IPC marocain +0,3% en juin 2026, baisse mensuelle de 0,4% selon le HCP
Inflation au Maroc : l’IPC progresse de 0,3% en glissement annuel en juin 2026, recul mensuel de 0,4%
En juin 2026, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,3% sur un an mais a reculé de 0,4% par rapport à mai, avec des mouvements opposés entre produits alimentaires et non alimentaires.
L’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse annuelle modeste de 0,3% en juin 2026. Cette progression nette masque des tendances divergentes au sein des catégories de dépenses : les produits non alimentaires ont connu une hausse significative sur douze mois, tandis que les produits alimentaires ont enregistré une baisse marquée. Sur la base mensuelle, l’IPC a diminué de 0,4%, résultat d’un repli simultané des prix alimentaires et des prix non alimentaires.
Détail de la variation annuelle
Sur un an, la dynamique des prix a été portée par les produits non alimentaires, dont l’indice a augmenté de 2,3%. À l’inverse, l’indice des produits alimentaires a reculé de 2,3% sur la même période. Au total, ces mouvements opposés ont abouti à une progression limitée de l’IPC global, traduisant une stabilisation relative des prix à la consommation à l’échelle nationale malgré des différences sectorielles importantes.
Baisse mensuelle portée par l’alimentation
Par rapport à mai 2026, l’IPC a reculé de 0,4%. Cette baisse mensuelle s’explique principalement par un recul de 0,8% des prix alimentaires. Les baisses les plus nettes concernent les légumes (-5,2%) et les produits laitiers (lait, fromage, œufs) qui diminuent de 1,9%. Les viandes, le pain et les céréales ont fléchi de 0,3%, tandis que les huiles et graisses ont légèrement baissé de 0,1%. En sens inverse, certains articles alimentaires ont vu leurs prix augmenter, notamment les poissons et fruits de mer (+3,4%), les fruits (+0,8%) et les denrées comme le café, le thé et le cacao (+0,2%). Ces mouvements témoignent d’une volatilité saisonnière et d’effets d’offre locaux pour certaines filières.
Carburants et produits non alimentaires
Du côté des produits non alimentaires, la baisse la plus marquante a concerné les carburants, dont les prix ont diminué de 2,9% sur le mois. Cette contraction des prix des carburants a contribué au recul mensuel de l’IPC et peut alléger temporairement les coûts de transport et de distribution, influant indirectement sur la structure des prix des autres biens et services. Malgré cette baisse ponctuelle, l’augmentation annuelle de l’ensemble des produits non alimentaires indique une pression persistante sur certains segments hors alimentation.
Variations régionales des prix
La baisse mensuelle de l’IPC a été inégale à travers le territoire. Les baisses les plus marquées ont été observées à Béni Mellal (-2,0%), Kénitra (-1,7%), Errachidia (-1,4%) et Al-Hoceïma (-1,3%). D’autres villes ont enregistré des diminutions plus modérées, comme Tétouan (-1,0%), Fès (-0,8%), Laâyoune (-0,6%), Settat (-0,4%) et Agadir, Casablanca, Rabat, Meknès et Dakhla (-0,3%). En revanche, des hausses ont été relevées à Safi (+0,4%) et Oujda (+0,1%). Ces disparités régionales reflètent des dynamiques locales d’offre et de demande, ainsi que des variations saisonnières dans les marchés alimentaires et les coûts logistiques.
Inflation sous-jacente et perspectives économiques
L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et les produits à tarifs publics, a progressé de 0,2% par rapport au mois précédent mais a diminué de 0,1% sur douze mois. Ce mouvement indique qu’une partie de la modération observée sur l’IPC global provient d’éléments volatils et de l’évolution des tarifs publics. La légère hausse mensuelle de l’inflation sous-jacente suggère toutefois que la pression sur les prix fondamentaux reste présente à court terme. Pour les ménages, la baisse mensuelle des prix alimentaires et des carburants peut alléger certaines contraintes budgétaires immédiates, mais la hausse annuelle des produits non alimentaires et la persistance d’une inflation sous-jacente modérée imposent une vigilance continue.
Les prochains mois seront déterminants pour confirmer si la tendance à l’atténuation des prix se poursuit ou si des facteurs saisonniers et internationaux, notamment sur les marchés de l’énergie et des matières premières alimentaires, inverseront cette dynamique. Observateurs et décideurs économiques surveilleront de près l’évolution des indices pour ajuster leurs analyses et anticiper les impacts sur le pouvoir d’achat et l’activité économique.