HCR : 143 réfugiés et migrants morts ou disparus après 25 jours de dérive en Mauritanie
Dérive de 25 jours : au moins 143 migrants morts ou disparus à l’arrivée d’un bateau en Mauritanie
Un bateau parti de Gambie a dérivé 25 jours et est arrivé à Nouadhibou avec corps et 38 survivants : au moins 143 morts ou disparus, dit le HCR le 18 juillet
Une embarcation en provenance de Gambie est arrivée le 18 juillet au port de Nouadhibou, en Mauritanie, après avoir dérivé pendant 25 jours, transportant des cadavres et 38 personnes encore vivantes. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a indiqué qu’au moins 143 personnes étaient mortes ou portées disparues à bord de ce seul navire, faisant de cet incident l’un des plus dramatiques enregistrés récemment sur la route atlantique vers les îles Canaries.
Départ du bateau et durée de la dérive
Le navire avait quitté Bafuloto, en Gambie, avec environ 160 personnes à son bord. Selon les informations recueillies, il serait tombé en panne de carburant en haute mer, ce qui a entraîné la dérive pendant près de quatre semaines avant d’atteindre la côte mauritanienne. Lors de l’arrivée à Nouadhibou, les équipes ont découvert plusieurs corps à bord et 38 survivants prenant appui sur des signes de grande détresse physique et mentale.
Chiffres des victimes et bilan provisoire
Le bilan communiqué fait état d’au moins 143 morts ou disparus liés à cet unique bateau. Les autorités locales et les organisations humanitaires continuent leurs vérifications pour affiner ce chiffre, qui inclut des personnes portées disparues lors de la dérive. Les victimes seraient majoritairement originaires de pays d’Afrique subsaharienne, sans précision additionnelle sur l’identité des défunts.
Opérations de secours menées entre le 14 et le 18 juillet
Entre le 14 et le 18 juillet, plusieurs opérations de sauvetage au large de la Mauritanie ont permis de secourir des centaines de personnes venues de bateaux différents. Trois opérations distinctes ont été signalées, à l’issue desquelles 387 personnes ont été mises à l’abri. Une autre personne est décédée à bord d’un navire débarqué le 14 juillet, ce qui porte le bilan humain de la période à plusieurs dizaines de victimes supplémentaires en marge du cas le plus grave.
Cas de mineurs et prise en charge médicale
Parmi les survivants arrivés à Nouadhibou se trouvent des enfants gravement affectés par la traversée. Deux mineurs ont perdu tous les membres de leur famille pendant le voyage et ont été hospitalisés pour recevoir des soins et un soutien psychosocial. Les équipes médicales locales ont signalé des cas de déshydratation sévère, d’hypothermie et de traumatismes psychologiques nécessitant un suivi prolongé.
Estimation des garde-côtes mauritaniens et circonstances techniques
Les garde-côtes mauritaniens ont estimé que 122 personnes étaient portées disparues pour ce bateau précis, en partant du nombre initial d’occupants déclaré lors du départ. Les autorités évoquent la panne de carburant comme facteur déclenchant de la dérive, combinée à des embarcations souvent surchargées et inadaptées à la haute mer. Les conditions météorologiques et l’isolement en plein Atlantique ont aggravé la vulnérabilité des passagers.
Alerte du HCR sur la route des Canaries et conséquences des mesures répressives
L’agence onusienne a rappelé que la route vers les îles Canaries reste l’une des plus meurtrières au monde en raison des longues distances et de l’utilisation de navires impropres à la navigation. Elle a appelé à des alternatives durables, notamment un meilleur accès à l’éducation et à l’emploi dans les pays d’origine. Des analystes humanitaires observent que les politiques de répression financées par des acteurs extérieurs, visant à réduire les départs, ont eu pour effet de repousser les points de départ vers des zones plus éloignées et de rallonger les trajets, rendant ceux-ci encore plus périlleux.
Les autorités mauritaniennes, les organisations humanitaires et les partenaires régionaux sont désormais confrontés à l’urgence du secours, à la prise en charge des survivants et à la gestion des proches des victimes. L’incident relance les appels à des réponses coordonnées pour prévenir de nouvelles tragédies et à des voies sûres et légales pour les personnes en mouvement.