Michelle Bachelet retire sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU
Michelle Bachelet se retire de la course au poste de secrétaire général de l’ONU
Michelle Bachelet se retire de la course au poste de secrétaire général de l’ONU, après un sondage défavorable; la succession de Guterres reste ouverte.
L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet a annoncé samedi 20 septembre 2026 son retrait de la course au poste de secrétaire général des Nations Unies. Dans une vidéo publiée sur son compte social, Bachelet, 74 ans, a déclaré qu’elle avait pris la décision de ne pas poursuivre une candidature qu’elle jugeait importante mais pour laquelle « le moment n’était pas propice ». Son annonce met fin à une candidature présentée en février par le Chili avec le soutien déclaré du Brésil et du Mexique.
Bachelet annonce son retrait
La déclaration de Bachelet intervient après la publication, vendredi, du troisième sondage informel du Conseil de sécurité. L’ancienne cheffe d’État n’a reçu qu’un vote « d’encouragement », 11 votes « de découragement » et trois « sans opinion ». Ces résultats marquent un recul par rapport aux sondages précédents où elle avait obtenu six voix encourageantes en juillet puis deux en août. Bachelet a affirmé ne pas regretter d’avoir relevé « ce grand défi » et a souligné les valeurs qu’elle cherchait à représenter au niveau international.
Sondage informel du Conseil de sécurité
Le sondage informel du Conseil de sécurité est une étape clé du processus de recommandation vers l’Assemblée générale. Pour être proposé formellement, un candidat ou une candidate doit obtenir au moins 9 voix favorables sur les 15 membres du Conseil et éviter le veto de l’un des cinq membres permanents (Chine, France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis). Le troisième sondage a repositionné plusieurs candidats, plaçant en tête Rebeca Grynspan, du Costa Rica, avec 9 votes encourageants, suivie par Carolyn Rodrigues-Birkett, de Guyane, avec 8 votes encourageants.
Candidats en tête et course ouverte
Outre Grynspan et Rodrigues-Birkett, la liste des candidats encore en lice comprend notamment Rafael Grossi (directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique), l’ancien président sénégalais Macky Sall et la diplomate équatorienne Maria Fernanda Espinosa. Le retrait de Bachelet modifie les calculs politiques mais ne garantit pas l’émergence rapide d’un consensus, car la course reste soumise à la dynamique des sondages informels et aux négociations en coulisse entre États membres et membres permanents du Conseil de sécurité.
Règles de sélection et obstacles diplomatiques
Le système de recommandation au Conseil de sécurité est confronté à des tensions géopolitiques. Outre le seuil des 9 voix, la menace d’un veto d’un membre permanent peut bloquer un candidat soutenu par la majorité. Le secrétaire général sortant a lui-même alerté sur le paralysie institutionnelle causée par des divisions entre grandes puissances, pointant notamment les impasses sur les crises de Gaza et d’Ukraine. Ces blocages rendent la sélection d’un successeur plus complexe et prolongée que prévue.
Contexte régional et nominations
La candidature de Bachelet s’inscrivait dans une période où une rotation régionale officieuse plaçait l’Amérique latine en position pour le cycle actuel. Le Chili a désigné Bachelet en février, soutenue publiquement par le Brésil et le Mexique. Historiquement, seul un Latino-Américain, le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, a exercé la fonction de secrétaire général. Le retrait de Bachelet réouvre ainsi les débats sur la représentation régionale et la possibilité pour une femme de devenir, pour la première fois, secrétaire général de l’ONU.
Crises financières et agenda immédiat de l’ONU
Le successeur d’António Guterres, dont le mandat expire le 31 décembre 2026, héritera d’une organisation confrontée à des défis financiers et opérationnels. Guterres a mis en garde contre un effondrement financier imminent, évoquant un cumul de 1,57 milliard de dollars de cotisations impayées à la fin de 2025 et une participation insuffisante de certains États. Parallèlement, l’Assemblée générale annuelle s’ouvre la semaine prochaine à New York sur le thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation », une session qui rassemblera les dirigeants mondiaux et sur laquelle pèsent les attentes quant à la gestion des crises internationales et des priorités budgétaires.
La décision de Bachelet influence désormais les prochains tours de sondage et les discussions au sein du Conseil de sécurité, mais n’assure pas non plus l’émergence d’un consensus rapide. La course reste ouverte et la pression sur les membres permanents pour trouver une candidature acceptable augmente à mesure que le calendrier institutionnel se resserre.