Alex Saab plaide coupable aux États-Unis pour blanchiment et corruption autour du CLAP
Alex Saab plaide coupable à Miami pour blanchiment lié au programme CLAP du Venezuela
Alex Saab a plaidé coupable à Miami pour blanchiment et fraude autour du programme social CLAP du Venezuela; il renonce à 195 millions $ et accepte de coopérer.
Alex Saab, homme d’affaires colombien-vénézuélien proche de l’entourage de l’ancien président Nicolás Maduro, a plaidé coupable le 16 septembre 2026 devant une juge fédérale de Miami pour un complot en vue de blanchir des instruments monétaires. L’accusation l’implique dans un vaste stratagème de corruption et de fraude visant des contrats publics liés au programme alimentaire CLAP, destiné à distribuer des biens subventionnés à une population en crise. Saab a reconnu avoir orchestré des mécanismes pour détourner des fonds destinés à l’aide sociale et tirer profit de contrats gouvernementaux conclus au bénéfice d’entreprises qu’il contrôlait en secret.
Saab plaide coupable à Miami
Le plaidoyer a été enregistré devant la juge Kathleen Williams au tribunal fédéral de Miami. Saab a admis être l’instigateur d’un système de pots-de-vin versés à des responsables vénézuéliens afin que des sociétés écrans qu’il contrôlait remportent des appels d’offres pour l’importation de nourriture et de médicaments. L’accusation retenue contre lui est un chef de complot en vue de blanchir des instruments monétaires, infractions passibles d’une peine maximale théorique de 20 ans de prison. Aucun calendrier de condamnation n’a été fixé au moment du plaidoyer.
Mécanismes de fraude liés au programme CLAP
Les contrats incriminés proviennent du programme CLAP, mis en place pour faire face à la pénurie alimentaire au Venezuela. Saab a reconnu que son réseau utilisait des sociétés fictives, des factures truquées et de faux bons d’expédition pour facturer des biens au gouvernement. Les enquêteurs estiment que des centaines de millions de dollars ont été détournés via ces montages et ensuite blanchis par l’intermédiaire de structures offshore et de comptes bancaires aux États-Unis et à l’étranger. L’opération combinait l’accès politique, la manipulation documentaire et des circuits financiers sophistiqués.
Montant des biens saisis et accord de coopération
Dans le cadre de l’accord de plaidoyer, Alex Saab a consenti à renoncer à 195 millions de dollars issus, d’après l’accusation, du produit de ses activités criminelles. Il s’est engagé à coopérer avec les enquêtes fédérales en cours, ce qui a poussé les procureurs à promettre de recommander une peine au bas de la fourchette applicable et à solliciter des réductions supplémentaires si sa coopération se révèle substantielle. Les détails pratiques de la coopération — personnes ciblées, pays concernés, calendrier — n’ont pas été rendus publics au moment du plaidoyer.
Vente de pétrole et violation des sanctions
Les procureurs ont aussi indiqué que Saab avait exploité ses relations pour obtenir un accès au pétrole de la compagnie d’État PDVSA, en procédant à des ventes sous de faux prétextes alors que les sanctions américaines pesaient sur l’économie vénézuélienne. Ces opérations pétrolières auraient permis d’augmenter les profits détournés et de multiplier les traces financières à blanchir via des entités écrans.
Parcours judiciaire et mouvements internationaux
Ce dossier marque la deuxième procédure engagée contre Saab aux États-Unis. Il avait été arrêté au Cap-Vert en 2020 puis extradé pour répondre à des accusations similaires. En décembre 2023, il avait obtenu une grâce dans le cadre d’un échange de prisonniers intervenu entre Washington et Caracas. Une nouvelle mise en accusation a suivi en janvier, puis Saab a été renvoyé vers les États-Unis en mai après une décision du gouvernement vénézuélien intérimaire. Ces étapes internationales, entre arrestations, extraditions et échanges diplomatiques, illustrent la dimension transnationale de l’affaire.
Position des autorités américaines et portée du message
Les responsables du ministère de la Justice ont souligné que l’affaire démontre la détermination des autorités américaines à poursuivre les acteurs impliqués dans la corruption transnationale, indépendamment de leurs liens politiques ou de leur fortune. Le procureur en charge du dossier a déclaré que le cas envoie un message clair sur la portée extraterritoriale des lois américaines en matière de blanchiment et de corruption. Les autorités ont par ailleurs indiqué vouloir poursuivre d’autres pistes révélées par la coopération obtenue dans le cadre du plaidoyer.
Le dossier Alex Saab reste en évolution. Le montant de la renonciation financière, l’accord de coopération et le plaidoyer marquent une étape importante, mais la suite dépendra de la profondeur et de la valeur des informations fournies par Saab aux enquêteurs. La date et la nature de la peine seront déterminées après examen de sa coopération et des recommandations des procureurs.