Parlement nigérian suspend visites officielles en Afrique du Sud après violences anti‑étrangers
Nigeria suspend les visites officielles en Afrique du Sud après de nouvelles violences anti-migrants
Le Nigeria suspend visites officielles et engagements virtuels en Afrique du Sud après des mois de violences anti-migrants et des départs massifs – Abuja
Le parlement nigérian a annoncé, le 11 septembre 2026, la suspension de toutes les visites officielles — y compris les engagements virtuels — en Afrique du Sud, en réponse à une série de violences xénophobes qui ont poussé des dizaines de milliers d’étrangers à quitter le pays. La décision, présentée par le porte-parole de la chambre basse, marque une détérioration nette des relations bilatérales et reflète l’indignation croissante à Abuja face aux attaques répétées contre des ressortissants nigérians et d’autres étrangers en Afrique du Sud.
Suspension formelle des déplacements parlementaires
Le communiqué officiel a indiqué que « toutes les visites officielles en République d’Afrique du Sud de l’Assemblée nationale, de ses commissions, des législateurs, des fonctionnaires et du personnel sont suspendues ». La mesure s’applique aussi bien aux missions physiques qu’aux rencontres à distance, une rareté qui illustre la gravité perçue des événements. Les autorités nigérianes ont justifié la suspension par l’incapacité, selon elles, des autorités sud-africaines à protéger efficacement les migrants et à mettre fin aux violences.
Préoccupations exprimées par les responsables nigérians
Les responsables parlementaires ont dénoncé un bilan humain et matériel préoccupant. Le secrétaire de l’Assemblée nationale a souligné que les Nigérians avaient été « tués, blessés, déplacés et contraints d’abandonner leurs entreprises, investissements, maisons et autres propriétés » à la suite d’attaques répétées. Des représentants du ministère des Affaires étrangères ont également fait état de cas mortels et d’exactions impliquant, parfois, des forces de l’ordre.
Cas récents et chiffres de victimes
Les violences ont connu des épisodes particulièrement graves ces derniers mois, notamment une attaque à Durban où un campement de ressortissants congolais a été visé, entraînant de violents affrontements. Des incidents de porte-à-porte et des expulsions forcées ont été rapportés, touchant des personnes titulaires de papiers légaux comme des migrants sans statut. Le gouvernement nigérian a déclaré que, depuis 2022, au moins 98 de ses ressortissants auraient été tués dans divers incidents collectifs, violences motivées par la haine et exécutions extrajudiciaires.
Rapatriations et divergence de bilans
L’ampleur des mouvements de population reste contestée. Les autorités sud-africaines ont annoncé que près de 90 000 personnes avaient été rapatriées volontairement ou expulsées depuis le début des tensions migratoires. En revanche, les gouvernements des pays d’origine estiment que ce chiffre atteindrait environ 178 000 personnes, soulignant un fossé important entre les comptages officiels et les évaluations externes. Ces différences alimentent des choix politiques forts, dont la suspension des contacts officiels décidée par le parlement nigérian.
Actions diplomatiques et réunions bilatérales récentes
Malgré la montée des tensions, des contacts diplomatiques ont eu lieu. En juillet, le ministre d’État nigérian aux Affaires étrangères a rencontré son homologue sud-africain à Abuja pour tenter de traiter la question des attaques récurrentes. Ces échanges, toutefois, ne semblent pas avoir apaisé les critiques nigérianes, qui jugent insuffisantes les mesures prises à l’intérieur de l’Afrique du Sud pour prévenir ou sanctionner les actes de violence dirigés contre des étrangers.
Facteurs structurels en Afrique du Sud
Analystes et responsables évoquent des causes structurelles à la source des violences : chômage élevé, pression sur les services publics et criminalité. Dans ce contexte, des franges de la population attribuent la responsabilité de leurs difficultés aux migrants, créant un terreau propice aux manifestations violentes. L’Afrique du Sud reste cependant un pôle d’attraction économique sur le continent, ce qui alimente des flux migratoires durables malgré les risques.
Les répercussions de la suspension nigériane pourraient s’étendre au-delà des relations bilatérales, affectant la coopération parlementaire, les échanges économiques informels et la protection consulaire des ressortissants. Les autorités nigérianes ont mis en avant la nécessité de garanties tangibles pour la sécurité des migrants avant toute reprise des visites officielles. Le climat reste tendu et la communauté internationale suit de près l’évolution des mesures et des bilans humains.