En Guinée, ONG exigent enquête indépendante après découverte de six corps ligotés à Forécariah
Six corps ligotés découverts en Guinée : ONG exigent une enquête indépendante et des expertises médico-légales
Six corps ligotés découverts en Guinée : ONG exigent une enquête indépendante, des expertises médico-légales et une réponse publique pour identifier les victimes rapidement.
Six corps découverts ligotés à Alassoya le 24 août
Le 24 août, des habitants ramassant du bois ont mis au jour six corps d’hommes dans une fosse commune située dans le village d’Alassoya, dans la préfecture administrative de Forécariah, en Basse-Guinée. Les victimes ont été retrouvées ligotées et les yeux bandés, selon les informations rendues publiques par les autorités. La découverte a immédiatement suscité l’alerte et provoqué une réaction coordonnée de groupes de la société civile qui demandent des investigations approfondies.
Constatations initiales et prise en charge des dépouilles
Les forces armées guinéennes ont confirmé la découverte des corps et indiqué que ceux-ci ont été transportés à l’hôpital de Forécariah afin de procéder à des opérations d’identification et, si possible, à des examens visant à déterminer les causes du décès. Les premiers éléments — ligotage et bandeaux sur les yeux — ont conduit à des craintes que les victimes aient été soumises à des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Les autorités militaires ont déclaré que toutes les mesures nécessaires seraient prises pour faire la lumière sur cet événement et que les résultats de l’enquête seraient rendus publics.
Exigences des organisations de la société civile
Un collectif d’une vingtaine d’organisations de la société civile africaine, dont des mouvements affiliés à Tournons La Page (TLP) et le Centre Afrikajom, a appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante, impartiale et transparente. Les groupes exigent la mobilisation d’experts médico-légaux nationaux et internationaux pour procéder à l’identification formelle des victimes et à des analyses destinées à déterminer les circonstances du décès. Ces organisations considèrent que seule une expertise externe et des garanties procédurales permettront d’établir la vérité et d’assurer la confiance des familles et de l’opinion publique.
Lien avec des disparitions documentées depuis 2021
Les ONG ont rappelé que la découverte du charnier s’ajoute à une série de cas de disparitions forcées suivis depuis la prise de pouvoir de septembre 2021. Elles affirment avoir documenté au moins 35 cas de disparitions forcées enregistrés par les branches locales du mouvement TLP depuis le 5 septembre 2021. Ce contexte alimente l’inquiétude sur l’existence d’un pattern d’arrestations, d’enlèvements et de traitements non expliqués visant des opposants politiques, des militants ou des citoyens considérés comme critiques du régime.
Réponse officielle et promesse d’enquête
L’armée a annoncé l’ouverture d’une enquête et assuré que les corps seraient examinés à l’hôpital de Forécariah pour procéder aux identifications et tenter d’établir les causes du décès. Dans son communiqué, l’institution militaire a affirmé prendre « toutes les mesures » pour clarifier les faits et a annoncé que les conclusions seraient rendues publiques. Les autorités ont aussi précisé que les investigations seraient conduites sur le terrain, sans toutefois indiquer à ce stade si des experts extérieurs seraient associés à l’enquête.
Contexte politique et appels internationaux
La découverte intervient dans un contexte politique fortement marqué par la répression de la dissidence depuis la prise du pouvoir par le général Mamady Doumbouya en 2021. Depuis cette date, plusieurs partis politiques ont été suspendus et des responsables de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou contraints à l’exil. Face à la découverte du charnier, des voix internationales ont appelé à une enquête transparente et indépendante et à la protection des droits fondamentaux. Les organisations de défense des droits humains insistent sur la nécessité d’une réponse judiciaire et médico-légale rigoureuse pour établir les responsabilités et prévenir de nouveaux actes de violence.
La découverte des six corps à Alassoya et les réactions qu’elle suscite soulignent l’urgence d’une enquête crédible et ouverte afin de permettre l’identification des victimes, de rendre justice le cas échéant et de restaurer la confiance des familles et de la population. Les experts médico-légaux, l’accès sans entrave au site, la publication transparente des résultats et la coopération internationale sont présentés par la société civile comme des conditions minimales pour garantir que les autorités traitent cette affaire avec l’indépendance et la rigueur requises.