Rapport du Pentagone signale 30 MQ-9 perdus et pénuries de munitions
Le Pentagone détaille des dizaines d’avions perdus, 30 MQ-9 détruits et des centaines d’installations touchées pendant la guerre contre l’Iran
Le Pentagone confirme des dizaines d’avions perdus, dont 30 MQ-9, et des centaines d’installations endommagées pendant la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Le rapport de l’inspecteur général du ministère de la Défense fournit le premier bilan officiel des pertes subies par les forces américaines durant le conflit mené du 28 février au 30 juin. Il fait état de dégâts matériels significatifs, d’une consommation massive de munitions et de difficultés logistiques, tout en détaillant des pertes humaines et aériennes jusque-là partiellement reconnues publiquement.
Bilan officiel des pertes et chronologie
Le document couvre la période du 28 février au 30 juin et chiffre le coût direct de la campagne à 33 milliards de dollars. Il précise que 22 milliards de dollars ont été dépensés exclusivement en munitions durant cette même fenêtre temporelle. Le rapport confirme que des dizaines d’avions ont été détruits ou endommagés et que des centaines de bâtiments et structures liés aux opérations américaines dans la région du Golfe ont subi des dommages.
Pertes humaines recensées
Sur le plan humain, le Pentagone rapporte au moins 11 militaires « tués au combat » et sept décès supplémentaires qualifiés d’« événements non hostiles ». Des incidents meurtriers ont été enregistrés dès le début du conflit, avec des pertes à Port Shuaiba (Koweït), en Arabie saoudite, en Jordanie et en Irak. Le document mentionne également la perte de six membres d’équipage lors du crash d’un ravitailleur KC-135 en Irak le 12 mars et la disparition d’un membre d’équipage d’un MH-60S dans la mer d’Oman le 1er juillet. Au total, au moins 417 militaires ont été blessés par les attaques iraniennes jusqu’au 30 juin.
Détail des aéronefs détruits ou endommagés
Les pertes aériennes recensées couvrent une large palette d’appareils : chasseurs, avions d’attaque, ravitailleurs, avions de surveillance, hélicoptères et drones. Le rapport mentionne notamment la destruction d’au moins 30 drones armés MQ-9 Reaper, des appareils largement utilisés pour la surveillance et les frappes de précision. Parmi les autres pertes figurent au moins quatre F-15E détruits (trois abattus par tirs amis au-dessus du Koweït le 1er mars et un au-dessus de l’Iran en avril), un F-35A endommagé en mars, un A-10 abattu par des tirs iraniens, et la perte d’au moins un MQ-4C Triton de surveillance en avril. Les ravitailleurs KC-135 ont été particulièrement touchés avec au moins sept avions endommagés ou détruits, dont le crash mortel du 12 mars. Des hélicoptères de différents modèles (HH-60W, MH-60S, AH-64 Apache, AH-6) figurent également dans le bilan.
Dommages aux bases et contraintes logistiques
Le rapport indique que les attaques ont endommagé ou détruit des centaines de bâtiments et structures dans des installations américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie. Plusieurs sites ont été temporairement fermés ou déplacés. Les autorités militaires ont souligné des difficultés pour établir des bases navales et ports de soutien en raison d’autorisations d’accès des pays hôtes, ce qui a contraint des opérations logistiques plus longues et complexes, notamment des réacheminements vers des plateformes éloignées comme Diego Garcia avec des cycles maritimes de 14 à 18 jours.
Pénuries de munitions et impact financier
Le rapport reconnaît l’existence de pénuries de munitions et de goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement, un constat qui contredit des déclarations présidentielles antérieures affirmant une production d’armes et de munitions sans précédent. Entre le 28 février et le 30 juin, la dépense en munitions est estimée à 22 milliards de dollars, révélant l’intensité des frappes et la pression exercée sur les stocks. Au-delà des munitions, des retards et des restrictions opérationnelles ont entraîné des coûts additionnels : la suspension d’activités diplomatiques et le ralentissement de projets de construction ont été chiffrés à 24,5 millions de dollars par mois en coûts imputables aux interruptions de personnel et aux restrictions de déplacement.
Atteintes aux installations diplomatiques et conséquences régionales
Les installations diplomatiques américaines dans quatre pays du Golfe (Irak, Koweït, Arabie saoudite, Émirats arabes unis) ont subi des dégâts évalués à 184 millions de dollars. Le rapport détaille des coûts spécifiques : près de 157 millions pour les attaques en Irak (plus de 600 incidents signalés jusqu’à fin juin), environ 14,75 millions pour l’ambassade à Koweït City au moment de la suspension des opérations, 11,5 millions pour des dommages à Riyad et 120 000 dollars pour des dégâts au consulat de Dubaï. Parallèlement, l’activité commerciale et pétrolière reste affectée : le détroit d’Ormuz demeure quasi bloqué, prolongeant une impasse diplomatique et économique entre Washington et Téhéran.
Le rapport marque une étape de transparence institutionnelle sur l’ampleur des pertes matérielles et humaines et met en évidence des fragilités logistiques et industrielles derrière la capacité militaire américaine. Les chiffres publiés poussent désormais à des questions politiques et stratégiques sur la préparation, le réapprovisionnement et les choix opérationnels pour la suite des opérations dans la région.