Retrait d’Infantino fragilise les chances du Maroc avant le congrès FIFA de Rabat
Infantino renonce au projet d’ouverture commerciale de la FIFA, la fronde s’étend et place le Maroc au cœur des enjeux
Gianni Infantino a renoncé le 1er août 2026 à un projet d’ouverture commerciale majeure de la FIFA, une décision qui fragilise son autorité et redessine les rapports de force autour des ambitions du Maroc pour la Coupe du monde 2030.
Gianni Infantino a annoncé, samedi 1er août 2026, l’abandon d’un plan visant à créer une entité commerciale susceptible de transformer les recettes de la Coupe du monde en actifs financiers. Présenté comme une modernisation des ressources de l’organisation, ce projet devait permettre d’attirer des investisseurs privés et de structurer les revenus du mondial en produits susceptibles d’être valorisés sur les marchés. L’annonce de l’abandon intervient après une vague d’opposition interne et internationale qui a mis en lumière des divisions profondes au sein de l’instance dirigeante du football mondial.
Opposition et désaveux au sein de la FIFA
L’initiative n’a pas seulement suscité des réserves en Europe : l’UEFA a menacé de boycotter certaines compétitions de la FIFA si le projet suivait son cours, et des confédérations d’Asie et d’Amérique du Nord ont exprimé leur désaccord sur la méthode et le calendrier de la réforme. La contestation s’est accentuée lorsque deux hauts responsables de la FIFA ont publiquement désavoué le président, marquant une fracture nette dans la gouvernance de l’institution.
Risque pour une réélection attendue en mars 2027
Jusqu’à récemment considéré comme favori pour un nouveau mandat, Infantino voit désormais sa position affaiblie à dix mois du congrès électif prévu en mars 2027. Des acteurs influents envisagent la recherche d’un candidat alternatif susceptible de rassembler une coalition mondiale opposée à la ligne actuelle. Le prochain congrès, qui doit se tenir à Rabat, apparaît comme un rendez-vous déterminant pour l’avenir de la présidence et l’orientation stratégique de la FIFA.
Impacts directs sur la candidature marocaine et ses alliances
La décision a des répercussions immédiates pour le Maroc. Gianni Infantino a entretenu une relation de proximité avec les dirigeants marocains du football, vantant publiquement des projets et soutenant l’ouverture d’un bureau africain de la FIFA à Rabat. Cette proximité avait été interprétée comme un atout politique pour les dossiers marocains, notamment face à la concurrence espagnole sur l’accueil d’événements majeurs. La perte d’un président réceptif pourrait affaiblir l’influence politique dont Casablanca a pu bénéficier ces dernières années.
Compétition entre Casablanca et Madrid pour les finales
La rivalité entre Casablanca et Madrid pour l’attribution de finales clefs du football mondial reste ouverte. Le Maroc poursuit la construction du Grand Stade Hassan II, annoncé pour 115 000 places et situé près de Casablanca, configuré pour rivaliser avec des enceintes comme le Santiago-Bernabéu ou le Camp Nou. La FIFA conserve toutefois le dernier mot quant au choix des lieux de finales et d’événements majeurs : un changement de présidence ou d’équilibre des forces au sein du comité exécutif pourrait modifier l’issue des arbitrages en cours.
Scénarios possibles après le retrait du projet
L’abandon du plan commercial ne garantit pas la disparition des tensions. Si Infantino venait à être battu en mars 2027, le Maroc conserverait ses infrastructures et ses arguments techniques, mais perdrait un allié politique influent. Un successeur soutenu par une coalition européenne pourrait chercher à rééquilibrer les décisions en faveur de l’UEFA et de ses partenaires, modifiant les priorités d’attribution et de gouvernance. En revanche, la chute d’un président en place n’assure pas automatiquement un basculement en faveur d’une candidature concurrente ; les jeux d’alliances et les compromis restent décisifs.
La décision prise le 1er août 2026 révèle aussi les limites d’une stratégie de transformation financière rapide au sein d’une organisation aux intérêts géographiquement et politiquement hétérogènes. Le congrès de Rabat et les mois qui le précèdent s’annoncent donc comme une période cruciale pour la gouvernance de la FIFA et pour les ambitions nationales qui reposent sur des soutiens politiques au plus haut niveau.