Bank Al-Maghrib prononce 15 sanctions en 2025 dans son rapport de supervision bancaire
Bank Al‑Maghrib inflige 15 sanctions en 2025 et pointe des défaillances en AML/CFT, crédits et cybersécurité
Bank Al‑Maghrib prononce 15 sanctions en 2025 contre banques et établissements, ciblant lutte AML/CFT, octroi de crédit, cybersécurité et contrôle interne.
Bank Al‑Maghrib a prononcé, au cours de l’année 2025, 15 sanctions à l’issue des contrôles de supervision menés sur le secteur financier. Sept mesures à caractère disciplinaire et huit sanctions pécuniaires ont été décidées à l’encontre d’établissements jugés défaillants sur des sujets réglementaires et opérationnels clés. Le bilan figure dans le 22e rapport annuel consacré à la supervision bancaire, présenté mardi à Casablanca, qui dresse la cartographie des manquements observés et réaffirme l’action de la banque centrale en matière de régulation et de contrôle.
Bilan chiffré des sanctions prononcées
Les contrôles ont abouti à 7 sanctions disciplinaires et 8 sanctions pécuniaires appliquées en 2025, soit un total de 15 mesures coercitives. Les décisions couvrent des manquements variés, depuis des lacunes procédurales jusqu’à des déficiences dans la gouvernance et la conformité. Le recours à la fois à des sanctions disciplinaires et pécuniaires traduit la volonté d’assortir des pénalités financières d’actions correctrices imposant des améliorations organisationnelles.
Types d’établissements sanctionnés
Parmi les entités visées figurent six banques, une société de financement, un établissement de paiement et une institution de microfinance. La diversité des acteurs concernés met en évidence que les insuffisances identifiées ne sont pas circonscrites à un seul segment du système financier, mais touchent l’ensemble des catégories d’intermédiaires soumis au dispositif prudentiel et aux exigences de conformité.
Principales lacunes identifiées par les contrôles
Les sanctions se fondent sur des constats précis : déficiences du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (AML/CFT), faiblesses dans le dispositif d’octroi de crédits et dans la gestion des financements par affacturage, insuffisances dans le processus d’élaboration des comptes sociaux et consolidés, vulnérabilités liées à la cybersécurité, anomalies dans les procédures de clôture de comptes et de délivrance de mainlevées, et manquements à la réglementation prudentielle et au dispositif de contrôle interne. Ces domaines représentent des priorités réglementaires pour la résilience et l’intégrité du secteur.
Impacts attendus sur la gouvernance et la conformité
Les sanctions visent à déclencher des plans de remédiation et des renforcements en matière de gouvernance, de procédures et de systèmes d’information. Les établissements concernés devront, pour la plupart, revoir leurs processus de contrôle interne, formaliser et documenter les pratiques d’octroi et de suivi du crédit, améliorer les dispositifs AML/CFT et investir dans la sécurisation de leurs infrastructures numériques. Le contrôle de la conformité et la capacité à produire des comptes fiables et consolidés sont mis en exergue comme éléments indispensables à la surveillance prudentielle.
Conséquences sectorielles et perspectives de supervision
Le rapport annuel renforce le rôle de l’autorité de supervision dans la prévention des risques systémiques et la protection de la clientèle. En sanctionnant des manquements couvrant à la fois la conformité, la gestion des risques et la cybersécurité, la banque centrale envoie un signal de vigilance accrue visant à réduire les vulnérabilités opérationnelles. Les établissements devront, sous supervision, démontrer des progrès concrets pour éviter la répétition de sanctions et préserver la confiance des déposants et partenaires.
La publication de ce rapport annuel et la communication des sanctions constituent une étape dans le processus de régulation et de contrôle du secteur des établissements de crédit et organismes assimilés. L’accent mis sur la lutte contre le blanchiment et la sécurité des systèmes d’information, ainsi que sur la qualité des comptes et des processus d’octroi, indique les priorités de surveillance à court et moyen terme. Les acteurs concernés disposent désormais d’une feuille de route implicite pour se conformer aux exigences prudentielles et renforcer leurs dispositifs internes afin de répondre aux attentes de la supervision.