des prix alimentaires et peut contenir l’inflation, notamment pour les produits de base. Toutefois, l’ampleur réelle de l’effet dépendra des politiques de stockage, de la logistique de commercialisation et des mécanismes de soutien aux producteurs.
Risques climatiques et vulnérabilités économiques
Malgré les perspectives favorables, des risques persistent. Le secteur agricole demeure vulnérable aux aléas climatiques : épisodes de sécheresse, variabilité pluviométrique et vagues de chaleur peuvent inverser rapidement les tendances positives. Par ailleurs, une croissance largement dépendante d’une bonne campagne expose l’économie à une cyclicité accrue. D’autres fragilités macroéconomiques — comme les tensions inflationnistes importées, la dépendance de certains segments au marché extérieur et les contraintes budgétaires — peuvent limiter la capacité des pouvoirs publics à soutenir l’investissement et la transformation structurelle.
Politiques publiques et axes pour renforcer la résilience
Pour convertir un rebond conjoncturel en croissance durable, plusieurs pistes sont prioritaires : renforcer les infrastructures d’irrigation et de stockage, promouvoir la transformation locale des produits agricoles, améliorer l’accès au financement pour les exploitations, et encourager des politiques climato-résilientes. La diversification des exportations et l’appui aux secteurs non agricoles permettront également de réduire la vulnérabilité de la croissance aux seules performances agricoles. Des mesures ciblées en matière de gestion des stocks et de régulation des marchés contribueraient à stabiliser les prix alimentaires et à protéger les consommateurs vulnérables.
La projection du HCP souligne un signal positif pour l’économie mais rappelle la nécessité d’une action publique soutenue pour transformer un rebond agricole en relance économique plus large et résiliente, tout en gérant les risques climatiques et les déséquilibres structurels.