Référendum en Guinée-Bissau approuvé à 70% renforce les pouvoirs présidentiels
La Guinée-Bissau approuve une nouvelle constitution renforçant fortement les pouvoirs du président
Référendum en Guinée-Bissau: 70% ont voté pour une constitution qui renforce le pouvoir présidentiel; participation annoncée autour de 60%, opposition inquiète.
La Guinée-Bissau a adopté une nouvelle constitution qui accorde au président des pouvoirs étendus, selon les résultats officiels annoncés par la Commission électorale nationale. Les autorités ont indiqué que 70 % des suffrages exprimés étaient en faveur des changements, avec un taux de participation déclaré d’environ 60 %. Le texte constitutionnel modifie la répartition des pouvoirs entre l’exécutif et le Parlement à quelques mois des élections générales prévues en décembre.
Résultats officiels du référendum
La Commission électorale nationale a publié les chiffres officiels qui donnent la victoire au “oui” avec 70 % des voix. Les autorités ont présenté ces résultats comme la confirmation d’un large soutien populaire aux réformes proposées. Le taux de participation annoncé, proche de 60 % des électeurs inscrits, est mis en avant par les organisateurs pour légitimer le processus, alors que des observations de terrain et des témoignages publics évoquent des bureaux de vote souvent peu fréquentés.
Modifications constitutionnelles majeures
La nouvelle constitution transfère plusieurs prérogatives clés vers la présidence. Le président pourra nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, créer et supprimer des ministères, et dissoudre l’Assemblée nationale sous certaines conditions. Le texte réduit aussi le nombre de sièges parlementaires de 102 à 65 et divise le pays en 12 circonscriptions électorales contre 29 auparavant. Ces transformations modifient en profondeur le mécanisme de partage du pouvoir et recentrent l’autorité exécutive.
Contestations de l’opposition et de la société civile
Le principal parti d’opposition, le PAIGC, a rejeté le référendum et avait appelé au boycott, estimant que le processus remet en cause le retour à un régime civil et pluraliste. Des organisations de la société civile ont exprimé des réserves similaires, dénonçant un cadre jugé défavorable à une compétition politique équitable. Selon ces acteurs, les changements constituent une tentative de remodeler les règles du jeu en faveur des dirigeants issus de la junte militaire.
Défense et justification des autorités militaires
Les dirigeants militaires, au pouvoir depuis le coup d’État de novembre dernier, ont défendu le référendum comme une mesure visant à stabiliser les institutions avant le scrutin de décembre. Ils affirment que la concentration de certains pouvoirs exécutifs est nécessaire pour garantir la cohérence gouvernementale et la sécurité nationale dans un contexte jugé fragile. Les autorités soutiennent aussi que la réforme rationalisera l’administration publique en réduisant le nombre de ministères et de circonscriptions.
Conséquences attendues sur les élections de décembre
Les réformes adoptées modifient le paysage politique à quelques mois des élections générales programmées en décembre, qui doivent théoriquement permettre le retour à un pouvoir civil. La baisse du nombre de sièges parlementaires et la redéfinition des circonscriptions peuvent influer sur la représentation des régions et sur les équilibres partisans. Le transfert de prérogatives exécutives au président pourrait par ailleurs affaiblir le rôle du Parlement et du Premier ministre dans la gouvernance quotidienne.
Risque et contexte régional
L’adoption de cette constitution intervient dans un contexte régional marqué par une série de coups d’État en Afrique de l’Ouest et centrale depuis 2020. Les observateurs craignent que la normalisation de cadres constitutionnels autorisant une forte centralisation du pouvoir n’encourage des tendances similaires ailleurs, contribuant à l’instabilité démocratique. Les critiques soulignent également le risque d’érosion des contre-pouvoirs et d’un affaiblissement des mécanismes de contrôle institutionnel.
Les résultats du référendum ont ouvert un débat intense sur l’avenir institutionnel de la Guinée-Bissau et sur les conditions dans lesquelles se déroulera le cycle électoral de décembre; la communauté politique nationale reste divisée entre ceux qui jugent les réformes nécessaires à la stabilité et ceux qui y voient un recul démocratique.