Bombardements à Dilling par SPLM-N tuent cinq civils et 21 près de Kauda
Attaques en Kordofan du Sud : bombardements attribués au SPLM‑N à Dilling font plusieurs morts et aggravent la crise humanitaire
Bombardements attribués au SPLM-N à Dilling: au moins 5 morts; attaques près de Kauda: 21 tués. Le Réseau des médecins appelle la communauté mondiale à agir.
Au moins cinq civils, dont un enfant, ont été tués et plusieurs autres blessés lors de bombardements contre des zones résidentielles dans la ville de Dilling, province du Kordofan du Sud, selon le Réseau des médecins soudanais. L’ONG a formellement imputé ces tirs d’artillerie au Mouvement populaire de libération du Soudan‑Nord (SPLM‑N, faction d’al‑Hilu) dans un communiqué publié le 4 septembre 2026, dénonçant une atteinte grave au droit international humanitaire et appelant à des mesures internationales immédiates.
Bilan des attaques à Dilling
Les frappes d’artillerie rapportées à Dilling ont touché des quartiers résidentiels, faisant au moins cinq morts et plusieurs blessés. Parmi les victimes figure un enfant. Le Réseau des médecins soudanais décrit des bombardements massifs visant des zones civiles, qui ont provoqué des pertes humaines et des dégâts aux habitations et aux infrastructures locales. Les autorités sanitaires locales ont signalé un afflux de blessés dans les établissements de soins encore opérationnels, aggravant une capacité déjà limitée à traiter les victimes.
Attaques près de Kauda et cible Otoro
Quelques heures avant les bombardements de Dilling, le réseau médical a indiqué que des attaques avaient eu lieu les 20 et 26 août 2026 dans les secteurs de Debi et Luweri, près de Kauda. Ces opérations ont fait plus de 21 morts, selon le même bilan, et ont visé des civils appartenant majoritairement à la tribu Otoro, un groupe minoritaire des Monts Nouba. Le rapport précise que les violences récentes s’inscrivent dans une série d’affrontements antérieurs liés à des litiges fonciers, renforçant les tensions ethniques dans la région.
Accusations du Réseau des médecins et appel à la communauté internationale
Dans son communiqué du 4 septembre 2026, le Réseau des médecins soudanais a qualifié les bombardements de violations flagrantes du droit humanitaire international et a appelé la communauté internationale à intervenir pour protéger les civils. L’organisation demande une pression diplomatique accrue sur les dirigeants du SPLM‑N (faction d’al‑Hilu) afin de mettre fin aux attaques contre les zones résidentielles et d’assurer un meilleur accès humanitaire dans les zones affectées.
Rôle d’Abdel Aziz al‑Hilu et alignements militaires
Le SPLM‑N est présenté comme une faction dissidente du SPLM et son chef, Abdel Aziz al‑Hilu, a aligné ses forces sur les Forces de soutien rapide (RSF) paramilitaires. Le réseau médical indique que cette faction a rejoint des structures liées au gouvernement parallèle soutenu par les RSF au Soudan, complexifiant davantage le paysage des alliances militaires et politiques dans la région et rendant plus difficile la résolution des hostilités par des voies diplomatiques classiques.
Avertissement d’une mission d’enquête indépendante soutenue par l’ONU
L’escalade à Dilling et les attaques antérieures coïncident avec les avertissements d’une mission d’enquête indépendante soutenue par les Nations unies. Celle‑ci a signalé que l’implication étrangère — y compris les réseaux d’approvisionnement externes, la présence de personnel étranger et l’utilisation de drones militaires — contribue à alimenter le conflit et à intensifier la violence dirigée contre les civils. Depuis le début des combats en avril 2023, la guerre a provoqué des pertes massives et des déplacements à grande échelle.
Conséquences humanitaires et déplacements massifs
La guerre entre l’armée soudanaise et les RSF a tué des dizaines de milliers de personnes et déplacé environ 13 millions de personnes à l’intérieur et hors du pays. Les combats récents, combinés aux attaques ciblant des villages Otoro entre le 20 et le 26 août 2026, ont forcé des milliers de civils à fuir. Selon les estimations sanitaires citées par des organismes humanitaires, près de 34 millions de personnes — soit environ les deux tiers de la population soudanaise — ont besoin d’une aide d’urgence. Les structures de santé sont submergées et l’accès humanitaire reste entravé par l’insécurité et la fragmentation des zones de contrôle.
Les appels répétés des acteurs médicaux et humanitaires mettent en évidence l’urgence d’un renforcement de la protection des civils et d’un corridor humanitaire effectif. Sans cessez‑le‑feu durable et sans pression internationale coordonnée, les populations civiles continueront de payer le prix le plus lourd de cette escalade, tandis que la crise humanitaire s’intensifie et que les déplacements augmentent.