Un Marocain obtient la nationalité espagnole après un refus de l’administration
Marié à une Espagnole, un Marocain obtient la nationalité espagnole après un refus initial
Un tribunal espagnol a récemment accordé la nationalité espagnole à un Marocain qui avait vu sa demande rejetée par le ministère de la Justice en novembre 2025. L’affaire a attiré l’attention en raison des circonstances entourant la vie du demandeur, qui vit en Espagne avec sa famille.
Refus initial de nationalité
Le Marocain avait déposé sa demande de nationalité le 16 janvier 2024, après avoir épousé une Espagnole. Son dossier a été examiné par le ministère de la Justice, qui a décidé de refuser sa requête, arguant qu’il avait passé trop de temps hors d’Espagne, sans établir de lien suffisant avec le pays. Selon l’administration, il serait resté en dehors d’Espagne du 10 février au 31 juillet 2023.
Données contradictoires sur les déplacements
Cependant, des données recueillies au poste-frontière du Tarajal ont remis en question cette interprétation. En effet, l’Audiencia Nacional, dans sa décision du 18 mai 2026, a révélé que le Marocain avait effectué 98 entrées et sorties en Espagne durant une période de 171 jours. Cela démontre une fréquentation importante du pays, contredisant ainsi les arguments avancés par l’administration.
Analyse des séjours en Espagne
Le tribunal a analysé que, malgré ses déplacements, le Marocain avait effectivement passé 98 nuits en Espagne et seulement 73 nuits au Maroc. Sa plus longue absence continue n’avait pas dépassé 24 jours, ce qui démontre un attachement significatif à son lieu de vie en Espagne. Le demandeur justifiait également ces déplacements par la présence de ses parents au Maroc, à proximité de la ville de Sebta.
Vie familiale en Espagne
Outre ces considérations, la situation familiale du Marocain a aussi été un facteur clé dans la décision du tribunal. Il réside à Sebta avec sa femme espagnole et leurs quatre enfants, tous nés entre 2016 et 2022 dans cette ville. Cette stabilité familiale a constitué un argument solide pour ses droits de résidence en Espagne.
Contributions sociales et linguistiques
Le Marocain a également démontré son intégration en Espagne par ses années de cotisations à la Sécurité sociale, ainsi que par la réussite des examens DELE et CCSE, qui attestent de sa maîtrise de la langue espagnole et de sa connaissance de la culture espagnole.
Décision finale de l’Audiencia Nacional
L’Audiencia Nacional a conclu que le nombre d’entrées et sorties en Espagne ne montrait pas une rupture de résidence, annulant ainsi le refus initial du ministère de la Justice. Le tribunal a reconnu le droit du Marocain à obtenir la nationalité espagnole, marquant une victoire importante pour celui-ci et sa famille. De plus, l’administration devra assumer des frais de procédure de 1 000 euros.
Cette décision souligne non seulement l’importance de l’examen minutieux des circonstances individuelles dans les demandes de nationalité, mais elle reflète également les défis souvent rencontrés par les immigrants dans leur quête de reconnaissance et d’appartenance dans un nouveau pays.